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Mariage forcé: Chapitre 4 Mon frère Yaya vient aujourd'hui et vu qu'il ne reste pas longtemps à cause de son boulot, je dois profiter au maximum de lui. Quand les cours se terminent, je m'empresse de rentrer à la maison et dès que je le vois au salon assis sur le canapé, je saute sur lui. -Hey mais fais doucement, tu risques de m'éclater les os, tu n'as plus 20 kilos je te signale -Moi : Ah bon c'est comme ça tu me reçois ? Yafoye (pas grave) Je me relève et pars dans ma chambre, quelques minutes après, on toque à la porte, je sais que c'est lui -Laisse-moi hein, je ne veux pas te parler - Ah bon ? Ok, je pars donner le cadeau que je t'ai apporté à quelqu'un d'autre  J'ouvre directement la porte et ressaute sur lui -Tu m'as manqué sœurette -Moi aussi koto, tu m'as amené quoi ? -Escort la va, c'est pour le cadeau tu as ouvert neh ? -Non mais ça fait parti. Alors c'est quoi ? Il me donne un sachet avec toute la gamme de victoria secret dedans. Oh lala qu'est-ce que je l'aime mon frère - Tu es le meilleur bruh -Oui je sais, tu as le meilleur frère au monde et un beau gosse en plus -Hahaha, modestie tu connais -Non ça veut dire quoi ça ? On sort se promener en discutant et en rigolant, il me décrit un peu sa vie et je l'envie tellement, il vit seul avec son petit boulot, et son petit appartement, personne pour lui imposer un mariage. Pendant qu'on mangeait au tacos une idée me vient en tête, celle de lui présenter Linda. Je lui envoie un texto pour lui dire de sortir j'ai quelque chose à lui donner, elle rage un peu en disant de monter, qu'elle est fatiguée mais j'insiste et elle finit par accepter. Avec Yaya, on s'assoit sur le capot de la voiture puis je la vois sortir en mode blédard, elle porte un pagne, un t-shirt large, un foulard de mama africa sur la tête et les chaussures de son daron, elle est folle cette fille. Je lui lance à haute voix parce qu'elle est encore loin -Moi : Tu as cru que tu faisais un théâtre sénégalais là ou quoi ? Elle me répond tout en continuant d'avancer vers moi -Je vais te bastonner tu vas voir, tu as intérêt à avoir une bonne raison de me faire sortir alors que j'étais bien devant la TV en train de manger des... Elle bloque direct quand elle voit mon frère. La pauvre, elle a cru je suis seule. Elle me lance un regard noir qui veut dire ''je vais te tuer'', je lui souris et fais les présentations -Yaya : Contente de te rencontrer, Marianna m'a beaucoup parlé de toi -Linda : Euhh... M...oi au...ssi Elle baisse les yeux, elle a honte de mon frère parce qu'il lui fait de l'effet ça se voit. C'est une vraie pie et si elle se tais face à un homme c'est qu'il y'a quelque chose. Alors je l'enfonce encore plus pour lui faire payer la scène de l'autre fois avec Ibrahim. -Moi : C'est lui que tu avais vu dans mon phone et tu as dit que s'il te drague tu ne refuses pas -Yaya : Ah bon ? Content de te plaire alors Il lui sourit. Mon frère c'est un charmeur de première classe en même temps avec son physique, il ne laisse pas beaucoup de monde indiffèrent. Linda me lance un regard de killeur -Tu n'avais pas besoin de préciser ça, j'ai des yeux je te signale On reste un peu puis on rentre. Je reçois un texto de Linda Je montre les SMS à Yaya, c'est une manière de les caser -Hahaha, elle est folle comme toi celle la -J'avoue, tu lui plais hein -Oui je sais, ça se voyait à la manière dont elle me parlait en baissant les yeux ce qui est normal d'ailleurs, je suis trop un tombeur Aucune modestie le gars -Et toi alors ? -Moi quoi ? -Avoue que tu as flashé sur elle, je voyais la manière dont tu l'a regardais en souriant -Pas du tout et en plus Il me donne une tape derrière la tête avant de continuer -Depuis quand tu te mêles de ma vie privée toi ? -Aie !!! Je sais qu'elle t'a plu. Avoue. -OK c'est bon, j'ai flashé mais juste flashé rien de plus. -Ça Commence toujours comme ça. Les jours suivants, je passe presque tout mon temps libre avec Yaya, on rattrapait 5 ans de séparation, il s'est rapproché de Linda et a même son numéro, ils se parlaient souvent ce qui me fait plaisir. L'approche du mariage se fait de plus en plus ressentir chez moi, mes tantes et cousines venaient le matin pour ne repartir