PART 1 :
Eleana's Misery
Chapter 5 :
Man of Misery
Des arbres. Et de la verdure. Encore et toujours. Une verdure qui s'étale à perte de vue des deux côtés de cette longue route.
Voilà une demi-heure que nous avions quitté l'école et pas un mot ne s'était glissé entre nous deux. Je voyais du coin de l'œil qu'il mourrait d'envie de me parler, se tournait vers moi toute les trente secondes et mourrait d'envie de tenir ma main ou même effleurer ma joue du bout de ses doigts.
Quel monstre pathétique.
Mon regard ne bougeait pas, il ne vacillait pas, il regardait l'extérieur où la forêt s'étalait encore et toujours à perte de vue. Des monstres comme eux ne vivraient pas dans une ville bondée d'humains, non ?
Il soupira à nouveau et dit ce qu'il voulait dire depuis que nous avions quitté cette maudite école :
- Que s'est-il passé avec Madame Sissi ?
Je l'ignorai alors et continuai de regarder par la fenêtre comme si aucun mot n'avait été prononcé. Ses phalanges devinrent plus blanches, signe qu'il serrait le volant, frustré par mon silence.
- Eleana, ne joue pas à ce jeu avec moi. Tu n'es plus une enfant, tu n'es plus à l'école et, bien que cela fut difficile et malgré les nombreuses plaintes, j'ai fermé les yeux sur ton comportement. Mais là, c'est fini. Tu n'as plus à être comme cela.
Je défroissai cette robe dont les couleurs m'ont accompagné pendant presque huit ans de ma vie et croisai les jambes, laissant mon regard absorber ce monde libre, me donnant l'impression pour au moins quelques secondes, de gouter à ce que je souhaite avoir le plus au monde : la liberté.
La voiture ralentit alors et s'arrêta. Je levai les yeux au ciel tandis qu'il prit mes mains et me fit tourner doucement vers lui afin que je lui fasse face. Mon regard était tourné ailleurs tandis que, du coin de l'œil, je le voyais me fixer d'une manière qui me répugnait. Ces monstres me répugnaient.
- Eleana, s'il-te-plait, regarde-moi. Eleana.
Il continua mais je laissai mon regard fixé sur le volant, aucune expression sur le visage. J'ai appris, au cours de toutes ces années, que c'était effrayant. Et c'est vrai que cela faisait froid dans le dos. Ce regard qui semblait vif, malin mais complètement vide d'émotion. Ce visage et ce corps habile capable de merveille mais fonctionnant comme un robot.
Il soupira de frustration et prit doucement mon visage d'une main, caressant ma joue de l'autre et tournant ma tête vers lui, ne me donnant aucun autre choix mais que de levé mes yeux vers lui. Dès que nos regards se croisèrent, il fit une légère grimace, secoua sa tête et murmura :
- Eleana...
Mon regard resta sur lui et le fixait, sans émotions. Cela lui faisait mal de me voir comme ça. Et je prenais plaisir à voir la douleur dans ses yeux. Elle n'était rien face à la douleur que j'endure depuis sept ans et neuf mois.
- Ta vie commence maintenant, Eleana. Tu m'as clairement fait comprendre tes sentiments à mon égard il y a neuf mois et j'espère, avec peu de certitude, que cela s'est atténué...
Sa dernière phrase était fausse. Je le savais autant qu'il le savait.
- Mais maintenant tu vas vivre avec moi ainsi que notre meute, notre famille. Je ne veux que ton bonheur. Ton amour, j'ai toute une vie pour l'avoir. S'il te plaît, ne rend pas les choses plus compliquées qu'elles ne le sont déjà. Ce jour de retrouvailles, pour chaque personne, est un jour de joie où l'amour est retrouvé et partagé. S’il n'y a pas l'amour, laisse au moins la joie infiltrée ton cœur et prendre place. Mon cœur ne bat que pour toi, mon cœur t'appartiens alors laisse le tient battre au même rythme que le mien, laisse-le ressentir cet amour que je ressens pour toi, un amour si fort qu'il en devient douloureux de respirer lorsque tu n'es pas près de moi... Laisse cette haine qui te consume le cœur se transformer en amour et en joie.
