— Je pardonne à votre chagrin, monsieur Ragon, je vous pardonne d’être injuste. Mais vous vous trompez : je ne suis pas paisible. Une courte pause, et j’ai ajouté : — Dieu m’est témoin que moi aussi je ferais tout pour la sauver. Je lui ai tendu l’ordonnance. Il a eu un air étonné : — Pourquoi ? Je ne suis pas venu consulter le médecin… — Prenez quand même : vous en avez besoin. Il a saisi le papier, a fait mine d’attraper son portefeuille. — Laissez. Vous avez raison : ce n’était pas une consultation ordinaire. J’ai eu plaisir à vous rencontrer, monsieur Ragon. Il s’est mis debout, en tanguant un peu. Il était comme un grand chien malheureux. Il a murmuré d’une voix timide : — Vous avez dit : plaisir… Vous acceptez donc que je vous revoie ? — Mais bien entendu. Il avait retrouv


