Chapitre VIIILady Edgermond était depuis deux jours à sa terre, et ce soir là même il y avait un grand bal chez elle. Tous ses voisins, tous ses vassaux lui avaient demandé de se réunir pour célébrer son arrivée ; Lucile l’avait aussi désiré, peut-être dans l’espoir qu’Oswald y viendrait ; en effet, il y était lorsque Corinne arriva. Elle vit beaucoup de voitures dans l’avenue, et fit arrêter la sienne quelques pas ; elle descendit, et reconnut le séjour où son père lui avait témoigné les sentiments les plus tendres. Quelle différence entre ces temps qu’elle croyait alors malheureux et sa situation actuelle ! C’est ainsi que dans la vie on est puni des peines de l’imagination par les chagrins réels, qui n’apprennent que trop à connaître le véritable malheur. Corinne fit demander pourquoi