Je plaçai mes mains sur les siennes et il fit un petit sourire. Je penchai mon visage avant d'enlever fermement ses mains de monstres hors de mon visage et m'éloignai de lui, reprenant ma place initiale.
La dernière chose que je vis fut son regard, si triste qu'il pourrait faire fondre le cœur de glace de n'importe qui. Mais pas le mien.
Il inspira un bon coup et dit d'une voix plus sérieuse :
- Avant de redémarrer, je veux savoir : qu'a tu dis à Madame Sissi pour la rendre dans un état pareil ?
Sans le regarder, je haussais doucement mes épaules et laissai mon regard se baisser sur le bandage que j'avais à ma main gauche.
- Une femme de son genre cède difficilement à la colère, elle a eu à faire à des centaines de filles avant toi. Un loup-garou ne sort ses griffes qu'en cas de colère extrême or, même avec tous les mots que tu as pu lui dire, il est très difficile de les sortir.
Je laissai mon regard sur mon bandage tandis que je me souvins de la fois où j'appris ce qui me fut utile et me sera encore utile dans le futur...
On était assise sur un banc avec Cally, dans le parc de l'école, deux mois avant qu'elle ne parte. On regardait les filles qui semblaient toutes heureuses, comme si tout ceci était normale. Avec Cally, on voulait tellement les secouer une par une en leur criant au visage "Ce sont des monstres, m***e ! Ouvre les yeux, ils t'ont enlevée pour assouvir leur besoin ! Ils t'ont enlever car ce sont des égoïstes qui ne se soucient que de leur bonheur!"
Car, même si on nous remplissait les oreilles de phrases telles que "Un loup ne peut vivre heureux si sa compagne ne l'est pas alors il fait tout ce qu'il y a en son pouvoir pour la rendre heureuse", on savait que cela n'avait rien de romantique. Le loup rend sa compagne heureuse afin d'être bien dans sa peau lui-même.
Monstres.
Alors que je regardai et écoutai deux petites de douze ans débattre sur leurs vies futures, des rires attirèrent mon attention vers le bac à sable.
Ce n'était pas un bac à sable ordinaire pour les enfants de bas âge mais des bacs où l'on pouvait faire des sculpture et d'autre sorte d'art. Je ne m'y suis jamais attardée.
Des filles entouraient le bac tandis qu'une Femme, qui devait faire l'animation du jour, encore une chose à laquelle je n'ai JAMAIS participé, était au centre, face à ce bac en question.
Nous nous regardâmes, intriguées, et allâmes voir ce qu'il se passait pour une fois.
Une Femme créait de très belles sculptures avec le sable. Cally et moi nous plaçâmes derrière elle, nous pouvions voir seulement ses mains bouger sur le sable de manière surprenante tandis qu'elle dessinait sur sa sculpture avec des ongles trop gros et long pour être naturel.
Des ongles de monstres.
Pourtant, les ongles ne pouvaient sortir qu'en cas d'extrême colère ou d'autre sentiments extrêmes voisins de la tristesse ou de la frustration.
Mais cette Femme semblait bien.
"Que voulez-vous que je fasse ? Attention, c'est un travail minutieux !" riait la Femme tandis que les filles criaient leurs propositions et riaient.
Je vis alors ses mains se baisser et, hors de la vue des demoiselles, elle piqua ses mains au bas de la paume, à la limite de la ligne de vie. Ses ongles ressortirent alors encore plus fort qu'avant. Elle se tourna alors vers nous et nous regarda avec un grand sourire, comme si de rien n'était. Elle nous fit un clin d'œil en mettant son doigt sur sa bouche, signe qu'il fallait le garder secret.
