Alissa Marakina FURE
C'est une blague ! Franchement je dois être entrain de perdre la tête. Autrement c'est carrément impossible que je puisse voir Sébastian sur tous les visages que je croise ces jours ci. Cela n'a pas de sens. On ne peut pas être obsédé à ce point. Parce que là ça depasse le stade de l'amour. Non, non. Ce n’est pas possible qu'il puisse se retrouver ici aujourd'hui.
Je ne cherche même pas à l'aborder. Et puis, je lui aurais dit quoi ? Coucou Sebas, me voici. Allie l'idiote que tu as abandonné lâchement devant l’autel... ta fiancée. Mais non. Cela ne se fait pas. Et puis, après 2 ans ? Je ne suis pas à ce point désespérée.
Je pars de l'autre côté du jardin à la recherche de Jahia. Elle n'y était pas. J'ai fouillé partout. Il me faut confirmer une chose avec elle. C'est impossible que deux personnes puissent se ressembler à ce point. Cela ne peut être que Sebastian. Mon fiancé est enfant unique. Il n’à pas pu se cloner entre temps. Maintenant qu'elle m'explique comment cet homme que l'on devrait organiser sa fête de fiançailles s'est retrouvé être mon ex fiancé que je n'ai plus revu depuis 2 ans. Parce là ma tête chauffe et je ne comprends rien.
Je la trouvais en pleine discussion avec un gars. Discussion, c'est peu dire. Ce gars lui fait ouvertement du rentre dedans. Et ça n'a pas l'air de la déranger tant que ça. Au contraire, elle fait celle qui ne remarque rien. Je lui ai fait signe de la tête de me rejoindre. Elle s'est excusée auprès du gars et est venue me retrouver.
- Qu'est ce que tu as ma belle ? Jahia me touche le visage. Tu es toute pâle. Un souci avec l'organisation ? Quelqu'un t'a dit ou fait quelque chose ? Un mauvais commentaire ? Le client n’est pas satisfait ?
- Non, Répondis-je paniquée. Tout va bien de ce côté là. Il y a un autre truc qui me tracasse... Tu as dit que le futur marié s'appelle comment déjà ? Son nom m'a échappé.
Jahia me fixe l'air confus.
- Euh... Gabriel LEMARCHAL. Pourquoi ? Il t'a fait quelques chose ?
- Comment te l’expliquer petite sœur afin que tu ne me traites pas de folle ?
Jahia fut suspendue à mes lèvres.
- Tu vas sans doute croire que je suis folle de toute façon.
- Ouais, vas y raconte pour voir.
- Cet homme, c'est Sébastian sœurette.
- Genre, ton Sebastian ? Ton ex ? Ce chien qui t’a abandonné ?
- Oui, avouais-je tristement.
Jahia soupire longuement.
- Et voilà. Tu avais bien raison. T'es folle.
Je baisse la tête.
- Tu recommences Allie. T'en as pas marre ? Pourquoi tu t'infliges ça ma puce ? Sebastian a déjà tiré un trait sur toi et est à 10 000 lieux d'ici. Lui c'est Gabriel son nom. Fais toi une raison bon sang, elle prit un ton dur. Tu ne peux pas voir ce Sebastian là sur le visage de tout le monde. Ce n'est pas sain ce que tu fais.
- Je... Tu sais quoi ? Laisse. De toute façon, on a juste été engagée pour faire le service pour SES fiançailles. On ne va pas faire de tapage. Surtout qu'il se peut que tu ais raison à ce sujet. Je ne l'ai vu que de profil après tout. Et le tapis barrière que l'on a installé, était encore en place à ce moment là.
- Tu vois. Toi même tu l'admets. Ma chérie, oublie cet homme et passe à autre chose. Il l'a déjà fait lui. Prend au moins le temps de regarder autour de toi. La mer est rempli de poisson. Il serait irréfléchi de faire la fixette sur juste l'un d'entre eux. Depuis le temps je ne te répète qu'une seule chose. Passe. à. autre. chose.
- Ouais ! Dis-je peu convaincue.
