IV-3

1669 Mots

Raskolnikov, quoiqu’il regardât Sonia, en disant cela, ne se préoccupait plus de ce qu’elle comprît ou non. La fièvre avait entièrement pris possession de lui. Il était dans une sorte de sombre extase. (Vraiment, il y avait déjà longtemps qu’il n’avait plus parlé à personne !) Sonia devina que ce sombre catéchisme était devenu sa foi et sa loi. – J’ai compris alors, Sonia, continua-t-il solennellement, – que le pouvoir n’est donné qu’à celui qui ose se baisser pour le ramasser. Il suffit uniquement – uniquement ! – d’oser ! Une certaine pensée m’est venue alors, pour la première fois de ma vie, une pensée qui n’était encore jamais venue à personne ! À personne ! Il devint pour moi aussi évident que le jour que personne n’a osé jusqu’ici et n’osera jamais, en passant devant toute cette abs

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