Premiers frissons, nouveaux souffles

1050 Mots
La journée de travail touchait à sa fin. Victor, assis dans sa voiture garée devant son bureau, fixa l’écran de son téléphone un instant. Un soupir lui échappa. Puis il ouvrit sa messagerie. Ses doigts tapèrent rapidement quelques mots. > Victor : Bonsoir Lyna. J’aimerais beaucoup te voir ce soir, si tu es libre. J’ai envie de passer un moment agréable avec quelqu’un qui m’écoute… Je suis dans un petit café tranquille, au coin de l’avenue Pasteur. Tu me rejoins ? Il hésita à appuyer sur "envoyer", puis cliqua. Quelques secondes à peine plus tard, son téléphone vibra. > Lyna : Bonsoir Victor ! Ton message me touche beaucoup… Bien sûr que je viens ! Prépare-toi, j’arrive avec mon plus beau sourire. Ce sera notre bulle de douceur ce soir. Victor sourit, touché par sa simplicité et la tendresse de ses mots. Il se détendit, pour la première fois depuis longtemps. --- Pendant ce temps, chez Élise... Elle venait à peine de poser les sacs de courses sur la table. Fatiguée, elle s’assit sur le canapé, un peu perdue dans ses pensées. Depuis cette rencontre inattendue avec ce bel inconnu au volant de sa voiture de luxe, son cœur battait autrement. Adam… Ce prénom tournait en boucle dans sa tête. Elle avait été surprise par sa politesse, son regard franc et l’aisance avec laquelle il lui avait parlé. Et surtout, il avait su la faire sourire. Son téléphone vibra. Elle sursauta légèrement, s’en empara avec empressement. > Adam : Bonsoir Élise. J’espère que tu vas bien. Je voulais savoir… est-ce qu’on pourrait se voir demain ? J’aimerais apprendre à mieux connaître la femme au sourire discret mais lumineux. Un sourire tendre étira les lèvres d’Élise. Elle resta un instant les yeux rivés sur le message, puis répondit sans hésiter : > Élise : Bonsoir Adam. Je vais bien, et ton message vient d’illuminer ma soirée. Bien sûr qu’on peut se voir demain. Je serai ravie. Dis-moi simplement l’heure et le lieu. Elle relut ses mots, le cœur léger. Pour la première fois depuis longtemps, elle n’avait pas pensé à Antoine en lisant un message. Et cela ne lui avait même pas fait mal. --- Retour à Victor... Lyna arriva peu après, vêtue simplement mais avec une élégance naturelle. Victor se leva pour l’accueillir, un sourire sincère au coin des lèvres. — Tu es radieuse. dit-il, en lui tirant une chaise. — Et toi, tu as l’air plus détendu qu’hier. Je suis contente de te voir comme ça. répondit-elle en s’asseyant. Ils passèrent une partie de la soirée à discuter de tout, à rire, à partager des anecdotes. C’était simple. Fluide. Victor avait l’impression d’avoir retrouvé une part de lui-même qu’il avait oubliée. Il se surprit à la regarder longuement, avec une tendresse qu’il ne croyait plus possible. Et au même moment, Élise, seule sur son canapé, sentit naître en elle une lueur d’espoir. Peut-être qu’il était encore possible de rencontrer quelqu’un qui l’écouterait. Quelqu’un qui la verrait vraiment. Deux personnes. Deux soirées. Et un même frisson d’un possible nouveau départ. Suite de la soirée – Victor et Lyna Le café avait cette atmosphère feutrée que Victor appréciait : lumière tamisée, musique douce, et peu de monde. Parfait pour discuter sans se sentir observé. Lyna sirotait un chocolat chaud, un sourire aux lèvres. Victor, face à elle, buvait un café noir. — Tu sais, Victor… tu as l’air d’un homme qui porte beaucoup en lui, mais qui parle peu. dit-elle en posant sa tasse. Victor haussa légèrement les épaules. — C’est parce qu’il n’y a plus vraiment quelqu’un qui écoute, tu vois ? Parfois, j’ai l’impression d’être un fantôme chez moi. Lyna baissa les yeux, comme si ses mots résonnaient douloureusement en elle. — Et pourtant, tu continues d’aimer, tu continues d’essayer… — Je crois que je me suis perdu en essayant de sauver un mariage à sens unique. répondit-il. Un silence. Pas pesant, mais plein de compréhension. — Tu mérites mieux. souffla-t-elle, en posant doucement sa main sur la sienne. Victor la regarda, surpris par ce geste. Il ne retira pas sa main. Au contraire, il serra légèrement les doigts de Lyna. — Et toi, Lyna… tu es seule ? demanda-t-il avec douceur. — Oui. Par choix. Je préfère être seule que mal accompagnée. Mais ce soir, je ne suis pas seule. dit-elle avec un sourire timide. Leurs regards se croisèrent, plus intenses. Il n’y eut pas de b****r, pas ce soir. Mais une promesse muette était née entre eux : celle de continuer à se découvrir, doucement, sans précipitation. Ils quittèrent le café main dans la main, dans un silence complice. --- Le lendemain – Rendez-vous d’Élise et Adam Le soleil brillait doucement sur la ville, baignant les rues d’une lumière dorée. Élise avait choisi une robe simple, claire, qui faisait ressortir son sourire. Elle arriva devant le parc où Adam lui avait donné rendez-vous. Il l’attendait près d’un banc, vêtu d’un pantalon beige et d’une chemise bleue. Lorsqu’il la vit, il se leva immédiatement et s’avança vers elle, souriant. — Bonjour Élise… Tu es encore plus belle à la lumière du jour. dit-il en l’embrassant légèrement sur la joue. — Merci, Adam. Tu es très élégant aussi. Ils s’assirent ensemble, un peu nerveux au début, mais très vite, la conversation devint fluide. — Alors, raconte-moi… Qui est Élise ? demanda Adam en la regardant droit dans les yeux. Elle hésita, puis sourit tristement. — Une femme qui a trop longtemps cru qu’aimer suffisait pour être heureuse. Adam hocha doucement la tête. — Et moi, je suis un homme qui a trop longtemps couru après ce qui brillait, sans voir ce qui avait de la valeur. Leurs regards se croisèrent, sincères. Ils parlèrent longtemps, de leurs douleurs, de leurs espoirs, de leurs silences respectifs. À la fin de la promenade, Adam la raccompagna jusqu’à sa voiture. — Je t’avoue quelque chose ? dit-il en se grattant l’arrière de la tête. — Dis-moi. — J’avais hâte de te revoir… et maintenant, j’ai encore plus envie de te revoir demain. Élise éclata de rire, le cœur plus léger. — Moi aussi, Adam. Demain, ou même après-demain. On se tient au courant ? — Promis. Ils se quittèrent sur un dernier sourire, et cette fois, Élise ne pleura pas. Elle souriait, vraiment.
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