Je l'aimais bien cette Femme, elle était jeune. Elle devait avoir vingt-deux ans. Elle est partie il y a un an et demi, surement car elle fait partis des rares "chanceuses" trouvant leurs compagnons tardivement. Cette Femme était la plus "humaine", la plus gentille de toutes. La seule que je n'ai jamais embêté et je pense qu'elle en était heureuse. Elle était la seule qui semblait m'apprécier vraiment, pour des raisons toujours inconnues à mes yeux mais je n'y pense pas trop.
- Nous sommes arrivés chez nous.
La voix du monstre qui me brisa la vie me ramena sur Terre et je vis avec surprise une maison énorme qui pouvait abriter un régiment. C'était parce que l'Alpha ainsi que sa famille vivait dans la même maison que plusieurs membres de la meute : ses larbins et sa famille ainsi que d'autres membres qui dépendaient selon chaque meute.
Il sortit de la voiture et, en moins de deux secondes, il fut à ma porte et l'ouvrit. Je soupirai, n'ayant vraiment pas envie de rentrer dans cette maison. Ni d'y vivre. Ni de jamais revoir le visage de ce monstre mais je n'avais pas le choix. Je n'étais pas libre.
Il plaça une main sur le bas de mon dos et mon corps me trahit en sursautant à son toucher. Je tournai le regard vers lui mais il ne baissa pas les yeux vers moi et nous continuâmes de marcher, sa main toujours placée sur mon dos. Je serrai la mâchoire, essayant de ne rien dire ou faire par rapport à cela.
Nous entrâmes dans une maison trop calme pour une maison habitant une trentaine de personnes. Nous nous arrêtâmes devant deux grandes portes fermées. Drake me sourit avant d'ouvrir la porte et de me laisser entrer.
- Surprise !
Une foule de gens se tenait devant moi. Il devait y avoir une centaine de personnes dans cette salle décorée de toutes les couleurs avec une banderole affichant "Bienvenue". Toute cette mise en scène respirait la joie et faisait paraître ce qui m'est arrivé pour un heureux événement.
Pathétique.
J'essayais de ne pas laisser paraître mon dégoût face à ces visages dont la joie, l'admiration et le dévouement prenaient place. Il y avait un silence. Ils attendaient une réaction de ma part. Je regardai chaque visage avec un visage impassible lorsque mes yeux tombèrent sur ceux amusés et à la fois dégoutés de Cally.
Cally !
Elle me fit un sourire amusé avant de faire deux signes. Et je compris quoi faire. Je levai alors les yeux et tombai en arrière. Comme prévu, Drake me rattrapa et je pouvais sentir la panique dans ses gestes et l'entendre dans sa voix.
- Docteur Polls !
Une autre présence se fit sentir près de moi tandis qu'une main passa sur mon visage en une douce caresse. J'entendais de nombreux bruits de pas, surement toutes ces personnes sortant de la pièce, faisant le moins de bruits possible. Quelques enfants sanglotaient tandis qu'une petite voix demanda :
- Elle a quoi, Nana ?
Nana ? Ils connaissaient surement mon nom et ne savaient le dire. Mais pourquoi il y avait-il tant de tristesse dans la voix de cet enfant ?
Eleana, reste concentrée ! Tu sais que ces enfants seront plus tard des monstres et que rien ne pourra les changer. Ils feront subir à d'autre filles ce qu'ils t'ont fait subir...
Pas si j'interviens. Ayant joué à la perfection mon rôle, je décidai de l'arrêter. Mes paupières papillonnèrent tandis que j'ouvris les yeux et croisai le regard remplis de soulagement et d'adoration du monstre.
- Le choc a dû la rendre dans cet état, Alpha Preston. Il n'y a aucune inquiétude à ce faire, notre Luna a simplement besoin de repos, maintenant et éviter qu'un grand nombre de personne ne soit autour d'elle.
