MurgerJe passe vite. Tous ceux qui ont eu trente ans hier, ou les auront demain, ont chanté dans des chambres du quartier Latin le fameux refrain : La jeunesse (ter) n’a qu’un temps !Vous souvient-il de ce temps-là et de cette jeunesse – qu’on dépensait, faute de mieux, en compagnie de quelques pauvres filles qui en vivaient aussi de la Bohême, en attendant qu’elles en mourussent : la pauvre Maria, Andrée la folle, et Fleurinette, si heureuse quand elle crachait le sang, comme Mimi ? Tristes, faut-il le dire maintenant, ces amours qui avaient faim ! – Triste toute cette vie de misère fiévreuse et d’insouciance fanfaronne : vie d’été, qu’il faut peut-être mener avant l’autre, la vie d’hiver ; mais qui ne doit avoir qu’une saison. La jeunesse ! la jeunesse ! (Musique de M. Artus.) On sc


