« M. le préfet de la Somme attend toujours, n’est-ce pas ?… Faites-le entrer. » Le préfet de la Somme entra, blême et souriant, en redressant sa petite taille. Il fit son compliment au ministre d’un air correct. Rougon, un peu alourdi, attendait. Il le pria de s’asseoir. « Voici, monsieur le préfet, pourquoi je vous ai mandé. Certaines instructions doivent être données de vive voix… Vous n’ignorez pas que le parti révolutionnaire relève la tête. Nous avons été à deux doigts d’une catastrophe épouvantable. Enfin, le pays demande à être rassuré, à sentir au-dessus de lui l’énergique protection du gouvernement. De son côté, Sa Majesté l’empereur est décidée à faire des exemples, car jusqu’à présent on a singulièrement a***é de sa bonté… » Il parlait lentement, renversé au fond de son faute


