Partie 11 : Le Grand Final

1287 Mots
Chapitre 51 : Le Souffle de la Trahison Rachetée ​Dans l'étroit tunnel de drainage, le temps s'était suspendu. Dante et Elara, accroupis dans la boue et l'eau, attendaient la réponse d'Isabella. L'air, déjà irrespirable, sentait le soufre de la terre. ​Puis, un sifflement aigu commença, montant en puissance. Un jet de vapeur blanche, brûlante, pénétra dans le tunnel par les fissures du mur, juste au-dessus de leur tête. ​« Elle l'a fait, » haleta Dante. ​La vapeur, dirigée par Isabella depuis la salle de commande, frappait le mur extérieur où Javier avait versé son béton frais. Le Ciment à prise rapide réagissait violemment à la chaleur intense et à l'humidité sous pression. ​« La vapeur ramollit le liant et crée des poches de pression ! » cria Elara, sa voix résonnant dans le tube. « Nous devons frapper maintenant, avant que la vapeur ne nous tue ! » ​Ils n'avaient qu'un seul outil : le pied de biche lourd que Dante avait apporté de l'arsenal. ​Dante, malgré le risque d'être brûlé au troisième degré, se jeta sur le mur. Il frappait le béton ramolli par la vapeur, Elara le guidant vers les points faibles de la structure. ​« Plus bas ! Là où la conduite d'eau de pluie rencontre l'ancienne fondation ! » ​Un dernier coup v*****t, et le béton céda. La vapeur et la boue éclatèrent à l'extérieur, mais un trou béant s'ouvrit sur l'air frais et la nuit mexicaine. ​Dante et Elara se glissèrent hors du tunnel, crachant la poussière et la vapeur. Ils étaient à l'arrière du domaine, juste derrière la ligne de camions-toupies. ​Chapitre 52 : Le Contre-Piège de l'Architecte ​Ils tombèrent sur l'herbe sèche, respirant goulûment l'air. Autour d'eux, les camions continuaient de déverser leur béton, des projecteurs éclairant la zone. ​Javier Solís, debout sur une petite colline, les regardait émerger, la rage et la stupeur se lisant sur son visage. ​« Tu as échappé à la Malédiction et à ma prison ! » hurla Javier. « Mais tu ne m'échapperas pas, nièce ! » ​Il dégaina une arme lourde. Ses hommes, encore sous le choc de l'éruption de vapeur, se mirent en formation. ​« Tu t'es échappée de mon béton, » dit Javier. « Mais tu ne peux pas t'échapper de ma justice ! » ​Dante sortit son arme, mais Elara posa une main sur son bras, le retenant. ​« Non, Dante. Ne combats pas sa force par ta force. Combat son chaos par mon ordre. » ​Elara regarda autour d'elle, son esprit d'Architecte balayant la scène : les camions, le terrain, le béton frais. ​Elle vit l'opportunité. ​« Le camion n° 4 ! » cria Elara. « Il est positionné juste à côté de l'ancienne alimentation électrique principale ! » ​Elle se précipita vers le camion le plus proche, le Loup à ses trousses. Javier, confus, ordonna à ses hommes de la stopper. ​Elara se glissa sous le châssis du camion n° 3. Elle prit une pierre lourde et la lança avec précision, brisant le panneau de contrôle externe du camion n° 4. ​Le camion n° 4, le mélangeur tournant toujours, s'arrêta brusquement. Mais Elara n'en avait pas fini. Elle grimpa dans la cabine du camion n° 3. ​« Dante ! Tu dois me couvrir ! » ​Elle alluma le moteur et, avec une habileté surprenante, elle fit avancer le camion n° 3, le dirigeant directement vers l'arrière du camion n° 4. ​L'Impact : Le camion n° 3 percuta violemment le camion n° 4. Le choc provoqua une réaction en chaîne. Le camion n° 4, positionné près de l'ancienne alimentation électrique, bascula, le mélangeur plein se déversant sur le sol. Le béton frais et lourd inonda la zone, mais surtout, il sectionna la ligne