PART 1 :
Eleana's Misery
Last Chapter of Part 1 :
How a plan can backfire against you.
- Eleana ?
Je ne me tournais pas car je savais qui avait appelé mon nom. Cela ne pouvait être que lui.
Je sentis la chaleur de sa présence dans mon dos puis son souffle chaud dans mon cou, me donnant l'envie de m'éloigner de lui au plus loin.
- Que fais-tu sur le balcon avec un froid pareil ? Tu veux attraper froid et tomber malade ?
Je savais qu'il avait fait exprès de choisir ces mots-là, reflétant ses paroles le jour où j'ai perdu tout ce dont j'avais de plus cher.
Tu aurais préféré tomber dans l'eau ? Il fait peut-être bon mais tu pourrais attraper froid et tu souffrirais si tu étais malade. Or, je ne veux absolument pas que tu souffres, mon cœur...
- Il fait bon., dis-je simplement avec neutralité.
- Nous sommes en décembre, en plein milieu de la nuit; je suis désolé mais il ne peut pas "faire bon".
Je sentis alors qu'il posa une veste sur mes épaules et frotta ses mains contre mes bras puis caressa ma joue, toujours derrière moi.
- Bon sang, tu es glacée, Eleana !, dit-il avec inquiétude.
- Pourtant je n'ai pas froid., marmonnai-je, le visage tourné vers la lune qui jouait à se cacher avec les nuages.
La vérité était que si l'on me posait des glaçons dans le cou, cela me réchaufferait tant le froid paralysait mes membres.
- Soit. De toute façon, je doute que tu ne veuilles tomber malade, aucune personne saine d'esprit ne souhaiterait attraper une pneumonie pendant cette belle période festive.
Ses paroles étaient lourdes de sens, comme s’il s'assurait que je ne voulais pas tomber malade et que je n'étais pas vraiment folle.
Les deux cas étaient vrais mais je préférais simplement hausser les épaules et décidai de jouer sur la carte sentimentale :
- J'ai toujours aimé me retrouver seule la nuit et faire face à la lune.
Ma voix était restée neutre tout le long de cette phrase et j'en fus heureuse, si ma voix trahissait la haine et le dégoût que je ressentais pour lui, mon plan ne pourrait tenir. Le moindre détail comptait.
Il semblait très satisfait que je m'ouvre à lui et décida d'agir courageusement et de me serrer contre lui et de poser sa tête sur mon épaule, sa respiration hérissant le duvet présent dans mon cou et réchauffant cette parcelle. Son corps me réchauffait et assez vite, le froid ne me mordait que le visage.
Je restais paralysée et tendus dans ses bras, détestant tout ce qui faisait de lui qui il était. Mais il fallait que je m'en tienne au plan. De toute façon, cela était juste une question de jour avant que je ne puisse faire ce que je voulais faire. Et niveau sentimental, c'est plus facile de le manipuler dans cet état d'euphorie.
- Est ce que Cally peut venir passer ses journées avec moi ?, demandai-je, ma voix toujours aussi neutre.
Il acquiesça alors simplement, soupirant de contentement de m'avoir dans ses bras. Je pris alors ses bras et les retirèrent doucement, me retournant vers son visage impassible mais au regard déçu.
Sans mots, je le contournais et me dirigeais vers ma chambre qui se trouvait à quelques pas de ce balcon.
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"C'est chouette de la part de ton amoureux de me laisser dormir avec toi, ce soir." Fit Cally en langage des signes, me faisant sourire ironiquement face à son choix de mots et la faisant rire.
"C'est parce que c'est l'amour fou entre nous deux et ce depuis le premier jour." répliquai-je, la faisant rire à nouveau.
"Et ce que moi aussi je dois tomber malade pour ton plan diabolique ?"
"Désolé mais tu restes avec moi. Et arrête de bouder, c'est une surprise de ma part." lui fis-je avant de la taquiner avec un petit coup de coude.
"Mais je n'ai même pas le droit à un indice ?", fit Cally avant de soupirer.
Mon sourire fut la seule réponse qu'elle put avoir de la soirée concernant mon plan.
"Bill veut un marmot." me fit au bout d'un moment Cally avec un visage impassible.
