Chapitre 11

2969 Mots
Jîhen Je crois que j'ai passé la meilleure soirée de toute ma vie. Je le savais qu'au fond c'était quelqu'un avec un grand coeur, faut juste bien le connaître. Je rentre chez moi, me met en pyjama et m'endors directement. [08h43] Je me réveille, le soleil vient à peine de se lever. Je me dirige vers ma salle de bain et prend une bonne douche. Je me brosse les dents et m'habille : un jogging gris et un tee-shirt blanc. Je met mes chaussons et me dirige vers la cuisine. Je prend un bol de céréales et mange tranquillement devant les dessins animés. Et oui, du haut de mes 18 ans je regarde ENCORE les dessins animés et je crois bien que ça restera ainsi jusqu'à mes 40 ans, ou même plus. Je travaille pas aujourd'hui alors je profite pour faire un peu de rangement. Je fais la vaiselle, lave le linge, nettoie les vitres, dépoussière les meubles tout ce qu'il y a à faire quoi. Vers 12h je me suis fais à manger, j'ai mangé et j'ai débarassé puis je suis parti réviser. Après peut-être deux heures de révision j'ai décidé de faire une petite sieste, comme à mon habitude. [...] Une odeur forte me monte au nez, ma gorge est irritée, je tousse fort, j'ai chaud. Je retire la couverture et sors de ma chambre. À peine j'ouvre la porte que des flammes rouges-orange se dresse devant mes yeux. La panique commence à se faire sentir au fond de moi. Je peux même pas sortir, je cherche une solution mais je suis carrément encercler par les flammes. Je met mon pull devant mon nez pour m'empêcher de respirer la fumée toxique. Je m'approche de la fenêtre, j'essaye de faire un signe de présence mais ma vue se trouble et je tombe sur le sol. Mes paupières deviennent lourdes. Je vois une ombre s'approchait de moi et avant que je me rend compte de quoi que ce soit, mes yeux se ferment délicatement. Yûnus Les poings serrées autour du volant, je roule à fond direction l'hôpital. Ma mère qui est à côté de moi est en stress elle aussi. J'insulte tous les conducteurs, ma mère me demande de me calmer mais j'y arrive pas. Je sais même pas si elle est vivante comment je peux être calme. Je me gare dans le parking de l'hôpital et descend en claquant fort la portière. J'avance vite vers l'accueil les sourcils froncés suivi de ma mère et ma soeur. Je me dirige vers la femme de l'accueil en dépassant tous les gens qui faisaient la queue. Moi : Elle est où Jîhen ? La dame : Monsieur vous devez faire la... Moi : Eh déjà je suis sur les nerfs alors si tu veux pas que je brû...que je n***e ton hôpital de mes couilles tu tapote tes petits doigts de m***e sur ton clavier et tu me cherche Jîhen El Ghazaoui. Elle avait l'air appeuré mais fait ce que je lui demande. La dame : Euh...je...elle est en salle de réanimation faut que vous patientez dans la salle et un médecin viendra vous tenir au courant sur son état. Je tape mon poing contre le comptoir ce qui fit sursauter la dame de l'accueil. J'étais prêt à partir mais la remarque d'une femme me freina dans mon élan. La femme : Ah je vous jure ces arabes. Je me retourne, l'a fusille du regard et m'approche d'elle. Moi : Quoi les arabes ? T'a un problème avec les arabes ? Tu veux je te cogne ta tête contre le mur pour voir si ça fait mal. Ma mère arrive et me tire en arrière. C'est pas le bon moyen de répondre au racisme mais j'étais tellement sous tension. Ma mère : C'est bon Yûnus calme toi. Moi : p*****e va. Je prend le bras de ma mère et on se dirige tout les trois vers la salle d'attente. Je suis pas bien, je suis stressé et nerveux en même temps. Je tapote du pied et prend ma tête entre mes mains. Sur ma vie je vais devenir fou. Ma mère : en posant sa main sur ma cuisse, Yûnus, calme toi ça va aller d'accord. Je sais que t'es stressé mais t'inquiète, le Tout-Puissant est avec elle. Je prend la tête de ma mère et lui dépose un bisou sur le front. Je soupire et pose ma tête contre le mur. J'aime pas attendre et ça prend trop de temps. Un médecin : La famille de Jîhen El Ghazaoui ? Je me lève d'un bond et me dirige vers le médecin en attendant qu'il parle. Ma mère : On est