Chapitre 6

2186 Mots
                           3. Jake Miller était assis sans son salon à lire un journal lorsqu’il aperçut Stanley débarqué, la mine renfrognée. Il ne l’avait pas aperçu à ce qu’il paraissait mais Jake l’interpella avant qu’il n’atteigne le haut de l’escalier : -          Je peux savoir où tu vas à cette vitesse ? Stanley se retourna et dévisagea son père pendant un moment. -          Je vais faire mes valises, finit-il par répondre. Je rentre à New-York. Jake se leva automatiquement. -          Ne me pousse pas à bout Stanley ! Tu resteras ici, à la tête de l’entreprise. -          Je n’ai pas à suivre les ordres. Je ne suis plus un gamin et je fais ce que je veux de ma vie ! -          Vie ? mais quelle vie ? hurla Jake en se rapprochant de lui. Tu ne serais absolument rien sans moi. Arrêtes de me défier et prendre tes grands airs car tu perds ton temps. J’ai dit que tu n’iras nulle part !  -          Papa ! -          Assez j’ai dit ! J’ai organisé un dîner avec tous les associés de l’entreprise ici même pour discuter des problèmes que ton c****n de cousin a créé et c’est toi qui la présideras.  Sans répondre, Stanley se retourna et se dirigea vers l’escalier, faisant sourde oreille face aux protestations de son père. Jake poussa un juron et reprit place dans son fauteuil. Il devint pensif tout à coup. Stanley ne devait en aucun cas quitter le Maroc, pensait-il. Il était occupé à réfléchir à comment empêcher son fils de quitter le pays lorsque son neveu Ricardo entra dans le salon. -          A ce que je vois toi tu n’as rien de fructueux à faire ! hurla Jake à son endroit. Tu te pavane de jour comme de nuit dans cette maison comme si c’était un site touristique. Tu devrais avoir honte de ton comportement Ricardo. Tu as presque conduit l’entreprise à la ruine et au lieu d’essayer de réparer tes erreurs, tu laisses ton cousin tout faire à ta place. Tu as de la chance que je ne t’aie pas fait enfermer. Tu ne me sers vraiment à rien ! Ricardo sourit et s’éloigna ensuite en sifflotant comme si de rien n’était, ce qui eut pour conséquence d’irriter au plus haut point Jake. Ricardo venait à peine d’entrer dans ses appartements lorsque son téléphone se mit à sonner. Lorsqu’il se rendit compte de qui l’appelait, il jeta quelques coups d’œil rapide au couloir pour s’assurer qu’il était bien seul et ferma à double tour sa porte. -          Il est de retour, il y a deux semaines ! fit-il dès qu’il décrocha. -          Je t’avais pourtant dit de me tenir au courant de tout et de faire attention. T’es taré ou bien ? s’écria une voix masculine à l’autre bout du fil. -          Ne me crie pas dessus ok ? D’ailleurs je me fiche pas mal de cette famille de m***e. Je vais quitter le Maroc très bientôt ! -          Tu fais ça, je te bute ! menaça la voix. Tu devrais t’estimer heureux que Jake ne t’ai pas dénoncé à la police. -          Je n’ai peur de personne ! Encore moins de ce vieil abruti.  -       Ricardo !! Ricardo pouffa et se dirigea vers son mini frigo dans lequel il fit sortir une bouteille de whisky. -          Que me veux tu ? Vas droit au but, reprit-il en ouvrant la bouteille. -          Tu ne fais jamais rien comme il le faut, pas vrai ? tu fais toujours foirer tous nos plans. Il t’arrive de réfléchir correctement ? Silence. -          Je vais rentrer ! -          Ne fais pas ça ! menaça Ricardo. -          Je n’ai pas besoin de ta permission à ce que je sache.  -         Il ne te laissera jamais revenir ! -          Je m’en fiche. N’oublie pas que nous avons un objectif. Tant qu’il ne sera pas atteint, je ne me reposerai pas. Je rentre un point c’est tout !  