Je la regardai, choquée, ne sachant quoi dire. Elle me regarda un moment puis mit sa tête entre ses mains quelques secondes avant de faire des signes à nouveau :
"Si toi, Eleana, ne peut rien dire et trouver pour me sortir de ce pétrin, je suis foutue."
Je secouai la tête et lui fit alors :
"On trouvera quelque chose. Jamais nous ne mettrons au monde un de leur chiot."
Elle me sourit à travers ses larmes et je la pris dans mes bras. Une fois que l'on fut de nouveau dans notre position initiale, posées contre le bord, Cally fit :
"Tu vois, Bill est comme tous les autres loups, possessif, surprotecteur et tout le topo mais vu son rang, il ne peut vraiment faire quoi que ce soit pour, par exemple, défendre mon honneur face à Tara et il ne peut me regarder amoureusement et me parler devant tout le monde comme si personne d'autre ne comptait et ça, c'est chouette."
Je soupirais, voyant où elle voulait en venir.
"Alors que toi, la chance n'est vraiment pas tombée dans ton camp ! Quand je pense que tu es tombée sur l'Alpha, la personne qui possède tous les traits d'un loup puissance dix... Quand je vois comment il te regarde et quand je l'entends te parler, j'en ai des frissons. Il est trop intense et surtout te surveille grandement... Cela sera difficile de faire quoi que ce soit. Moi ça va, je ne le vois pas tant que ça, mais toi..."
Je lui souris d'un de mes dignes sourires en coin puis lui fit :
"Ne t'en fais pas pour moi, as-tu oublié qui j'étais ?"
Elle rit et fit :
"Jamais ! Bon, on rentre ?"
Je lui souris et nous entrâmes nous mettre au chaud. En m'installant dans mon lit, j'eus une légère quinte de toux et la gorge qui se mit à me gratter.
Je souris en m'endormant, chose qui était rare...
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Je me frottais les yeux qui commençaient à pleurer tous seuls, la gorge me brûlant le cou à chaque fois que j'avalais ma salive et la fièvre montant doucement mais surement. Mais je devais rester normale et faire paraître que j'allais bien.
Cela faisait à présent cinq jours que j'étais là et je passais mes soirées sur le balcon ce qui me met dans un état terrible. Un état que je voulais, évidement.
- Luna !, s'exclama une voix heureuse.
Je levai les yeux et croisai ceux de Holly à qui je n'avais jamais eu l'occasion de parler. Techniquement, je n'ai pas vraiment parlé à personne, juste écouté et hoché de la tête.
Je lui fis un petit sourire crispé, voulant qu'elle passe son chemin mais elle s'arrêta, posant une main sur mon avant-bras.
- Woah, ça va ? Si on regarde bien, on voit que ce n’est pas la grande forme.
Je haussais les épaules sans sourire cette fois-ci en essayant de la passer, sans succès.
- C'est vrai ce que l'on raconte, la Luna n'est pas très bavarde. A vrai dire, passer presque huit ans sans prononcer un mot doit être pesant et on s'y habitue, non ?, dit-elle avec un sourire.
C'est qu'elle était bavarde, cette femme ! Et pourquoi me parler de cela ? Je raclai ma gorge et dit d'une voix neutre et contrôlée au maximum afin qu'elle ne casse pas :
- Tout est dans le mental.
Mes mots étaient lourds de sous-entendus étant donné que je la visais. Je vis son sourire fléchir légèrement avant qu'elle ne l'agrandisse, ses yeux soudainement voilés d'une certaine tristesse. Pensait-elle aux enfants qu'elle n'arrivait pas avoir ou a-t-elle déjà oublié son état de "stérilité" ?
- Et dans quelle motivation avoir., me dit-elle, ses mots ayant chacun un sens.
Je la regardai avec interrogation et curiosité. Quel drôle de choix de mots. Elle continua alors doucement :
- Pour atteindre un but, plusieurs chemins son possible, Eleana. Ne pas prendre celui qu'il faut ne veut pas dire que l'on sera perdu à la fin.
Puis elle partit, me laissant là où j'étais. Je levai un sourcil, un léger sourire se dessinant sur mes lèvres.