des amis. Elle va bien ? Le médecin : Ne vous inquiétez pas, elle est en salle de réveil. Elle a respiré beaucoup de fumée toxique mais ses poumons sont en formes alors elle s'en est sortit. Ma mère : Merci Mon Dieu, on peut la voir ? Le médecin : Oui, c'est la dernière chambre au fond du couloir, la 147. Ma mère : D'accord, merci monsieur. Le médecin : Au revoir et bonne journée. On avance vers sa chambre, elle tourne la tête vers nous et affiche un grand sourire. Assia court dans ses bras, elles se font un long calin puis ma mère la prend aussi dans ses bras. Moi je me contente de lui lacher un petit salut. Elles parlent entre eux de l'accident et puis des sujets comme ça. Quelques heures après, Assia et ma mère se décident à rentrer. Ma mère : Bon allez bon rétablissement ma fille, on viendra te voir demain. Jîhen hoche la tête et lui fais la bise. Assia : Salam Jîhen. Ma mère s'approche de moi et me dit discrètement pendant que Assia et Jîhen se serre dans les bras. Ma mère : Reste avec elle. Moi : Non je vous dépose. Ma mère : T'inquiète pas, Ismael est devant l'hôpital. Moi : Ok. Ma mère : Allez mon fils, prend soin d'elle. Je lui fais un bisou sur le front et elles sortent de la chambre. Je rapproche une chaise du lit de Jîhen et m'assois en lui prenant la main. Moi : Ça va ? Elle hoche la tête, je lui tend mon téléphone pour qu'elle puisse écrire plus rapidement. Moi : Tu sors quand ? Jîhen : "Demain normalement." Moi : T'as pas de brûlure ? Jîhen : "Non juste le gaz toxique que j'ai aspiré sinon aucun problème." Moi : Tant mieux, t'as faim ? Jîhen : "Mmh, un peu." Moi : Je vais te chercher un panini, occupe toi avec mon téléphone si tu veux. Jîhen : "D'accord je t'attend." Je sors de la chambre et avance le long du couloir. -? : Monsieur ! Je me retourne et vois un docteur s'avancer vers moi. Le médecin : Vous êtes un des proches de Jîhen ? Moi : Oui y'a quoi ? Le médecin : Je dois vous avouer quelque chose. Moi : Je vous écoute. Le médecin : J'ai lu le rapport des policiers, on a retrouvé des résidus d'essence et de carburant chez elle. Moi : Quoi ? Je comprend pas. Le médecin : Il se pourrait qu'une personne ait mit de l'essence et qu'elle y ait mit le feu. De plus, la serrure a été forcé. On est rentré chez elle par effraction. Moi : Hein ? Le médecin : Ça veut dire que le feu n'était pas un accident, quelqu'un a été la cause de cet incendie. Jîhen Je patiente en jouant au téléphone de Yûnus en attendant qu'il revienne. Au bout d'une quinzaine de minutes, il revient avec ma nourriture dans un sac mais il avait l'air contrarié. Yûnus : Tiens. "Merci." Yûnus : Y'a pas quelqu'un qui...qui te voudrait du mal ? Ma mère, mon père, mon frère Nahil ouais eux me voudraient du mal, ils voudraient même ma mort et sans aucune pitié. Sans se dire qu'il y a le même sang qui coule dans nos veines. "Je pense pas pourquoi ?" Yûnus : ...Pour rien mange. Je prend mon panini et le dévore carrément, j'avais tellement faim. Il m'avait prit une boisson et une patisserie, je mange tranquillement et jette mes papiers à la poubelle. "Qu'est-ce que t'as ?" Yûnus : De quoi qu'est-ce que j'ai ? "Je sais pas t'a l'air pensif et contrarié." Yûnus : Non...T'as appellé ton frère ? "J'ai complètement oublié." Yûnus : Appelle avec mon téléphone. Je l'appelle plusieurs fois mais il ne décroche pas. Je lui envoie alors un message lui disant que je suis à l'hôpital mais que je vais bien. Mais attend...je repense à un truc...Qu'est-ce que je vais faire ? J'ai plus de maison, je suis carrément à la rue. Y'a tous mes mois de bonheurs qui s'envolent et laisse place à une tristesse profonde et surtout une peur horrible du futur. J'avais une maison, un rythme de vie mais même ça on me l'a enlevé. Yûnus : Oh Jîhen ! Je te parle depuis tahleur. "Désolé j'étais ailleurs." Yûnus : Tu pensais à quoi ? "J'ai tout perdu, j'ai plus de maison." Yûnus : Beh ta famille, ton frère trouvera forcément une solution, l'hôtel ou chez une tante je sais pas moi. "Yûnus tu comprend pas, j'ai pas de famille. Je t'ai dis avant que je vivais