Je me rendis compte que j'étais à moitié allongé sur le sol, à moitié sur Drake qui me tenait comme une bouée de sauvetage en pleine mer. Je tournai alors ma tête, qui reposait sur le bras de Drake, et fit face à un homme assez mince, dans sa cinquantaine avec des cheveux gris foncé et un sourire aimable. Il avait le physique d'un docteur. Il me sourit, ce qui fit ressortir les fossettes sur ses joues et les rides vers ses yeux, le rendant plus amical.
N'oublie pas qu'il fait parti de ces monstres.
C'est vrai. Je gardai le visage impassible tandis qu'il déclara avec une voix remplie de dévotion :
- Je suis si heureux de faire votre connaissance, Luna. Je suis le Docteur Frédéric Polls et je serais toujours à votre disposition.
Je ne dis rien. A la place, je me relevais et, jouant encore le rôle de la fille ayant subi un malaise, retombais dans les bras de Drake, à mon plus grand malheur.
- Elle a vraiment dû être éprouvée. Ce sont les contre effets du malaise, elle doit voir la pièce tournée autour d'elle., prévint le docteur à Drake qui n'avait dit un mot, me fixant avec de grands yeux qui sont toujours remplis d'amour et de dévotion.
Immonde.
Il me prit alors dans ses bras et se leva, me portant comme une mariée. Je fus obligée de poser ma tête sur son épaule tandis qu'il caressa mon front et posa sa joue sur ma tête, un sourire niais sur les lèvres.
Je levai les yeux et vis, avec surprise et joie, que Cally était encore ici, le regard remplis d'inquiétude. Je baissai les yeux vers ses doigts et les vis croisés, notre signe secret quand il fallait montrer à l'autre que l'on jouait la comédie. Je croisai son regard et lui fit un clin d'œil discret. Elle me fit un léger sourire avec un regard rassuré. Du coin de l'œil, je vis Drake suivre mon regard et l'entendis, surpris :
- Cally ? Que fais-tu encore ici ?
Sa dernière question fut un peu plus froide que je ne l'espérais. Je n'aimais pas qu'il parle comme ça à Cally.
- Je me suis inquiétée en voyant Eleana tomber de la sorte. C'est la première fois que ça lui arrive...
Entendre sa belle voix me surpris. Elle était aussi belle que dans mes souvenirs. Pourquoi les filles avec les plus belles voix sont celles qui se taisent alors que les filles avec les voix les plus nasillardes parlent à longueur de journée ?
Drake la regarda deux secondes de plus avant de se diriger vers la porte. Je me penchais légèrement pour voir son visage et lui fit signe de suivre. Je vis de l'hésitation sur son visage tandis que nous tournâmes à droite.
Je pensais l'avoir perdue de vue mais, moins de cinq secondes après, je la vis tourner le coin et nous suivre. Je lui fis un petit sourire et posai ma tête sur l'épaule de Drake. Ce dernier regardait droit devant lui et, même si je suis sûre qu'il savait qu'elle était là, il ne dit rien. Il serra sa prise sur moi tandis que je baissais les yeux. Je ne suivis pas le chemin des yeux mais je savais qu'au bout de deux minutes à monter, tourner et encore tourner, nous arrivâmes en face d'une grande porte qui était adjacente à une double porte majestueuse. Nous entrâmes dans la porte seule et, après quelques pas, je fus posée sur un lit très confortable. Je regardai autour de moi et constatai que cette chambre puait le luxe. Je regardai alors les murs et vis une fenêtre à ma gauche puis une porte dans le mur d'en face et une autre porte sur le mur qui se trouvait à ma droite, la porte d'entrée
- Elle te plaît ?, demanda alors Drake qui était debout en face du lit, me fixant depuis le début de mon inspection.
Je fis simplement un léger geste de la tête tandis que le monstre sourit et déclara le plus naturellement du monde :
- Cela sera ta chambre pendant trois mois et, une fois que ton anniversaire sera passé, elle ne sera qu'un lointain souvenir. Ma chambre, notre chambre, se trouve derrière cette porte., dit-il alors en pointant sans regarder la porte qui se trouvait sur le mur d'en face.