Il faut que je la garde à l'œil, celle-ci... Je continuai mon chemin et arrivai dans la grande salle pour déjeuner. Grâce à Amy, je connaissais mieux ce château immense. En pensant à elle, je me demande où elle est. Cela fait maintenant trois jours que je ne l'ai pas vu. Je vis que Tara était présente, sans Kyle, mangeant avec Ashley dans un silence total tandis que Drake était toujours au bout de la table, parlant avec un garçon ayant l'air d'avoir la quinzaine. Je ne l'avais jamais vu dans le coin. Drake leva les yeux vers moi et son visage s'illumina tandis qu'il me fit un grand sourire et me fit signe d'approcher. Le jeune garçon, voyant le changement, se tourna avec curiosité et vit que j'étais la cause de ce changement. Il fit alors un sourire en coin et alors que j'arrivai, ils se levèrent pour m'accueillir. C'était la façon de montrer un signe de grand respect envers les personnes importantes et chacun le fait pour des personnes aux rangs supérieur, signifiant que l'arrivée de Kyle ou du Delta Wave ne me ferait pas lever et ne ferait pas lever Drake. A vrai dire, la Luna ne doit se lever pour personne, étant elle-même la personne la plus a respecter. Quant à l'Alpha, il ne se lève que pour la Luna. Je me sentais tellement mal à l'aise à chaque fois, surtout que toutes les personnes présentes doivent se lever lorsque je rentre dans une pièce. Je comprends pourquoi Tara se sent aussi supérieure et pourquoi ma venue la gêne. Elle n'est plus la femelle la plus respectée.
- Aaron, je te présente ma merveilleuse compagne, Eleana. Eleana, voici Aaron, mon jeune frère.
Je fus prise par surprise à cette annonce. Je n'avais aucune idée sur l'existence d'un troisième Preston dans la famille. Je savais que la mère était une femme très douce et sage qui était partie visitée sa sœur qui venait d'être à nouveau grand-mère dans une meute assez éloignée.
Aaron tendit sa main et je ne su si je pouvais la serrée étant donné qu'aucun homme sur les nombreux que j'ai rencontré n'avait osé. Drake rit puis me dit :
- Tu peux lui serrer la main, c'est mon frère. Cependant, il est le seul à qui tu peux le faire., dit-il d'une voix plus sombre.
Je lui serrai rapidement la main et m'assit. Les deux hommes me regardaient, me rendant mal à l'aide à l'intérieur mais je ne fis rien paraître.
- Tu vas bien, mon coeur ?, me demanda alors Drake, les sourcils froncés.
J'acquiesçai tandis que je me servis un grand verre de jus frais et prit des toasts à beurrés. Le miel me donnait grandement envie du fait de sa douceur et de son talent à soigner la gorge mais je devais rester ainsi. Le grand jus ne fera qu'empirer l'état de ma gorge, les toasts secs également mais il le faut.
Tandis que Drake et Aaron continuaient de parler, je m'efforçais de contrôler mon visage pour ne faire paraître aucun signe de douleurs évidentes. Je regardais alors Aaron qui partageait des traits avec Drake et Ashley et il me fit légèrement penser à Drake quand il avait juste deux ans de plus lorsqu'il m'a trouvé. Il se pouvait donc que ce jeune homme trouve une compagne humaine de huit ans et cette petite vivrait le même enfer mais sera malheureusement embrigadée et acceptera le tout sans broncher.
Je soupirai et apportai le toast à ma bouche lorsque je me figeai.
Nora.
Je baissais mon toast et fis comme si de rien n'était. Cependant, mon appétit s’était envolé et je n'avais qu'une seule pensée en tête.
Nora avait huit ans. N'importe quand, et ce depuis sa naissance, un loup peut trouver en elle son âme sœur. Je ne cache pas qu'à chaque fois qu'il y avait une nouvelle arrivante, je vérifiais qu'il ne s'agissait pas de ma petite Nora.
Je secouai ma tête. Je devenais folle; il y a une chance sur des milliards que Nora soit sa compagne et une chance sur des millions qu'elle soit la compagne d'un loup. Je me tracasse la tête pour rien. Cependant, cette pensée me faisait peur et je priais tous les soirs pour que ma sœur vive une vie humaine normale, sans loups.
