Au front, l’amitié et la déchirure

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Au front, l’amitié et la déchirure« Salut, moi c’est Lavergne, et toi ? — Barbe. » Comme Matthieu l’avait pressenti, la guerre contre « les Boches » avait été déclarée, celle qu’on appellera la Grande Guerre ou, non sans humour involontaire, la « der des ders ». Ils avaient cheminé longtemps depuis leur descente du train au milieu de dizaines de milliers d’autres. Côte à côte, sur les chemins de Champagne qui montaient et descendaient doucement en direction du front, ils avaient commencé à faire connaissance, même si le poids de leur havresac leur coupait le souffle. Ils se présentaient par bribes. De chacune de ces bribes naissait l’envie d’échanger davantage que suscite l’intuition de convergences. Lui, Éloi Barbe, venait de Provence, était petit de taille, un visage poupin, qu’enca

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