VILe manoir de Trenarvan avait quelque peu changé depuis que Linda était devenue Mme de Porspoët. Certes, l’aspect extérieur de la vieille demeure restait le même, sombre et sévère jusqu’à la tristesse assez lugubre, mais l’agencement de ses salles, de ses chambres, était très modifié. Presque à chacun de leurs retours de Paris, les maîtres de Ty an Heussa apportaient avec eux des meubles, des tableaux, des tentures, et maintenant, au long des murs de pierre grise, s’étalaient des tapisseries somptueuses, des gravures, des images aux couleurs chatoyantes. Auprès des vieux meubles de chêne noirci par le temps se trouvaient de délicats chefs-d’œuvre d’ébénisterie, fauteuils gracieux, bonheur-du-jour aux formes élancées, tables et commodes de marqueterie, tandis que le sol se couvrait de moe