Jusqu'à ce que je la retrouve.
Il fallait que j'arrête de penser à ma famille sinon la façade de fille froide et dure que rien ne touche allait vite tombée, surtout dans l'état dans lequel j'étais.
- Eleana ?
Je levai la tête et vis Drake me regarder avec inquiétude.
- Cela fait une minute que je te parle mais tu étais ailleurs, ça va ? Tu ne veux pas aller te reposer ? Tu es assez pâle.
- Je vais bien. Rares sont les fois où j'ai été malade, il n'y a rien qui puisse me faire tomber., dis-je d'une voix neutre et rassurante et un sourire fermé.
- Même pas tes soirées sur le balcon ?, me fit Drake sur un ton lourd de sous-entendu.
- Cela ne m'a jamais touché, pourquoi aujourd'hui cela se ferait ? En revanche j'aimerai bien que l'on allume la cheminée de la chambre parce qu'il ne fait pas très chaud la nuit...
Je vis son regard devenir plus inquiet et coupable puis il me dit sur un ton égal à son regard :
- Tu aurais dû me le dire plus tôt. Imagine si cela te fait tomber malade !
Je haussais les épaules et me levai, faisant tout mon possible pour ne pas faire voir que j'étais à présent vertigineuse.
- Je vais m'allonger un instant et j'irai mieux., dis-je puis partie.
Je pu entendre Aaron souffler à son frère :
- Pas très expressive, ta compagne.
J'entendis l'intéressé soupirer et dire :
- Ça, je ne te le fais pas dire...
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"Je ne devrais pas te laisser là !" fit en langage des signes, notre langage, Cally, morte d'inquiétude.
Je soufflai dans le froid et frissonna tant je ne me sentais pas bien mais il fallait que je le fasse.
Cela faisait trois jours depuis que j'ai rencontré Aaron et mon état a empiré à un point où toute la meute était au courant de la pauvre Luna malade à cause de sa chambre mal chauffée. C'était un très bon subterfuge et Drake, déjà assez mal de me voir ainsi, ressentait deux fois plus de culpabilité.
Dès que j'étais allée me coucher, je me suis endormie et me suis réveillée dans un état pire que dans lequel je m'étais couchée. Je ne tenais pas vraiment debout et j'étais fiévreuse, la gorge en feu et la respiration difficile. Drake se sentait vraiment mal de me voir dans cet état.
Voulant me chouchouter deux fois plus, il autorisa, voir ordonna, que Cally me tienne compagnie autant que je le voulais et m'avait interdit de me lever de la semaine et me regardait prendre mes médicaments de peur que j'oublie ou que je dorme au même moment.
Me sentant légèrement mieux, j'ai décidé de repasser la soirée dehors et là j'étais vraiment mal. Je perdis ma balance et me retint contre le mur.
"Aller, assez de mal ce soir, tu rentres !"
Je fis non de la tête, chose difficile à faire.
"Tu veux que ton plan finisse par te tuer ?" fit-elle de manière énervée.
Je lui répondis avec des signes lents et faibles :
"Ne t'en fait pas pour moi, soit patiente, l'occasion ne s'est pas encore présentée. Il faut que tu m'aides de ce côté-là."
Une fois qu'elle sut quoi faire le lendemain, Cally me força et réussit malgré mes faibles protestations à me ramener, sans que personne ne le découvre, dans mon lit.
- Tu vas finir par en mourir..., souffla-t-elle avec tristesse.
Je laissai échapper un petit rire qui se transforma en quinte de toux puis répondit de ma voix brisée :
- Si cette vie ne m'amène la liberté alors la mort me libérera...
Puis je sombrais dans un monde sans douleur.
Lorsque je me réveillais, je vis que j'étais seule dans le lit mais qu'une main tenait la mienne. Je levai mon regard faible et croisai les yeux morts d'inquiétude et remplis d'amour et de dévotion de Drake.
- Tu as l'air plus mal qu'hier, mon coeur... La cheminée ne s'est pas éteinte ? Le chauffage non plus ?
Lorsque, le premier jour, Drake vit mon état, il fit faire installer des chauffages électriques dans toute la maison.