Je la laisse et rejoins la foule m'assurer que les invités sont bien traités. Sauf que, c'est à ce moment là que nos tourtereaux faisaient leur entrée. Mes yeux ont failli quitter leur orbitre. Cette fois je l'ai vu de face. Donc impossible que cela ne soit pas la réalité. Mon verre me glissa des mains et alla s'écraser contre le sol en un bruit sourd. A ce moment, tous les regards étaient braqués sur moi à l'instant.
- Seb... Sebas... Sebastian !
Il me regarda bizarrement avant de plisser les yeux. Comme si lui aussi m'avait reconnue, avant d’afficher un visage impassible.
- Sebastian, l'appelais je de nouveau.
Avant qu'il ne puisse ajouter quoique ce soit, sa fiancée arriva vers nous. Il a fait genre il ne se passe rien. Elle enroula ses bras autour de sa taille. Et lui il afficha un regard neutre envers moi avant de détourner sa tête en direction de sa chérie et lui faire un smack. Sa manière de la regarder est tellement... intense. Ça se voit clairement qu'il est amoureux d'elle. Il va l'épouser. Donc c'est évident qu'il soit amoureux d'elle. Que je suis conne ! Pourquoi est ce qu'un homme aussi jeune se décide à se marier ? Par amour bien sûr.
Ils s'en allèrent main dans la main comme les supers amoureux qu'ils sont me laissant sur place le cœur déchiré. Ce tableau de la parfaite complémentarité entre les deux me comprima le cœur. J'en arrive à ressentir de la jalousie. J'envie cette femme que je ne connais même pas. Dans ma tête, elle a prit une place qui devrait être mienne. Je bouillonne de rage. Mais garde un calme apparent.
Une larme me perla sur la joue. Je l'essuyais discrètement du bout des doigts. Je me retirai dans un endroit un peu isolé afin de me remettre de mes émotions. Passer 2 ans sans le voir pour finalement me retrouver à jouer les organisatrices dans ses cérémonies de fiançailles. C'est le comble tout ça.
-Et bien, dis donc ! Comme le monde est petit, entendis je derrière moi. Vous ici ? C'est la preuve que vous avez peut être dit vrai l'autre jour quand vous parliez du destin. Vous êtes la dernière personne que je m'attendais à croiser ici. Dois-je conclure que le destin joue en ma faveur ?
Je me retournais pour croiser le regard de James, le type qui m'a prêtée main forte au supermarché.
- Oh ! Fis-je surprise. Pour une surprise, c'en est une. Toi, ici ! Depuis quand Paris est devenue si petite ?
- Je me posais la même question à l'instant. Avant je ne te croisais pas. Et maintenant... Tu sais ce qu'on dit. Jamais deux sans trois. Et si on s'assurait nous même de cette troisième fois ? Qu’en penses-tu ?Je peux te tutoyer pas vrai ?
- Oui. Bien sûr... Pourquoi pas ? Ceci dit, on n'a même pas terminé la deuxième et tu souhaites déjà une troisième.
- Je suis du genre super rapide mademoiselle FURE.
- En tout ? Dis je en rigolant.
- Si l’on parle bien de ce que je pense que l’on est en train de parler, je peux t’assurer que non, il affirme en soutenant mon regard. Avec moi le feeling est non stop.
Je me pince les lèvres.
- Ah oui ! Je vois le genre.
- On s'échange nos coordonnées ?
- Si tu veux, oui.
- Bien sur. Je n’attends que ça.
Il me file son contact. Je l'enregistre dans mon répertoire. J'en fis de même. Et on continue de faire la causette.
- Alors ? Ta présence ici s'explique comment ? Demandé-je les bras croisés.
- Je connais le fiancé. Gaby.
Je sursaute à l’entente de ce nom. Je ne crois pas que james l’aie remarqué.
- C'est un très bon ami de mes frères. Ils ont été ensembles en fac.
J'ai eu envie de le questionner à propos du fameux fiancé vu qu'il semble le connaître si bien. Mais je reprimai mes envies. Cela aurait eu l'air louche que je cherche à récolter des infos sur quelqu'un que je ne suis pas censée connaître. On pourrait même penser que c'est la grandeur de sa maison qui m'a motivée.