Je ne dis rien. Je continuai de le regarder avec mon regard impassible, un regard qui était devenu habituel. Il pencha sa tête sur le côté et soupira :
- Pourquoi me regardes-tu avec des yeux si... si..., murmura-t-il tristement, cherchant un mot pour décrire mon regard.
- Vide., murmura la voix de Cally au pas de la porte.
Il se tourna vers elle avec un regard qui en disait long sur ce qu'il pensait. C'était le mot dont il était si effrayé de prononcé. Il se tourna vers moi tandis que Cally entrait et s'assit à côté de moi. Elle passa une main sur mon front et murmura :
- C'est simplement son regard. Je ne l'ai jamais vu avec un autre regard...
Elle jouait si bien la comédie. Elle savait que mon but premier était de le faire souffrir et quoi de meilleur pour faire souffrir un monstre que de voir sa "compagne" triste. Je savais que cela lui déchirait le cœur.
Les yeux de Cally se baissèrent vers ma main et elle demanda avec de la vraie inquiétude :
- Que lui est-il arrivé ?
Drake soupira et dit d'une voix monotone :
- Madame Sissi lui a griffé la main assez profondément, il lui a fallu douze points de sutures.
Cally eut un hoquet de surprise et d'horreur.
- Pourquoi lui a-t-elle fait cela ?
- Je l'ignore. Elles parlaient doucement, avec amitié et d'un coup Eleana a crié à Sissi de la lâcher et je suis arrivé trop tard, sa main était déjà ensanglantée., répondit Drake qui continuait de me fixer avec ce regard triste et adorateur.
Rien qu'en désignant ainsi les émotions qu'il faisait ressortir de ses yeux, je ne pouvais m'empêcher de frissonner de dégoût. Drake du prendre cela pour de la peur car une lueur d'inquiétude brilla alors dans ses yeux. Cally posa une main sur mon épaule et, jouant parfaitement bien son rôle, murmura :
- Madame Sissi n'a jamais vraiment été fan de Léa... Je la voyais avec ces regards de haine dirigé sur elle...
La main de Drake se serra en un poing tandis qu'il inspira un bon coup.
- Madame Sissi a été retiré de ses fonctions, elle a été également bannie de nos terres et de notre meute.
Un grand sourire voulait se dessiner sur mon visage mais je préférais baisser les yeux, agir comme si cela était la meilleure des choses sans pour autant s'en satisfaire.
- Drake, es-tu sûr que cela soit une bonne chose que notre Luna reste avec Cally ?, demanda alors une voix d'homme.
Je levai les yeux et vit un grand brun avec des yeux bleus. Il avait les bras croisés sur sa poitrine et avait le regard fixé sur moi avec un regard aussi impassible que le mien. Il avait posé la question comme si cela était la plus mauvaise des choses.
- Nous savons très bien quel est le résultat de cette association. La compagne du commandant Bill était assez réputée pour entraîner notre Luna dans des situations assez critiques pour la plupart des compagnes de l'école.
Je savais maintenant qui il était. Son visage familier apparu également dans mes souvenirs. Le compagnon de Tara Millers alias ma Némésis de l'école. Tant d'hypocrisie dans une seule phrase, cela se voyait qu'il était également énervé contre moi mais il a accusé Cally à la place.
- Kyle, tu sais très bien que ce n'était pas méchant. Et puis, cela date de deux ans maintenant, elles ont muri et elles savent que ce n'est plus l'école., répliqua Drake de manière naturelle, comme si il n'avait pas accusé Cally d'être une fauteuse de trouble. Il aurait pu la défendre.
- Cela date de deux ans mais elles sont plus intelligentes, elles pourraient continuer de rendre la vie dure à la plupart des filles de la meute.
- Béta McGregory, si je puis me le permettre-, commença Cally avant d'être coupée d'un ton froid.