électrique principale exposée que Javier utilisait comme relais pour communiquer. ​Le site fut plongé dans le noir, le seul éclairage venant de la lune et des phares restants. ​Chapitre 53 : L'Ordre Nouveau ​Le chaos était total. Les hommes de Javier, aveuglés, se bousculaient dans la boue de béton frais. ​Elara sortit de la cabine, le visage couvert de sueur et de ciment. « Le chaos, c'est l'Architecture qui se défend ! » ​Dante et elle s'approchèrent de Javier, qui se débattait, luttant pour se dégager de la boue qui le retenait aux chevilles. ​« Tu as choisi la mort, Javier ! » cria Dante, son arme pointée. ​« Non, Lobo, » cracha Javier, fixant Elara. « Elle a choisi la trahison. Elle n'est pas ta sauveuse. Elle est le dernier Solís qui t'enlèvera tout ! » ​« Tu as tort, » dit Elara, s'approchant. « Le sang de Solís n'est pas le sang du vol. C'est le sang de la construction. Mon grand-père voulait que tu sois mon père. J'ai choisi de construire mon propre avenir. » ​Elle prit une poignée de béton frais et la jeta au visage de Javier, l'aveuglant temporairement. Pendant qu'il se débattait, Dante le neutralisa, l'attachant fermement pour qu'il ne puisse plus nuire. ​Quelques minutes plus tard, les renforts de La Hermandad arrivèrent. Ils s'étaient organisés pour sortir par une issue de secours que Javier avait négligée. ​Isabella, sortant de la rampe principale, s'approcha. Elle regarda Javier, puis Elara. ​« Je te hais toujours, » dit Isabella à Elara. « Mais tu as sauvé mon frère et l'Héritage. » ​Elle se tourna vers Dante. « Javier est à toi. Mais l'argent est à La Hermandad. » ​Dante regarda Javier. « Il a choisi l'ombre. L'ombre est son jugement. » ​Chapitre 54 : L'Héritage Scellé ​Quelques semaines plus tard, le Projet Reyes fut nettoyé et scellé. Les milliards de la Fondation Veritas furent transférés, donnant à La Hermandad une base financière légale et internationale. Javier avait été neutralisé (son sort restant une affaire interne de La Hermandad). Isabella, réintégrée avec de nouvelles responsabilités, acceptait à contrecœur son rôle de numéro deux derrière l'union de souveraineté. ​Elara se tenait sur le toit du nouveau bunker, regardant le soleil se lever sur San Miguel. Elle ne portait plus de bottes de chantier, mais une robe de soie noire, la tenue de la Reine du Béton. ​Dante la rejoignit, passant ses bras autour d'elle. ​« Nous avons survécu, » murmura-t-il. « Le Loup et l'Architecte. » ​« Nous avons survécu parce que le Serment était une erreur, » répondit Elara, se tournant vers lui. « Il n'y a pas de malédiction, Dante. Il n'y a qu'une logique. Un Loup a besoin d'une Architecte pour construire un abri contre les prédateurs. » ​Dante sourit. « Et une Architecte a besoin d'un Loup pour la protéger de ceux qui n'aiment pas ses plans. » ​Il posa sa main sur son ventre. « Nous allons construire la dernière chose. Une nouvelle lignée. Sans dette, sans malédiction. Seulement l'Alliance. » ​Elara regarda le paysage, non plus comme une carte d'évasion, mais comme son domaine. ​« Mon grand-père voulait la légalité. Ma mère voulait l'espoir. Mon père voulait la paix, » dit-elle. « Je vais leur donner les trois. Je vais construire l'empire que tu as toujours voulu, Dante. Pas par le sang, mais par le béton. » ​Elle l'embrassa, le b****r scellant leur pouvoir et leur amour. La fille qui était venue pour détruire était restée pour régner. Le Loup avait trouvé sa Reine. Et ensemble, ils regardaient la Lumière se lever sur leur nouvel empire.
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