Chapitre IIICorinne avait résolu de donner une fête à lord Nelvil pendant les huit jours de délai qu’elle avait demandés ; et cette idée d’une fête s’unissait pour elle aux sentiments les plus mélancoliques. En examinant le caractère d’Oswald, il était impossible qu’elle ne fût pas inquiété de l’impression qu’il recevrait par ce qu’elle avait à lui dire. Il fallait juger Corinne en poète, en artiste, pour lui pardonner le sacrifice de son rang, de sa famille de son pays, de son nom, à l’enthousiasme du talent et des beaux-arts. Lord Nelvil avait sans doute tout l’esprit nécessaire pour admirer l’imagination et le génie ; mais il croyait que les relations de la vie sociale devaient l’emporter sur tout, et que la première destination des femmes et même des hommes n’était pas l’exercice des f