- Nous ne t'avons pas donné l'autorisation de parler. N'oublie pas la hiérarchie. Je suis bêta alors que ton compagnon est un simple commandant. Il ne m'arrive pas à la cheville et tu ne vaux pas mieux qu’un cheveu de ma compagne alors ne te prend pas pour une reine.
Je détestais cet homme. De quel droit osait-il parler comme cela à Cally ? Ah oui, c'était le "Bêta". Je vis Cally baissé la tête et serré la mâchoire. Drake ne dit rien, comme si cela était naturel. Pourquoi ? Était-il habituel qu'il relâche ses nerfs sur Cally ? Cela devait surement être sa petite vengeance sur elle pour avoir fait les quatre cents coups à Tara. Et comme il ne pouvait se venger sur moi, il en faisait baver deux fois plus à Cally.
Et puis son compagnon était un commandant. Il travaillait très dur pour maintenir la sécurité et les ordres de l'Alpha sur le champ de bataille et de protection. Le rang d'un commandant n'est pas vraiment haut placé bien que son métier soit quand même difficile. Certes, il était bien placé dans la hiérarchie mais sa valeur n'avait rien à voir avec celle de Bêta. Alors que je me souviens de ces humains qui partaient défendre notre pays et qui étaient considérés comme héros, les combattants d'ici ont presque un rang d'esclave et être commandant c'est échappé à ce supplice.
Il y avait notamment cette différence entre les humains et ces monstres : tandis qu'un humain choisit ce qu'il veut faire, qu'il décide de son avenir et de ses ambitions, cela est imposé par le sang chez ces monstres. Être un combattant ou quoi que ce soit était dans leur nature.
Et un combattant ou commandant, ainsi que les Omégas qui sont, eux, les "servants" des loups garous, possédaient un sentiment de soumission et de devoir envers leurs supérieurs hiérarchiques égal voir plus élevé à leur amour et devoir envers leurs compagnes. C'est surement pour cela que cet homme se permettait de cracher sur Cally comme si cela était naturel et je ne pouvais le tolérer.
- Comment oses-tu parler ainsi à Cally, McGregory ?, dis-je alors froidement, crachant son nom avec le regard le plus intimidant que j'avais en réserve.
Je vis du coin de l'œil Drake haussé les sourcils, le choc et l'amusement écrit dans ses yeux alors qu'il plaçait ses mains dans ses poches. Cally ouvrit grand la bouche et les yeux, sous la surprise d'entendre ma voix pour la première fois depuis plus de trois ans et Kyle était dans le même état sauf qu'il y avait une lueur de peur dans ses yeux. La surprise devait venir du ton de ma voix.
- Je ne veux plus jamais t'entendre parler sur ce ton à Cally. Elle est pour moi la personne la plus importante de cette maison. TU ne lui arrives même pas à la cheville., finis-je du même ton qui glacerai l'eau tant il était froid.
Abasourdie, Kyle se tourna vers Drake qui haussa les épaules, le regard fier et un petit sourire sur les lèvres. Malgré cette posture, on pouvait remarquer que mes mots l'avaient blessé, n'étant pas ma personne préférée ici.
Loin de là.
Le bêta sortit alors, ne sachant que dire ou faire. Je me tournai alors vers Drake. Ce dernier me fit un léger sourire et commençait à partir. Il s'arrêta au pas de la porte et déclara :
- Kyle a tort. Tu as commencé bien avant Cally de retourner la vie de tous à l'école. Lorsque ton amie est venue, ton caractère n'a pas changé. Seulement, avec une complice, on fait deux fois plus mal. Je dirai même que tu es celle qui a influencé l'autre. Je vous ais à l'œil, toutes les deux.
Puis il ferma la porte. Cally me prit alors dans ses bras, me serra fort et me murmura à l'oreille :
- Ta voix est parfaite. Ravie d'avoir pu l'entendre de nouveau.