Controle

966 Mots
Il essaie de se coucher lorsque son téléphone se met à vibrer. Un numéro inconnu s'affiche sur l'écran. Il décroche rapidement, sachant pertinemment de qui il s'agit : c'est le numéro de sa mère. Elle utilise différentes cartes SIM pour appeler son fils, toujours avec la permission de son mari bien-sûr. Monsieur Jean a choisi cette solution, conscient que son fils est un grand voyou. Il craint qu'Aksel ne parvienne un jour à déchiffrer le numéro de sa mère et découvre qu'ils sont jumeaux, une vérité qu'il cherche à éviter. C'est pourquoi Élisabeth utilise plusieurs SIM avant d'appeler Aksel et prévient toujours son mari avant de passer un coup de fil à son propre fils. Aksel prend son téléphone et décroche. **Début d'appel — Allô, maman, dit-il avec une voix pleine d'amour et de joie. C'est rare de le voir ainsi ; au fond de lui, Aksel est un gros bébé qui a manqué d'amour et d'affection maternelle. — Oh, mon fils, tu savais déjà que c'était moi, dit-elle en souriant. — Je l'ai ressenti en moi ; nous sommes connectés tous les deux, répond-il avec enthousiasme. — Dis-moi, tu vas bien ? demande sa mère, l'inquiétude perceptible dans sa voix. — Oui, la vie continue, maman, mais tu me manques tellement, dit-il tristement. — Tu me manques également, c'est pourquoi je t'ai appelé, dit-elle doucement. — Sous l'autorisation de Jean VEK, bien sûr. Et tu ne peux pas venir me voir ni moi venir te voir tant que Jean VEK n'a pas décidé, n'est-ce pas ? rétorque Aksel avec colère. En réalité, il appelle son père par son nom, car il refuse de l'appeler "papa". Pour lui, cela reviendrait à lui accorder une valeur qu'il ne mérite pas. Aksel incarne véritablement le dicton "tel père, tel fils". — Tu sais bien, mon garçon, et je ne peux pas t'en dire plus. Mon temps pour te parler est limité, mais sache que je t'aime et bientôt nous serons ensemble, dit sa mère avec tendresse. — Allô ! Maman, t'es là ? Maman ! s'écrie Aksel désespérément, voulant encore entendre la voix de sa mère. Mais il comprend rapidement que l'appel a été coupé, probablement par son père qui contrôle l'appareil de sa mère dès là où il se trouve. **Fin d'appel Encore une fois, les questions tourbillonnent dans la tête d'Aksel après chaque conversation avec sa mère : Qu'est-ce que ma mère a fait à mon père ? Qu'est-ce que mes parents me cachent ? Pourquoi ma mère ne peut-elle pas s'imposer face à mon père ? Sont-ils toujours mariés ? Pourquoi ne vivent-ils pas ensemble ? Plein de questions le hantent, et il finit toujours par conclure que tout ce qui se passe est la faute de son père ; sa mère est juste innocente. Pour Aksel, sa mère est la sainte qui puisse exister au monde. Elle ne fait jamais de mal. Son père, en revanche, est le diable incarné ; tout le mal qui l'entoure semble provenir de lui. Au moment où il tente de se reposer, son téléphone sonne à nouveau. Cette fois-ci, c'est le numéro de son père. La colère monte en lui encore davantage. Il comprend que c'est son père qui a coupé l'appel entre lui et sa mère pour le joindre. Refusant de décrocher, il ignore les appels insistants jusqu'à ce qu'il reçoive environ dix notifications avant de répondre finalement. **Début d'appel — Que me veux-tu ? dit-il en décrochant d'un ton empreint de mépris. — Que fais-tu à Bruges ? Qui t'a autorisé à y aller ? tonne son père. — J'avais oublié que Monsieur Jean VEK est mon ombre qui ne me lâche pas et me surveille partout où je vais. Mais sache que je n'ai pas de comptes à te rendre, même si je fais le tour du monde, réplique-t-il avec insolence. — Je suis ton père et ton responsable. Tu n'as pas le droit de manquer de respect. Il suffirait d'un claquement de doigts pour que tu deviennes comme ces enfants des rues, menace son père. — Fais ton claquement maintenant ! Mais cela ne changera rien au fait que "je te déteste", lance Aksel avec colère. — Alors, c'est ce qu'on va voir. Il faut que tu apprennes la leçon,tu as dépassé les bornes, dit son père d'un ton autoritaire. — Tu as formé ton robot et maintenant tu te plains des résultats. Sache que, pour toi, je n'ai été qu'un automate que tu as bien programmé. Alors ne te plains de rien et fous-moi la paix ! Fais ce que tu veux, je m'en fiche, car tu n'es qu'un être humain et non un Dieu. Vas-y, fais ce que tu veux, puisque tu es habitué à manipuler et à gérer les vies des gens comme si tu n'avais pas ta propre vie à gérer, comme si on t'avait demandé de l'aide ! Aksel lâche ces mots avec toute la colère qui l'habite avant de raccrocher au nez son père. **Fin d'appel Il se sent mal. À chaque fois qu'il parle avec son père, c'est toujours la même chose. Pourtant, il trouve un certain réconfort dans la voix de sa mère. Chaque fois qu'elle appelle, il enregistre la conversation pour l'écouter plus tard, lorsque le manque d'affection se fait sentir ou lorsque la colère envers son père le submerge. La voix de sa mère agit sur lui comme un apaisant, une mélodie douce qui adoucit ses tourments. Aksel prend ses écouteurs et se plonge dans l'écoute de l'enregistrement. Les mots de sa mère enveloppent son esprit, créant une bulle de chaleur et de sécurité. Peu à peu, il se laisse emporter par cette douce mélodie maternelle jusqu'à s'endormir, un léger sourire aux lèvres, bercé par l'amour qu'elle lui transmet à travers ces simples mots.
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