Ricardo voulu ouvrir la bouche mais il avait déjà raccroché.           *** Cela faisait une heure de temps que Kenza s’était enfermée dans sa chambre. Elle s’en voulait d’avoir ainsi perdu le contrôle. Elle se disait que Stanley serait en train de penser qu’il l’intimidait où qu’elle  le fuyait. Pourtant n’avait-elle pas désiré prolonger leur baisé quelques heures plutôt ? Oh elle l’avait repoussé mais c’était au prix d’un grand effort car à peine l’avait-il prit entre ses mains qu’elle s’était sentie fondre. Il fallait qu’elle arrête de se comporter en idiote. Elle n’était plus la même qu’avant et voulait à tout prix que Stanley le sache.     L’on frappa à sa porte et elle se redressa dans son lit. C’était sûrement sa mère. Il fallait qu’elle s’excuse auprès d’elle car sa mère avait toujours été là pour elle.  -          Entre ! fit Kenza. Lorsque la porte s’ouvrit, ce fut Zahra qui entra. -          Maman ? fit-elle d’une petite voix.  -        Oui mon bébé, tu peux entrer. Zahra referma la porte derrière elle et monta rejoindre sa mère sur le lit. Elle avait l’air triste. -          Qu’est-ce qui ne va pas ? questionna Kenza, l’air inquiet. -          Rien… Kenza plissa le front. -          Depuis quand me mens tu ? Raconte-moi. Il s’est passé quelque chose à l’école ? -          Oui, répondit timidement Zahra. C’était pendant la récréation. Je mangeais avec mes copains et Timéo s’est approché.  - C’est qui Timéo ? Un copain ? -          Non. On est dans la même classe. Il…il a dit que personne ne m’aime et c’est pour ça que… que je n’ai pas de papa et que je ne pourrai pas participer à la fête parce que eh bien, mon papa il ne pourra pas m’accompagner. Dis maman, il est où mon papa ? Kenza eut l’impression que son cœur allait sortir de sa poitrine tellement l’expression triste sur le visage de sa fille était douloureuse. Zahra la regardait de ses petits yeux noirs, en quête d’une réponse. Evidemment elle devait lui répondre quelque chose mais quoi ? Même si elle le voulait, Kenza ne pouvait pas avouer à Zahra le type d’homme qu’était son père. Elle ne voulait pas lui dire que contrairement à ce que son ami Timéo avait dit, elle avait bel et bien un père mais qu’elle sa mère, ne lui permettrait jamais de le rencontrer parce qu’elle le haïssait de toutes ses forces. Prenant une profonde inspiration, Kenza se força à sourire à sa fille et la prit entre ses bras. -          Zahra ma chérie, commença-t-elle d’une voix qu’elle voulait rassurante. N’écoute pas ce que dis ton ami ok ? Tout le monde t’aime parce que…tu es une petite fille adorable ! -          D’accord mais pourquoi il n’est pas là mon papa ? Il ne m’aime pas lui ? Elle se détacha de sa mère et recommença à la fixer. Ses yeux s’emplirent de larmes et ses lèvres se déformèrent petit à petit. Kenza sut d’office qu’elle allait pleurer. Zahra faisait toujours cette mine avant d’éclater en sanglots. Très vite, Kenza décida de reprendre la parole. -          Ma chérie…ne dit pas ça ok ? Ton papa t’aime et très fort, crois-moi. C’est juste que…il soit très occupé pour le moment. Il est dans un pays très loin d’ici mais il reviendra très bientôt nous voir. Ne fais pas cette tête s’il te plait. Tu veux me rendre triste ? -          Non ! fit la petite fille en reniflant. Tu es sûre qu’il va revenir ? -          Oui mon bébé. Il va revenir. Maintenant viens dans mes bras que je te fasse un câlin. Zahra se jeta dans ses bras et Kenza la serra contre elle, le cœur gros. Kenza s’en voulait de lui mentir ainsi mais elle ne trouvait pas d’autres solutions. -          Pourquoi ta fête d’anniversaire a été annulée ? questionna à nouveau Zahra, oubliant le précédent comme par enchantement. -          J’avais vraiment mal à la tête et je ne voulais pas que ta mémé se fatigue pour rien mais on fera ça dans le week-end. Promis. -          Ok.                                                         *** -          Kenza est dans sa chambre avec Zahra ! dit Pamela à Haranza qui venait d’arriver. -          Ok, je me suis inquiétée lorsque vous m’avez appelé, Pamela. -          Oui, désolée. C’est juste que je ne savais plus trop comment réagir. Elle était rentrée très en colère et nous nous sommes disputées. -          Je vois. Je monte la voir mais bon, ne lui en voulez pas trop. Vous savez à quel point cette histoire l’affecte. -          Je lui ai parlé dans toutes les langues possibles mais elle refuse catégoriquement d’être raisonnable, répondit Pamela en soupirant. Essaies de ton côté mais comme tu le sais, Kenza est vraiment têtue. -          Ok, je vais essayer à mon tour. Ne vous inquiétez pas. Ça ira.     Haranza prit l’escalier et se dirigea vers la chambre de Kenza. Arrivée devant la porte, elle toqua et attendit quelques secondes mais ne reçut aucune réponse. Lentement, elle ouvrit la porte et se figea devant la scène qu’offraient Kenza et Zahra endormies. Elles avaient l’air tellement mignonnes l’une dans les bras de l’autre qu’Haranza ne put s’empêcher d’avoir un pincement au cœur. Elle repensait à la famille qu’elle aurait formée avec son mari et son bébé si seulement il n’y avait pas eu l’accident dans lequel son mari avait perdu la vie. Enceinte avant l’accident, elle fit une fausse couche et depuis, ne pouvait plus concevoir. Elle ferma brièvement les yeux pour chasser ses mauvais souvenirs et se dirigea vers le lit où elle entreprit de réveiller Kenza. -          Haranza ? Qu’est-ce que tu fais là ? questionna Kenza en se redressant  -          Je suis venue te voir. Kenza quitta le lit en faisant attention à ne pas réveiller Zahra et suivit Haranza dans son bureau. -          Je suis désolée Anza. Maman a du t’informer que la fête de ce soir est annulée.  -        Exact. Mais ce n’est pas pourquoi je suis là. Il faut qu’on discute, Kenza. Kenza roula des yeux et soupira. -          Parler de quoi ? -          Que se passe-t-il avec le père de Zahra ? -          Zahra n’a pas de père. -          Arrêtes de te comporter comme ça, voyons ! tu dois prendre une discussion qui n’affecte pas ta fille et la meilleure c’est qu’elle sache qu’elle a un père. Que lui dirait tu lorsqu’elle commencera à te poser des questions ? -          Zahra vit très bien sans son père, Haranza. Je suis fatiguée que tout le monde me parle sans cesse de Stanley. Où était-il lorsque j’en avais besoin ? Donc c’est aussi facile que ça ? qu’il parte pendant des années et revienne pour prendre sa fille comme si c’était un placement en banque ? Non merci, il n’en saura rien, un point c’est tout ! -          Personne ne parle de l’accueillir à bras ouverts. Nous savons toutes que Stanley n’est qu’un s****d mais si nous insistons autant, c’est pour Zahra. -          Ce n’est pas la peine de vous inquiéter car elle n’aura jamais besoin de lui. Si ça ne te dérange pas, je vais retourner me coucher. J’ai vraiment mal à la tête. Haranza se contenta d’hocher la tête puis rentra chez elle après avoir dit à Pamela à quel point c’était inutile d’insister pour que Kenza dise ma vérité à Stanley. 
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