- Ah ! Je vois, répondis je de préférence.
- Et toi ?
- Moi quoi ? Fis-je incrédule.
- Bah, tu fais quoi ici ? Je doute que tu connaisses Gab vu ta réaction lorsque son nom à été mentionné. Tu es une amie de la fiancée ?
- Mon Dieu ! Non, je réponds comme si ce qu'il dit était si impensable. Je suis l'organisatrice. Enfin... l'une d'elles. On est une équipe.
- Et bien tu... Enfin ton équipe et toi aviez fait du bon boulot. Tout était parfait.
- Merci beaucoup.
Un blanc s'est installé entre nous. Disons que moi j'étais trop occupée à regarder ailleurs. Quoique à bonne distance d'eux, j'épiais les moindres faits et gestes de Sebastian et de sa chérie. Finalement, c'est James qui brisa le silence.
- Y a t-il une sorte de règle qui empêche les organisatrices à participer à leur propre événement ?
- Pas que je sache. Pourquoi tu demandes ?
- Et pourquoi tu es venu te cacher ici ?
- Je n'aime pas les bains de foules, mentis je.
- Un vrai paradoxe pour quelqu'un qui fait dans l'événementiel.
Je lui offre un sourire forcé.
- Viens on y va, il me tend la main. Profitons un peu de cette magnifique fête de fiançailles. Il n'est pas dit qu'il n'y a qu'eux qui devraient s'amuser. Et je te promet que tu ne vas pas remarquer les autres autour de toi. Concentre toi sur moi.
- Prétentieux, va, l’insulté-je amicalement.
Comme il s'est fait insistant, j'ai accepté de le suivre. Ce ne sera pas plus mal non plus que j'essaie de m'amuser. Et de plus, de toutes les personnes présentes ici ce soir, mise à part les filles et "Sebastian" je ne connais que lui.
Il me tira jusqu'à la piste de danse.
- Qu'est ce que tu fais ?
- Tu ne le vois pas ? On va danser ma belle.
- Mais je ne sais pas danser moi.
- Oh, mais ne t'en fais pas. Juste relaxe toi et laisse moi faire. Je suis un pro.
Une main au bas de mon dos et l'autre tenant la mienne, il se baisse afin de faire ma taille et approche sa bouche à mon oreille et murmure :
- On pourra en profiter pour faire plus ample connaissance. Qu'est ce que tu en dis ?
- Dansons alors, dis-je pour faire court.
On se mouvait au rythme du son. Profitant comme il a dit de se connaître un peu mieux. Il est très bon danseur, cela va sans dire. Tellement bon que j’ai l’impression d’être moi même une bonne cavalière. Sebastian aussi dansait avec sa fiancée. On se dévorait du regard à chaque fois qu'il était possible.
- Pour quelqu'un qui ne savait pas danser, tu bouges super bien.
- Il ne faut pas encourager la médiocrité non plus. Je ne compte plus le nombre de fois où je t’ai marché sur les pieds.
On sourit tous les deux et je repose mon regard sur Sebastian. L'avoir là tout près de moi et ne pas pouvoir lui parler c'est insoutenable. Et le fait qu'il fait genre il ne me connait pas c'est encore pire. Son premier regard sur moi l'a pourtant trahi. Je sais qu'il m'a reconnue. Ce qui me turlupine maintenant c'est de savoir pour quel motif Sebastian ait eu besoin de changer de nom. Et aussi pourquoi il m'ignore de la sorte. Apparemment il est un homme d'affaires à succès et a beaucoup d'argent. Choses qu'il a toujours voulu. Donc ce n'est pas une question d'argent.
- Alissa ! M’interpelle james.
- Hmmm !
James Alexander me fit tourner.
- Je te parle depuis tout à l'heure. Tu ne réponds pas. A quoi est ce que tu penses ? Ou... à qui devrais-je te demander ?
- A rien.
- Ce serait vraiment dommage que tu penses à un autre homme en dansant avec moi.
- Monsieur est jalou on dirait, souriais-je.
- Et oui. Je suis jaloux, tu sais. Très jaloux... Mais, blague à part, je ne t'ai pas demandé si tu avais un petit ami.
