Pauline à Béatrix Sainte-Croix. « Tu es bien meilleure que moi, ma chère Béatrix, puisque te voilà prête à pardonner tout à Mme de Branefort. Pour moi, je le sens, si je n’étais pas chrétienne, je haïrais cette femme, qui me sépare de ma sœur et qui m’a enlevé l’amour de mon père, de mon père que j’aimais tant. Mais je lui pardonne, puisqu’il le faut, non pas à ta manière, je dois l’avouer, à la mienne. Je ne lui désire aucun mal ; s’il était en mon pouvoir de lui rendre service, je le ferais ; mais retourner vivre sous le même toit qu’elle, mais l’appeler ma mère, mais l’aimer comme une fille, jamais ! Et, en cela, je ne fais que l’imiter, car elle ne m’a jamais aimée. Te souviens-tu de la scène des pralines ? Jamais l’impression qu’a faite cette scène sur mon esprit d’enfant ne s’est