avec mais c'était faux, je vis seule." Il me regarde curieux et me prend par le poignet. Yûnus : Pourquoi tu vis seul ? Pourquoi tu me l'a jamais dis ? Parle moi. Je lui dis ? Je lui déballe toute ma vie, je lui parle de mon vécu, de mon secret, de mes coups, de mon faux handicap ? Je voudrais bien mais j'y arrive pas, il me faut seulement...du temps, un peu de temps et je lui dirais...un jour. "Je vis seule c'est tout." Yûnus me regarde quelques instants avant de lâcher mon poignet et passer sa main dans sa fine barbe. Yûnus : On...Je...je vais trouver une solution. Moi : ... Yûnus : Tu va vivre chez moi. "Surtout pas." Yûnus : C'est la seule solution et puis ma mère acceptera forcément. Elle te forcera même. "Mais t'es fou déjà je suis pas de votre famille je vais pas m'incruster. Et puis tout le monde se poserait des questions, Kenza la première." Yûnus : Bien sûr que t'es de la famille. "Je peux me débrouiller." Yûnus : Discute pas, ce sera comme ça un point c'est tout. "J'ai l'impression que ton frère m'aime pas trop." Yûnus : Pourquoi ? "Je sais pas il me regarde toujours mal, il me dit jamais bonjour je sais pas quoi." Yûnus : Il est pas trop sociable mais tranquille ça lui passera. "Mmh je suis fatiguée." Yûnus : Beh vas-y je te laisse tête de poupée. "Non reste, quand je m'endors tu pars." Yûnus : D'accord. Il m'a prit les mains, je me suis tourné de son côté. On se regardait dans les yeux et j'ai fini par m'endormir complètement morte de fatigue. [...] Je me réveille, j'avais toujours les mains de Yûnus qui enlaçaient les miennes. Je tourne ma tête vers lui et le vois assis sur la chaise et la tête posé sur le lit. Le pauvre il s'est endormit comme ça, il doit avoir mal. Je me lève et le prend par les épaules. Je le guide vers mon lit, il est dans les vapes, je lui met la couverture et il s'endort direct. Même quand il dort il a les sourcils froncés, a***é ce mec. Je me dirige vers la salle de bain, je prend une bonne douche et me brosse les dents. Je resors avec un survet à Yûnus, étant donné que je n'avais pas de vêtement il m'a donné les siens. Je met correctement mon foulard et sors de la salle de bain. Yûnus dort toujours, je me fais une petite place sur le lit et m'occupe à jouer sur son téléphone. L'infirmière : Bonjour, alors tenez votre plateau et vos médicaments. Je lui fais un sourire et elle s'en va. Je me met sur mon lit et mange tranquillement, c'était pas très appétissant mais bon,on mange ce qu'il y a. Yûnus finit par se réveiller il se tourne vers moi et me fait un sourire. Yûnus : voix fatiguée, Eh il est quel heure là ? Je prend son téléphone et lui montre l'heure. Yûnus : Mmh, je vais me laver, fini de déjeuner et on bouge. "C'est bon j'ai fini." Yûnus : T'a rien mangé. "J'ai pas faim." Yûnus : Vas-y j'arrive. Il part dans la salle de bain, Halim m'avait toujours pas répondu et ça me stressé un peu. Il ne savait même pas ce qui était arrivé. Il resort avec les même habits vu qu'il en a pas d'autres et les cheveux tout mouillés. Il sort demander une brosse à dent neuve et revient se brosser les dents. Quelques minutes après, il sort de la salle de bain et enfile ses chaussures. Yûnus : On y va ? Je prend mon sac et le suis. On descend à l'accueil, il signe quelques papiers et on sort de l'hôpital. On se dirige vers sa voiture garée sur le parking, on monte et il démarre. Yûnus : On va aller manger. Je hoche la tête, il m'enmène dans une sorte de restau. Il commande du café, du jus, des pancakes et des pains au chocolat. "Pourquoi tu me regarde ?" Yûnus : Pour...pour rien. "Tu vas bien ?" Yûnus : Ouais. On finit de manger et on remonte dans sa voiture. Il se gare sur le parking de la cité et on monte chez lui. Samia : Ah ma fille, je suis contente que tu sois sortis. Je hoche la tête et la prend dans mes bras. Yûnus : Maman, tu sais sa maison à brûlé. Samia : Beh oui je sais avant toi même. Yûnus : Oui mais elle a nul part où dormir. Samia : Beh ta famille alors ? Yûnus : Elle a pas de famille à part son frère et elle peut pas vivre chez lui. Elle me regarde quelques