IJ’étais tout fraîchement en possession de mon diplôme de doctorat, et, la clientèle venant lentement, j’avais de longues heures pour flâner dans les cliniques. C’est là que je connus John Mérédith. Médecin non pas, chimiste de premier ordre, simple amateur de médecine, le jeune Anglais me charma par son esprit primesautier et nous fûmes en quelques semaines aussi intimes qu’on l’est à vingt-trois ans entre jeunes gens du même âge et des mêmes goûts. J’emmenai Mérédith chez mes cousins Carterac où je m’imaginais avoir découvert ma moitié d’orange, comme disent les Espagnols, dans cette petite bécasse d’Angèle qui entra au couvent avant que je fusse bien fixé sur mes sentiments. Mérédith, lui, me présenta chez lord Babington, son oncle et son tuteur. Il habitait, avec la très jeune femm