- Ce n'est pas un peu ringard ce genre de question en plein 21ème siècle ?
- Touché. Cependant, parfois quand on a une belle femme en face de soi, on peine à trouver le mot juste pour s'exprimer. Sa beauté captivante nous pousse à innover mais on n'a pas non plus envie de paraître comme un bloffeur. Et d’un autre côté, je ne tiens pas à faire la cours à la femme d’autrui.
- Donc, si je te réponds que oui, tu laisses tomber ?
Il semble réfléchir un court instant.
- Non. Ta beauté m’empêcherait de commette pareille bêtise.
- Bloffeur. Mais, tu me flattes là... Tu sais, les beaux discours ne garantissent rien. Les gens devraient apprendre à faire plus simple une fois de temps en temps.
- Tu voudrais aller autre part ? Il esquive ma remarque.
Je grimace.
- Si, mais pas avec toi. Je dois rejoindre les filles. Une prochaine fois peut être.
Il accuse le coup.
- Ouais. Je comprends. On s'appelle alors ?
- Yep !
Ce n'était pas contre James. C'est juste que j'en avais eu marre d'assister à ce spectacle digne d'un film romantique sur Netflix que m'offraient Sebastian et sa chérie. J'ai prétexté une migraine et j'ai quitté la fête avant la fin. Les filles feront le nécessaire pour la suite. De toutes façons, les gens commençaient déjà à partir. C'est sur que les tourtereaux voudront rester en tête à tête après ça.
Arrivée chez moi, j'ai laissé libre cours à mes larmes que j'ai dû refreiner depuis un bon moment déjà. Comment peut il me traiter si froidement ? Quelques chose m'échappe. Mais bon, j'ai passé 2 ans sans lui. Je ne vais pas mourir s'il ne m'adresse pas la parole. On va dire qu'il n'est jamais réapparu. C'est Jahia qui a raison. Il faut que je me fasse une raison.
Le lendemain, je me fais toute belle comme si rien ne s'était passé la veille et je m'en vais au travail. Mon boulot c'est ma meilleure thérapie.
Gabriel LEMARCHAL
Quelques chose m'échappe. D'où est ce que cette fille me connait ? Et pourquoi elle m'appelle Sebastian. Mon nom c'est Gabriel LEMARCHAL et non Sebastian je ne sais quoi. C’est quoi qui ne va pas avec elle ?
J'ai été troublé le reste de la soirée. J'essayais juste de faire bonne figure face aux gens. Silvia, c'est comme le vieux flics des series policiers. Elle remarque tout à la minute près. Elle a un sens particulier pour les détails. C’était son jour. Rien dans mon comportement ne devrait le gâcher.
Il faut que je mette des barrières entre cette fille et moi. Elle ne doit plus m'approcher et moi non plus. Sinon elle va foutre mon mariage en l'air avant même que celui ci ait commencé. Et ça, je ne peux pas le permettre.
Je pose un bisou sur la joue de Silvia endormie à mes côtés. Je dois être le pire des salauds pour penser à une femme alors que la mienne est couchée à mes côtés.
Je m'endors en tenant la main de Silvia dans la mienne. A mon reveil le lendemain elle n'était plus dans le lit. Pour une raison que j'ignore, j'ai paniqué. J'ai enfilé rapidement mes sandales pour aller la chercher. Je l'ai trouvée en bas dans la cuisine qui aidait ma mère à mettre la table. Elles discutaient comme de vieilles complices. J'avais oublié à quel point elles étaient complices ces deux là. Ce qui n'est pas pour me déplaire. Combien d’homme rêverait de cette communion entre les deux femmes de sa vie ?
- Bonjour par ici ! Les saluais-je sourire aux lèvres. Huummm, ça sent bon.
Elles ont chacune repondu à mon bonjour. Silvia est venue m'embrasser sur la bouche.
- Et surtout ne vous gênez pas pour moi les enfants, plaisante maman.
On lui a juste sourit.
- J'ai cru que tu avais filé en douce.
Je lui embrasse les cheveux.
- Et pour aller où ?
- C'est bête. Tu as raison.
Je souris et me retourne vers maman.