instans, elle a sentit le truc, elle a sentit que quelque chose n'allait pas. Je commençais à avoir les yeux qui brillaient. J'avais trop longtemps garder ma tristesse et ma solitude en moi, j'avais trop porter sur mes épaules. Ces larmes étaient mes 18 années de souffrance. Samia me prend par la main et m'enmène dans une chambre. Samia : Explique moi, je suis là pour t'écouter ma fille. J'ai pleuré un bon coup et je lui ai raconte mon histoire. Oui, j'ai eu le courage de raconter mon histoire à quelqu'un. Mais cette femme elle est pure, elle m'a prit sous son aile. J'en avais mal à la main à la fin. Elle a lu mon récit qui faisait presque 4 pages. Ses larmes coulaient sur son visage fatigué. Quand elle a finit, elle a levé la tête et m'a serré dans ses bras. Samia : Ma fille, tu as traversé tellement de choses, mash'Allah tu es une femme forte et patiente. Je n'ai jamais vu quelqu'un avec autant de courage. Tu vas vivre ici ma fille, même si ça dure 2 ans beh tu restera 2 ans. "Merci, merci beaucoup." Samia : Mais tu sais, il faut passer à autre chose, je sais que c'est dur de perdre un être cher mais il faut accepter que tout le monde passe par la mort. Et la première chose que tu peux faire c'est de reparler. "Un jour je serais prête." Samia : J'en doute pas. Je suis contente que tu m'en est parlé. Elle me prend encore dans ses bras, me fait un bisou sur le front et sèche mes larmes. Elle me prend par la main et me ramène dans la chambre d'Assia. Samia : Tu dormiras ici avec Assia, le lit est grand donc vous passerez. Ça lui dérangera pas. "Merci." Samia : Je vais faire à manger d'accord si tu as besoin de moi je suis à la cuisine. Elle s'en va mais je la suis. Je vais quand même pas la laisser seul. Samia : Tu as besoin de quelque chose ? "Je vais t'aider à faire à manger." Samia : Non non non surtout pas. "Si, je veux, alors je fais quoi ?" Elle me sourit et me dit ce que j'ai à faire. On fait à manger ensemble et on met la table. Assia est rentré, elle était tout excitée quand sa mère lui a annoncé que j'allais vivre chez elle. On s'est mit à table, moi à côté d'Assia, en face de moi y'a Yûnus et à côté de lui Jibril. En bout de table y'avait Samia et Ismael dormait encore. -? : Wesh la famille pourquoi vous mangez sans moi ? Je me tourne vers la porte et vois Ismael. Il me regarde en fronçant les sourcils, je le sentais, ça se voit qu'il m'aime pas. Ismael : Elle fout quoi ici elle ? Samia : Ismael ! Ismael : Pourquoi elle gratte toujours à la maison ? Elle en a pas ou quoi ? Samia : Comment tu parle toi, je t'ai jamais appris la politesse ? Jîhen elle va vivre ici que tu le veuille ou pas ! Ismael : Quoi ! Moi je suis une m***e personne me le dit ? Yûnus : Eh vas-y Isma c'est bon ! Ismael : Non je veux pas d'elle chez moi ! Yûnus se lève et se met devant Ismael. Sa mère se lève aussi et moi j'assiste à cette scène en sachant que je suis la fautive. Yûnus : Elle t'as fait quoi ? Hein ? Rien ! Vous m'énervez tous à vous prendre à elle alors qu'elle vous fait rien. Ismael : Vas-y défend ta gazelle, espèce de m***e. Yûnus : Je me casse tu m'a soulé. Il prend sa veste et sort de la maison. Ismael : Elle est contente la muette, t'as réussi à nous embrouiller. Il sort aussi de la maison, je baisse ma tête, Samia soupire et Assia tourne sa tête vers moi. Assia : C'est pas de ta faute, t'inquiète pas, Ismael a toujours été comme ça. Tu fais partie de la famille. Je lui souris de manière crispée et sors aussi de la maison. Je me sentais trop mal. Je fais le tour de la cité, en fait je marche sans savoir où je vais. Je marche dans les rues vides quand je sens qu'on m'attrape violemment par le bras et me retourne. -? : Je t'ai retrouvé ! Je le regarde choqué, mon cœur s'écroule et tout mon monde s'arrête. Mes jambes ne tiennent même plus et je sens mon corps lâcher. Quelle idée de marcher dans un endroit vide que je ne connais pas ! Nahil : Beh alors je t'ai manqué, tu fais pas un câlin à ton frère ? Nahil, alors là c'est vraiment ma fin...
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