Je pris une respiration puis commença à tousser une longue quinte qui m'essouffla. Drake m'embrassa la main et retira les cheveux collés sur mon front par la transpiration.
- Tu es brûlante..., murmura-t-il.
Je fis semblant de m'inquiéter et dit alors :
- J'espère que vous faites attention que personne ne tombe malade, surtout pas Tara avec le bébé !
Je me remis à tousser et me mise sur le côté, dos à lui, pour mieux tousser tandis qu'il frottait mon dos, m'aidant à libérer mes bronches.
Je me remis en place et il se leva, mettant mieux les couches de couvertures sur moi et se réinstalla sur la chaise.
- Ne t'en fait pas, Kyle la surveille.
- Bien., dis-je alors.
Il me regarda longuement avant de dire :
- Pourquoi t'inquiètes-tu pour elle ? A ce que je sache, vous n'êtes pas de très bonnes amies.
Je souris légèrement face à cette vérité et mentit d'une voix lente et contrôlée, toujours neutre malgré ma faiblesse :
- Je n'ai rien contre elle. Tout a commencé à cause d'une-
Une quinte de toux me stoppa puis, une fois finit, je soufflai un peu avant de reprendre :
- A cause d'une querelle passée quand on était petite et depuis on était "ennemies".
Je m'arrêtais pour respirer puis repris :
- Mais je ne peux pas détester une personne sans raison. La détester aujourd'hui serait inutile et sans raison. Nous sommes adultes maintenant. Je nous vois déjà plus tard, quand nos cheveux commenceront à devenir gris, rire en se souvenant de notre enfance.
Drake ne s'attendait pas à ce genre de réponse et dire qu'il était choqué était souligné l'évident.
- Woah... Je... Je ne savais pas que tu pensais comme cela. C'est très profond et très gentil... Je lui dirai que sa Luna tient à elle...
Je souris face au choque présent sur son visage et fermait les yeux sous la fatigue.
Parfois il faut faire des sacrifices et devenir une autre personne pour atteindre notre but. Moi, je sacrifie ma santé et fait croire aux personnes qui m'entourent qu'en étant malade, je m'ouvre à eux et leur montre qu'en vérité je suis gentille et tient à eux.
Comme ils ont tous tord... Je les déteste tous, à commencer par Drake.
Quelques personnes sortaient évidemment du lot, je pense à Amy.
D'ailleurs, où était-elle ?
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"Drake a tout raconté à Kyle et à Tara, je le sais de source sûre et je peux te dire qu'ils étaient choqués et secoués." me fit Cally, assise sur la chaise.
Je fis mon fameux sourire en coin et murmura :
- Bien.
J'étais trop faible pour les signes.
- Amy ?, soufflais-je alors.
Je lui avais demandé dans la journée de la chercher et de prendre de ses nouvelles. Cally grimaça et fit en signe, doucement :
"La bonne nouvelle... C'est qu'elle n'est pas morte."
Ça, c'était pour moi une mauvaise nouvelle car si cela est une bonne nouvelle cela veut dire qu'elle est dans un piteux état.
Je déglutis difficilement et dit :
- Qui ?
Cally souffla un instant et fit :
"Tu es sûre de vouloir savoir ?"
Je hochai doucement la tête et elle fit le signe qui désignait une personne que je détestais dès que mon regard c'est posé pour la première fois sur lui.
"Kyle."
Et Drake l'a laissé alors que j'ai interdit qu'une personne ne la touche ? Ou plutôt menacer mais là n'est pas le problème. Semblant deviner ce que je pensais, Cally fit avec des signes et un visage assez triste :
"Drake l'a même autorisé à prendre un cachot présent dans les sous-sols."
Oh l'ordure. Une fois qu'il saura que je sais, je pourrais à nouveau devenir moi-même : ne pas lui parler et ignorer tout le monde. C'est triste à dire mais cela est enfaite bénéfique pour moi. Je me vengerai également pour elle mais il n'y a pas que du négatif dans cette affaire.
Je sais que j'ai l'air d'une s****e sans coeur mais personne n'est parfait.
- Va faire ce que je t'ai dit hier..., soufflai-je tandis que le sommeil me gagnait.
