IV – Vous savez peut-être (mais je vous l’ai déjà raconté, je crois), commença Svidrigaïlov, – que j’ai été mis en prison, ici, pour dettes, pour un énorme montant impayé, n’ayant aucun moyen de régler la créance. Inutile de s’étendre sur la manière dont Marfa Pètrovna m’a racheté ; vous savez jusqu’à quel degré de démence peut arriver l’amour d’une femme. C’était une femme honnête et pas bête du tout, quoiqu’elle fût sans culture aucune. Imaginez-vous que cette femme honnête, mais jalouse, s’est décidée à s’abaisser – après de nombreuses scènes pleines de rage et de reproches – jusqu’à conclure avec moi une espèce de contrat qu’elle a respecté pendant toute notre vie commune. La difficulté résidait dans le fait qu’elle était beaucoup plus âgée que moi, et, de plus, elle mâchonnait toujou


