10 octobre Il vient maintenant presque chaque jour, aux heures les plus insolites. Il est déroutant, fantasque. On croit le tenir, et il vous glisse entre les doigts comme une anguille. Parfois il ne reste que quelques minutes, plus souvent il s’incruste. Je lui ai proposé à deux reprises de partager mon repas, mais il a refusé. Dès que le timbre retentit, Chico se renfrogne. Il répond à peine au bonjour déférent de Ragon, et tout le temps qu’il est avec moi, je l’entends qui mène à travers l’appartement sa ronde torturée. Ragon l’a remarqué. Il a dit, avec son mince sourire triste : — Votre employé me fait penser à ces gros chiens, vous savez, qui grondent sur vos talons. J’ai prié Chico d’être moins désagréable envers mon visiteur. — J’essaierai, mais ça ne sera pas facile. Qu’est-