Je me réveillai en sursaut cette nuit, aussi faible qu'avant. Il faisait nuit dehors. Je tournais la tête et sentis une présence non loin de moi. Une fois que mes yeux s'ajustèrent à la chambre sombre, mes yeux s'écarquillèrent. Drake était posé sur la chaise et me fixait. Il me fit un léger sourire et souffla doucement :
- Comment te sens tu ?
Il me fallut tout mon self-control pour ne pas lui cracher dessus mais je ne fis rien. A la place, une violente quinte de toux transperça mon corps et, une fois finis, je soufflai difficilement :
- Cela répond à ta question ?
Il grimaça et caressa mes cheveux et les enleva hors de mon front mouillé.
- Tu sais, Cally est venu s'excuser de son mauvais comportement avec Tara toutes ces années et lui a dit que tu en feras de même.
J'acquiesçai et soufflai doucement :
- C'est vrai. J'en ai parler à Cally et nous avons pris conscience de cette immaturité. Je vais m'excuser et tout recommencer avec elle.
- Tu n'attends pas d'excuses de sa part ?, demanda-t-il, surpris.
- Pourquoi en demanderai-je ? Je suis celle qui a malmenée l'autre dans l'histoire...
Puis je soufflai pour ajouter un côté dramatique à tout cela :
- ... Pas très Luna de ma part...
Drake me sourit avec une tendresse qui faisait mal à voir. Alors que je commençais à me rendormir, prise de fatigue, Drake me demanda doucement :
- Est-ce que je peux rester près de toi, cette nuit ?
Alors que je sombrais, je marmonnai :
- Seulement si tu restes sur la chaise...
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Pour qu'un plan marche, il faut parfois s'y prendre à l'avance et faire des choses qui nous mettront dans des situations inconfortables et qui nous feront surement mal.
Avec moi, cette phrase n'a jamais sonné plus vraie.
Il m'est arrivé de faire, cette semaine où j'étais malade, des choses étranges montrant que je pouvais prendre des décisions sans savoir pourquoi.
Il m'arrivait de simuler des malaises aléatoirement ou même d'en avoir des vrais.
Je marchais en prenant appui sur une surface solide ou une personne à cause des vertiges.
Mes quintes de toux me faisaient perdre l'équilibre.
Bref, toute une liste qui a été longuement préparée pour, au final, réussir un plan en seulement une minute...
Alors que tout le monde se dirigeait vers le déjeuner ou était en train de manger, je me levais de ma chambre et attendis que mon vertige ne passe avant de continuer mon chemin.
Je savais qu'il y avait même un risque que je meurs avec ce plan. Mais j'ai confiance en ma bonne étoile. Mon destin n'est pas près de terminer aujourd'hui. Pas comme celui de quelqu'un d'autre...
Je descendais doucement les escaliers et, jouant mon rôle à la perfection, je pris un air désorienté et je cherchais frénétiquement quelque chose. Ou quelqu'un. Je m'arrêtais au milieu des derniers escaliers, attendant. Je savais que ce que j'attendais n'allait pas tarder à arriver par le bas, dans ces escaliers, à n'importe quel moment.
Je n'eus à attendre plus longtemps que je vis sa chevelure blonde apparaître. Je souris d'un sourire qui semblait à la fois sincère et légèrement dément en la voyant. Elle fut très surprise mais son visage ne tenait pas la même haine qu'autrefois. Elle semblait plus douce et son sourire timide me prouvait que cette fille était facilement manipulable, expliquant pourquoi elle est rapidement tombée dans cet embrigadement des loups.
- Eleana, tu ne devrais pas être hors de ton lit !, dit-elle alors, plaçant une main sur mon bras.
Alors tout ce que j'ai dit sur elle l'avait vraiment touché ? Trop mignon. Dommage que cela ne soit pas vrai.
- J-Je voulais te voir, impérativement. J-J-Je-J-Je...
Bégayant, je lui pris le bras comme si je venais d'avoir un léger vertige et elle posa son autre main sur mon bras.
- Doucement, Eleana., souffla-t-elle, inquiète pour moi.
Elle aurait pu être une bonne amie, elle avait un bon fond. Dommage. Même si à cet instant, ce n'est pas elle qui allait finir mal...
