III-2

2096 Mots

Les sanglots de la pauvre Katerina Ivanovna, phtisique, endeuillée, semblèrent produire un grand effet sur le public. Dans ce visage desséché de poitrinaire, tout convulsé par la douleur, dans ces lèvres flétries, souillées de sang coagulé, dans cette voix rauque et criarde, dans ces sanglots pareils à des sanglots d’enfant, dans cet appel au secours si confiant, si enfantin et en même temps si désespéré, il y avait quelque chose de si pitoyable, de si douloureux, que tout le monde avait pitié de la malheureuse. Tout au moins, Piotr Pètrovitch sembla immédiatement en avoir pitié : – Madame, Madame ! s’exclama-t-il d’un ton qui voulait en imposer. Ce fait ne vous concerne nullement ! Personne ne songe à vous accuser de préméditation ou de complicité, d’autant plus que c’est vous-même qui a

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