- Et papa ? Il ne déjeune pas avec nous ?
- Dans la chambre. Il va descendre après
- Ok. Je monte me doucher et je vous rejoins ensuite.
On a pris notre petit déjeuner en famille à mon retour. Puis, Silvia et moi on s'en va. Je la dépose chez elle avant de me rendre à l'hôtel. Je dirige une chaîne d'hôtel ici en France. Cinq pour être plus exacte. Deux ici à Paris, un à Marseille, un à Lyon et l'autre à Nice. Si Dieu le veut bien, on ouvrira un sixième à Monaco l'an prochain.
On arrive chez Silvia. Je gare. Elle détache sa ceinture de sécurité et m'embrasse.
- Bonne journée mon amour ! Prend bien soins de toi.
- Merci Cereza. Je t'aime.
- Je t'aime encore plus.
On se sépare. Et je m'en vais à l'hôtel. Sur place je salue tout le monde en rentrant. Je m'installe dans mon bureau. Ma secrétaire rentre tout de suite après moi. Elle m'a apporté la feuille de route pour aujourd'hui. Et est repartie. Je me mis donc au boulot.
A midi, je rejoins les garçons au restaurant de l'hôtel pour déjeuner. La siège social de Ibie Lux beauty qui appartient à leurs parents, n'est pas si loin. Quand je suis arrivé ils avaient déjà commandé. J'ai donc pris place à leur table.
- Monsieur l'homme presque marié ! M’accueille Allan. Ça te fait quoi d'être fiancé vieux ? Finit les conneries, hein.
- Comme si j'en faisais. Je n'ai pas encore vu la différence. L'essentiel c'est l'amour que l'on partage je dirais. Et il existait bien avant notre fiançaille.
- Only love matters (il n'y a que l'amour qui compte), commente Hayden.
- Yeah ! Only love matters, reprend Allan.
- Il m'est arrivé un truc bizarre hier soir, dis je pour changer.
- Quoi donc ? Questionne Allan.
- L'une des femmes qui étaient en charge de l'organisation de la soirée de fiançaille est cette fille...
Ils me fixent un peu perdu.
- ...la fille qui... Enfin vous voyez ce que je veux dire.
- Celle dont tu n'arrêtes pas de voir dans tes rêves et de poursuivre dans tout Paris ? S’ennuient Hayden.Tu m'étonnes vieux. Comme quoi Paris est une petite ville.
Ils ne reçoivent aucune réponse de ma part.
- Il y a quoi de bizarre là dedans ? M’interroge Allan. Aujourd'hui les femmes ont moins de complexe frangin. Elles travaillent.
- Ce n'est pas ça qui est étrange. Quand elle m'a abordé, elle m'a pris pour quelqu'un d'autre.
Les deux me fixent un moment. Puis Hayden éclate de rire. Le serveur revient avec nos plats.
- Comment ça pour quelqu'un d'autre ? Qui d’autres ? Question Allan.
- Elle m'a appelé Sebastian. Et ceci à deux reprises. Sébastian, ce n'est pas mon prénom que je sache.
- Si ça se trouve elle ne s'adressait pas à toi, Hayden tente de dédramatiser la chose.
- Je sais ce que j'ai vu Hayden. Elle était choquée de me voir au point de faire tomber son verre. Et son regard ne fixait que moi... juste moi.
- J'ai vu la scène de loin. Mais je n'avais pas prêté attention. Tu lui as parlé ? Elle a dit quoi ?
- Lui parler pour quoi Hayden ? Que je sache, je ne m'appelle pas Sebastian. Elle a du se tromper. De plus, cette histoire commence à me foutre la trouille. Je l'ai d'abord vu en rêve avant de la croiser dans la vie réelle. De plus il y a cette chose en moi qui me pousse à la chercher tout le temps. Et maintenant il se trouve qu'elle me connait sous un autre nom.
- Peut être que tu t'appelles bien Sebastian, se moque Hayden. Réfléchis bien. Parce que ça fout quand même la trouille.
- N’importe quoi. Mes parents... Non, c'est impensable ce que tu dis. Serait-ce que mes parents m'ont menti ?
