Matricule 50820-22

3083 Mots

C’est peu après le premier appel de 1946 que la nouvelle se répand dans le camp de Saint-Laurent. Les appels, c’est réglementaire, il y en a deux par an, le 1er janvier et le 1er juillet, sans doute pour vérifier qu’on n’a pas tous foutu le camp en Guyane hollandaise, de l’autre côté du Maroni… « Radio bagne » dit que les perpètes comme moi vont bientôt voir leur condamnation transformée en une peine à temps de plusieurs années. Combien ? On ne sait pas. Tout ça pour permettre la fermeture du camp de Saint-Laurent et se débarrasser des anciens forçats. « Ben merde, je me dis, moi qui croyais crever en bagnard, voilà t’y pas que je vais sans doute être libéré dans quelques années ». J’ai du mal à y croire et pourtant, le 19 mars, je suis convoqué à la salle de service, en face de l’infirmer

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