VILorsque Lydie, dans le paroxysme de sa douleur et de sa rage, avait pris la résolution de se venger de Raimond, si une puissance infernale avait mis à sa disposition les moyens d’accomplir son projet, elle eût foudroyé, en une seconde, celui qu’elle haïssait. Avec le temps et la réflexion elle était devenue plus raffinée, et maintenant elle avait décidé de le faire souffrir. Elle y trouvait du plaisir. L’instinct de férocité, qui était en elle, se développait naturellement. Pendant ces heures de mutisme renfrogné, qui désespéraient tant son mari, elle méditait, et ses idées auraient épouvanté Raimond s’il avait pu les soupçonner. Cette ravissante femme, allongée dans une attitude gracieuse, le front pensif, les yeux demi-clos, combinait la ruine et la mort. Et quand un sourire vague pass


