– Allons, allons, soyez donc raisonnable, ma chère petite ! Mme Nisse soupirait encore plus fort en ripostant avec une amertume sarcastique : – Je le connais, allez, je le connais, le cœur des hommes ! Madel regretta beaucoup de ne plus voir Vital dont la bonne humeur et l’entrain égayaient fort les jours de vacances et qui se montrait si fraternellement aimable pour elle. Mais la tendre affection de ses aïeules, l’amitié de Constance, le travail et les devoirs de piété suffisaient à remplir sa vie, à satisfaire son petit cœur aimant, et le jeune docteur Nisse fut bientôt un peu oublié. Il arriva, un jour d’été, que Madel eut seize ans. Elle semblait encore une petite fille avec ses jupes courtes et sa natte flottante. Ses yeux laissaient voir toute la pureté de son âme et toute la dou


