Chapitre IIICombien elle est malheureuse la femme délicate et sensible qui commet une grande imprudence, qui la commet pour un objet dont elle se croit moins aimée, et n’ayant qu’elle-même pour soutien de ce qu’elle fait ! Si elle hasardait sa réputation et son repos pour rendre un grand service à celui qu’elle aime, elle ne serait point à plaindre. Il est si doux de se dévouer ; il y a dans l’âme tant de délices quand on brave tous les périls pour sauver une vie qui nous est chère, pour soulager la douleur qui déchire un cœur ami du nôtre ; mais traverser ainsi seule des pays inconnus, arriver sans être attendue, rougir d’abord, devant ce qu’on aime, de la preuve même d’amour qu’on lui donne ; risquer tout parce qu’on le veut, et non parce qu’un autre vous le demande, quel pénible sentime


