II Il était déjà malade depuis longtemps, mais ce n’était ni l’horreur de sa vie de forçat, ni les travaux, ni la mauvaise nourriture qui avaient brisé ses forces. Oh ! Peu lui importaient les tortures et les souffrances ! Au contraire, il était même heureux de pouvoir travailler : l’épuisement physique lui procurait au moins quelques heures de sommeil paisible. Et qu’importait la nourriture : de la soupe claire où nageaient des cafards : Il lui était souvent arrivé, lorsqu’il était étudiant, de n’avoir même pas une telle pitance. Ses vêtements étaient chauds et adaptés à son genre de vie. Il ne sentait même pas les fers qu’il portait aux pieds. Serait-ce lui qui aurait eu honte de sa tête rasée et de sa veste en deux pièces ? Et devant qui ? Devant Sonia ? Sonia le craignait. Pourquoi au