- Ce que je trouve difficile à envisager. Tu sais quoi, ne t'approche plus de cette fille poto. Elle t'embrouille l'esprit.
- J’en suis moi même du même avis moi aussi, dit Allan.
- Et je fais comment pour savoir ce qu'il en est ?
- Laisse ça comme ça, m’éxulte Hayden. Si tu dois savoir, tu sauras. Enfin, si vraiment il y a quelques chose à savoir. Ta tranquillité d'esprit c'est ce qui importe.
Alors qu'il parlait, mon regard s’est porté sur la personne qui venait d'entrer.
- Et bien ! Cette fille est partout, on dirait.
Les gars se sont retournés en même temps.
- C'est elle. La fille à la robe jaune, je leur avoue.
Alissa Marakina FURE
Quoique j'avais pris des résolutions le concernant. Je n'ai pas pu m'en tenir. J'ai fait des recherches sur lui sur internet. Malheureusement, je n'ai pas trouvé grand chose. Tout ce qu'il y a sur lui sur les réseaux sociaux sont purement d'ordre professionnel. Aucune information personnelle. Même pas le nom de ses parents. On dirait qu'il n'a jamais existé avant d'être le responsable de ces hôtels cinq étoiles. Je suis tout de même déçue. J'espérais au moins trouver une piste.
Jahia entre dans mon bureau au même moment. Je referme la page de recherche automatiquement. Je sais ce qu'elle va me dire si elle tombe dessus. Que je suis folle et blablabla.
- Je ne pourrai pas t'accompagner ce midi, elle m’informe. J'ai des douleurs au bas ventre... Syndrome prémenstruel, ajoute t'elle.
- Ah ! Dommage. J'irai seule alors.
Elle repart. Je me reconnecte à nouveau pour supprimer mon historique de navigation au cas où Jahia aurait besoin d'utiliser mon pc.
Je récupère mon sac à main y met tout le nécessaire et je me rend à la rencontre du client. Coïncidence ou destin ou coup du mauvais sort, c'est l'un de ses hôtels. Le client m'attendait déjà. Il me fait signe de la main au moment où je rentre. Je le rejoins aussitôt.
- Bonjour monsieur ! Le saluai je tout en prenant place.
- Bonjour ! Il me salue à son tour. Je suis Armand COLIN, responsable de Colin's magazine. Votre agence nous a été recommandé par des confrère. Tous n'ont tari d'éloges à votre sujet. Il me fallait expérimenter vos services moi même.
- C'est un travail d'équipe.
- Intéressant ! On organise une soirée de levée de fond...
Il m'expliqua en détail ce qu'il attend de nous. Je note tout dans mon carnet et lui donne rendez-vous à nos locaux pour la signature du contrat avant que l’on ne commence.
Notre entrevue terminée, je me lève pour partir. Non loin de nous, il y avait trois hommes qui déjeunaient. Je n'avais pas porté attention à eux en rentrant. J’étais ici pour une raison spécifique et c’est tout ce qui m’importait. En regardant bien, je constate que l'un d'entre eux c'est Sebastian. Mon cœur explose dans ma poitrine et je tremble sur place. Mes pieds ont compris que je n'avais pas à m'arrêter pour aller lui parler au risque de paraître ridicule. Mais mon regard non. Je marchais en direction de la sortie en jettant de temps à autre un petit regard par derrière.
Il leva la tête. Ne voulant pas qu'il remarque que je l'observais, je me retourne brusquement. Ce qui me fait entrer en collision avec un serveur qui venait en ma direction. Tout ce qu'il y avait sur le plateau s'est retrouvé par terre et sur nos vêtements à tous les deux. Ma belle petite robe que j’ai acheté pas plus tard que la semaine écoulée était toute tachée de graisses. Je l’aimais bien cette robe. Elle mettait bien en valeur les reliefs de mes courbes. Je pousse un juron.
- Merde ! Je suis désolée. Je suis vraiment désolée, m’exprimé-je tremblante de honte. Excusez ma maladresse s'il vous plaît. Et pour la commande, ne vous en faites pas. Je vais tout régler moi même. Encore une fois, désolée.