- Je voulais m'excuser !, dis-je alors fort, comme si j'étais déboussolée.
- Je le sais, Cally et Alpha me l'ont dit mais tu n'avais pas besoin de faire tout ce chemin dans cet état.
Elle était flattée. Ses joues étaient légèrement rosées et elle avait un sourire. Plus pour très longtemps.
-S-Si ! J'ai fait un horrible cauchemars, ma petite Tara... Je t'ai vu qui mourrais et je-je-j'avais tout ce regret. Je regrettai de te laisser partir sans que t-t-t-t-tu saches que je regrettai pour tout ce que je t'ai dit ou fait ! P-P-Pardonne moi, s'il-te-plait ! J-J-J'ai été une gamine m-mais m-maintenant j-je s-sais !
- Oui, je te pardonne, Eleana., dit-elle avec une telle sincérité que cela me toucherait presque. Ses yeux devinrent alors remplis d'inquiétude., Mais tu dois aller te reposer, tu risques de faire un malaise à tout moment ! Nous aurons du temps devant nous pour tout rattraper, ne t'en fait pas.
Je souris alors, comme heureuse, puis l'acte commença.
Je fronçai soudainement mes sourcils et me tint fermement au rebord, une quinte de toux me prenant fortement.
- Eleana ?, dit-elle assez fort et inquiète.
- Que se passe-t-il ?, entendis-je la voix inquiète de Drake et le vit qui nous voyait d'en bas, étant donné que nous étions à la fin de l'escalier.
- Elle n'est pas dans son état normal., dit-alors avec inquiétude Tara., Elle se sent très mal et risque de-
Elle n'eut le temps de finir que je "tombais", fis un "malaise" et l'entraînai avec moi dans les escaliers. Je sentis alors, dans notre chute, mon coude rentrer en contact très fortement avec son ventre et un hurlement de douleur de sa part. Je pris sur moi pour ne pas faire apparaître mon sourire.
Ma chute fut arrêtée par un corps qui m'attrapa mais je n'entendais rien mis à part le cri de douleur de Tara et ne sentit rien mis à part le contentement d'avoir détruit ce qui lui tenait le plus à cœur, à elle et à Kyle.
Mes yeux roulèrent derrière ma tête et je me mis à convulser. Cette fois ci, ce n'était pas de la comédie.
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J'avais l'impression que l'on avait fait exploser une bombe dans ma tête.
Un bruit monotone se faisait entendre, perçant mes tympans. Je me sentis faire la grimace mais bouger les muscles de mon visage était trop difficile à faire.
- Eleana ?, entendis-je une voix douce et inquiète soufflée au-dessus de moi.
Je bougeai légèrement la main et sentis des perfusions enfoncées dans mes veines.
Le bruit était insupportable à mes oreilles, ce bip retentissant et résonnant dans mon crâne.
Mes yeux papillonnèrent mais je ne pus les garder ouvert sous la douleur que provoqua la lumière.
- Elle est consciente., fit une voix féminine rassurée., Comment te sens-tu, Eleana ?
Je tournai légèrement la tête, fronçant les sourcils sous la douleur qu'elle apporta.
J'inspirai avant de souffler :
- Où suis-je ?
Je gardais les yeux fermés, de peur d'être à nouveau aveuglée par la lumière douloureuse.
- Tu es à l'hôpital, mon cœur. Ton état était trop critique pour que l'on puisse te soigner à la maison., dit d'une voix douce un homme qui, à l'entendre, se trouvait très près de moi.
Je fronçai les sourcils de nouveau. Pourquoi étais-je à l'hôpital ? Je forçais mes yeux à s'ouvrir et les gardais ouvert légèrement, le monde flou devenant plus clair et le monde prenant forme sous mes yeux.
Une fois que mes yeux purent à nouveau se concentrer, mes yeux tombèrent sur une fille brune aux yeux bleus qui se tenait non loin de moi et homme se trouvant trop proche pour mon confort. Cet homme me regardant avec tant d'amour et de soulagement que j'en frissonnais. Mais il y avait un gros problème.
Je ne connaissais pas cet homme.
Je regardais à nouveau la fille qui souriait puis je demandais, confuse :
- Qui êtes-vous ?