que tard la nuit, d'autres dorment même là-bas. J'essaye d'oublier en passant le moins de temps possible à la maison, je suis tout le temps soit avec mes amies, soit avec Yaya qui se connaissent d'ailleurs très bien maintenant. Le soir quand je me couche et que je suis seule, je pense à ma vie future et laisse couler quelques larmes ce qui me fait du bien. Je dors avec Yaya à l'hôtel Parce qu'il n'y a plus de place chez ma tante. Ibrahim, je n'avais pas de nouvelle de lui et tant mieux. Un soir, j'entre dans une sérieuse discussion avec Yaya -Tu sais j'ai parlé avec Ibrahim aujourd'hui et il s'avère qu'on se connaissait quand on était petit, on jouait même ensemble  -Ah c'est bien c'est devenu ton meilleur ami. -Il m'a aussi parlé de toi et de ton comportement envers lui - Et il t'a dit quoi ? -Que tu n'arrêtes pas de mal lui parler et de l'insulter -Ah bon, et il t'a aussi dit qu'il a tiré mes cheveux et serré mon cou -Oui et c'est compréhensible de sa part et tu devrais remercier Dieu qu'il n'a pas fait pire -Tu es sérieux la Yaya ? -Y'a une chose que tu dois comprendre, les hommes ne supportent pas le manque de respect encore moins venant d'une personne qui est censé être ta femme sous peu. S'il se laisse faire quelle éducation vous donnerez à vos enfants ? As-tu une fois vu maman manquer de respecter à papa ?  C'est ton mari et tu dois le respecter ! -Ah je vois, la solidarité masculine hein ? C'est bien et je crois que je vais dormir ailleurs -Fâche toi si tu veux mais je ne t'encouragerais pas à te foutre de lui et puis tu veux dormir ailleurs pas de problème mais tu ne sors pas d'ici seule. Yaya et moi nous avons le même caractère, donc quand on se fâche ce chacun fait sa fierté de son côté et je sais que j'ai intérêt à faire ce qu'il dit si je veux dormir ailleurs. J'appelle Fatima pour lui demander de venir me chercher, elle vient avec son frère. Je ramasse quelques affaires et les mets dans un sac -Tu pars chez qui et avec qui ? Je ne lui réponds pas et continue ma besogne, je n'ai pas envie de lui parler, je lui en veux trop. J'ai l'impression qu'il m'abandonne la, il donne raison à l'autre c*****d or moi je suis sa sœur, c'est moi qu'il doit soutenir normalement et s'il ne le fait pas qui le fera ? Toute la famille pense que le courant passe bien entre Ibrahim et moi or c'est loin d'être le cas, il est le seul à connaitre la vérité et il me dit que je l'ai provoqué -Tu sais que si tu ne réponds pas tu ne vas pas sortir d'ici n'est-ce pas ? -Je pars chez Fatima et avec Fatima et son frère et si tu ne me crois pas tu peux venir voir. Je sors en claquant fort la porte.  Aujourd'hui nous sommes Samedi 28 Septembre, le jour de mon mariage. Oh non le cauchemar !!! Cette nuit-là, j'ai dormi chez Linda avec Fatima. Le mariage religieux se fait en Guinée, le civil ici suivit d'une fête chez ma belle-famille. Les filles et moi avons discutées jusqu'à 4 heures, personnes n'arrivaient à dormir, elles faisaient de leur mieux pour pas que je déprime, on a même fait une conférence téléphonique avec les gars et les disputent de Fatima et Souleymane nous ont bien divertis. A 10h la mère de Linda nous réveille pour nous préparer. Chez moi c'est le marché, les tantes, cousines et amies étaient en train de se préparer aussi, il y avait beaucoup de nourriture africaine : du lathiri, riz gras, couscous... On fait notre toilette à tour de rôle. Entre temps les coiffeuses et maquilleuses viennent. Elles me font un tissage avec des brésiliennes et les coiffent en un joli chignon, le maquillage est simple et léger pas question de ressembler à un pot de peinture. On s'habille et les filles m'entraînent à mieux marcher avec mes chaussures pour éviter tout risque de cassage de gueule devant tout le monde. Le rendez-vous à la mairie est à 15h et à 14h30, nous étions prêtes. -Moi : Vous êtes belle les filles, Linda mon frère va tomber  KO et toi Fatima, Souleymane va directement aller demander ta main -L : Et toi Ibrahim va tomber raide dingue -F : Et s'il ne l'est pas c'est qu'il est soit aveugle soit PD -Moi : Hahaha j'en doute mais merci quand même Ma tante entre dans la chambre, elle porte un Basin bleu avec des bijoux en or, elle est magnifique. Elle me prend dans les bras - T.Hasso : Je suis fière de toi ma fille et tu es magnifique  -Moi : Merci tata toi aussi tu es toute belle on dirait une jeune fille -T.Hasso : Donc maintenant tu veux dire que je suis vieille ? -L : Non   tata on sait tu es jeune  -T ;Hass : Vous avez intérêt. Bon faut y aller, les autres sont déjà en route C'est Yaya qui conduit et nous sommes toujours en froid, tout au long du trajet je reste silencieuse. La famille nous attend devant la porte, dès que je descends ils commencent à applaudir et à crier. Ma belle-famille est déjà sur place, les gens s'écartent et me laisse passer. Tout le monde a les yeux fixés sur moi ce qui me met mal à l'aise et j'ai peur de tomber avec mes talons car mes pieds tremblent. Puis juste au milieu de la salle je le vois en train de parler avec sa mère et Samia, je bloque sur lui pendant 5 secondes, il porte de boubou blanc, ses cheveux sont un peu plus courts que la dernière fois et il a une petite barbe qui lui va trop bien bref il est trop beau. Je me sens comme une tache devant lui, je ne fais pas le poids. Samia vient vers moi -Il est beau hein ? -Oui... euh enfin je vou..lais dire non oh fou moi la paix -Hahaha si t'étais blanche tu serais plus rouge qu'une tomate -Tchiiip Le maire ordonne de nous asseoir, les mariés et les témoins prennent place devant lui. Mes témoins sont Fatima et Linda. Ibrahim ne me jette même pas un regard il a la mâchoire serrée et les sourcils froncés preuve qu'il est énervé. Le maire commence à faire son discours habituel puis vient le moment où il nous demande de nous lever, on s'exécute et il dit : « Mr Ibrahim Diallo, acceptez-vous de prendre pour épouse mlle Marianna sall ? » Pour la première fois depuis que je suis dans la salle il me regarde, nos regards se croisent un instant puis il détourne les yeux. Ses yeux marrons sont magnifiques, je n'ai jamais vu comme tel. Il finit par dire ''oui''. Le maire reprend : « Mlle Marianna Sall, acceptez-vous de prendre pour époux Mr Ibrahim Diallo? » Mon regard croise celui de mon frère, je lis dans ses yeux de l'encouragement et il me fait un oui de la tête. Je ferme les yeux et pense à ma maman, je veux qu'elle soit fière de moi et lui rendre son honneur et pour ça il ne suffit que d'un oui. J'ouvre les yeux, regarde la maire et dis ''oui''. Le maire reprend : « Je vous déclare mari et femme, veillez embrasser la mariée » on se met face à face, il me regarde, se rapproche de moi et s'abaisse pour me faire un bisou sur le front. Les cris et les applaudissements fusent dans la salle pendant un moment ; On se lève et on se dirige vers la sortie. On est dans la même voiture pour le cortège jusqu'à la fête et on n'est qu'avec le chauffeur, l'ambiance est plombée et le trajet se fait dans le plus grand silence, je regarde le paysage tandis que lui est concentré sur son téléphone surement en train d'écrire des messages. On arrive, descend et entre dans la maison. La décoration est magnifique en rose et blanc avec de la musique guinéenne, sénégalaise et arabe. Je me dirige vers ma b***e d'amis qui sont ensemble comme à leur habitude -Julien : Wesh madame Diallo -Moi : Appelle moi comme ça encore et je te pète la gueule, je m'appelle Marianna Sall pas madame je ne sais pas quoi la. -Salif : Mais faut être fier de porter le nom de ton mari Je le regarde de travers et lui lance un ''tchiiip'' -Souleymane : Il a raison, j'espère que toi Fatima tu seras fier de porter mon nom ? -Fatima : Ton nom d'esclave la ? Non merci -Souleymane : Ah bon ? alors je crois que je vais accepter la proposition de ma daronne d'aller au bled et épouser une fille qui sera fier de porter mon nom. Fatima l'attrape par le bras et le tire vers la sortie. Je les regarde en riant jalouse de leur couple parce que je suis sure de ne jamais connaitre le sentiment qu'ils ressentent l'un envers l'autre, je suis condamner à vivre avec un homme que je n'aimerais jamais et qui ne m'aimera jamais, triste destin. Les gens commencent à danser le sabar (danse sénégalaise), je les regarde avec amusement en riant sur certains jusqu'à ce que Yaya vienne me dire de le suivre dehors, je le suis et il me dit :  -Tu vas me faire la tête encore combien de temps ? -Ça dépend du temps que tu mettras la faute sur moi.  -Je suis désolé OK je n'avais pas à juger entre vous et puis c'est le dernier jour qu'on se verra avant longtemps -Comment ça c'est le dernier jour ? Tu repars mardi non ? -Oui mais toi tu ne seras pas là -Comment ça ? -Ben tu iras en lune de miel -Quoi ??? Il n'en est pas question, j'ai mes cours -Tu n'as pas le choix, le voyage a été offert par la mère d'Ibrahim -Pourquoi on ne m'a rien dis ? -Demande à ton mari -Non je ne lui parle pas à cet imbécile.  -Toi tu ne tiens pas à ta vie, bon tu me pardonnes ? Tu me manques la Je lui fais un énorme câlin et on rentre. Je me dirige vers ma tante pour lui demander -C'est quoi cette histoire de lune de miel ? -Ah ton mari ne te l'a pas dit ? Je pensais qu'il l'a fait c'est pourquoi je ne t'ai rien dit, le voyage a été offert par sa mère - Et ça sera où ? -Demande à ton mari - Tu peux arrêter de dire à chaque phrase ton mari ? -Ton mari. Il faut que tu t'habitue maintenant. Il est hors de question que je lui parle et je suis sure qu'il a fait exprès de ne rien me dire.  L'heure de se changer arrive, je porte un longue robe africaine décolleté au dos plongeant qui fait ressortir ma forme et qui est sexy. Fatima en caftan orange avec des perles et Linda une robe africaine aussi. Quand on retourne au salon, je vois Ibrahim en train de danser avec Adama genre collé serré, c'est écœurant. Je suppose que sa mission ''conquérir Ibrahim'' est lancée, au moins un peu de respect pour la famille. Il s'est aussi changé et porte un Basin blanc avec une broderie indienne de couleur or. Mais qu'est-ce que je raconte-moi ? Je pars m'asseoir sur une sorte de trône. Je ne pouvais m'empêcher de regarder Ibrahim et Adama, je ne sais pas pourquoi, ils dansent trop vulgairement à mon goût surtout avec sa petite robe toute serrée qui met bien en valeur ses seins et sa forme, il doit bien se rincer l'œil celui-là. Je vois Samia venir vers moi et regarde directement Yaya et Linda pour ne pas qu'elle me voit mais trop tard. -Arrêtes de regarder il veut juste te foutre le seum -Tu parles de quoi ? -Je t'ai vu belle-sœur, tu regardes Ibrahim et cette fille avec la haine dans les yeux. -Même pas vrai -Ouais bien sur Vient ensuite la danse des mariés, on met du zouk et y avait que lui et moi sur la piste, tout le monde nous regarde. On se rapproche, je mets mes mains autour de son cou et lui met les siennes autour de ma taille, je suis obligée de me mettre sur la pointe des pieds à cause de notre différence de taille. Bizarrement la proximité de nos corps me donne des frissons, je me surprends à me rapprocher encore plus de lui et plus bizarre il resserre son étreinte. Je me laisse aller au son de la musique et la puissance de ses bras, je ferme les yeux et bouge doucement. Au bout de 3 minutes, la musique coupe, les cris et applaudissement me ramène à la réalité. Ibrahim me repousse brusquement comme la peste, il me regarde d'un air dégoûté et part et je suis sûre que cela n'a pas échappé aux gens car j'entends des voix glousser.  Son geste me fait un pincement au cœur mais je ne m'attarde pas dessus, je pars danser avec mes amies et quelques cousins que je connais, en bonne africaine on a bien manger et danser, c'est mon mariage quand même faut que je profite.  A 00h, Yaya vient m'annoncer qu'il est temps de partir, je dis au revoir aux invités et sort. Y'a Yaya, tante Hasso, tante khadija et Ibrahim. Je dis au revoir à Yaya en versant quelques larmes il va trop me manquer mon frère. Tante Hasso me donne un sac ou il y'a mes affaires qu'elle a préparée à mon insu et on part en  direction l'aéroport. On fait toutes les formalités toujours dans un silence complet lui devant, et moi le suivant, on monte dans l'avion Bruxelles Airlines. Je ne sais toujours pas la destination et je n'ose pas lui demander de peur de me prendre un vent ou pire, une gifle. Il m'a bien fait comprendre de ne pas lui parler et je compte bien respecter ça. Je finis par m'endormir et au bout d'un moment, je sens une secousse, j'ouvre les yeux et vois Ibrahim penché sur moi et me dis de son célèbre ton froid -Lèves toi, nous sommes arrivés On se dirige vers la sortie et là je vois ''Bahamas'' écrit en grand.
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