Chapitre 13

1443 Mots
Quand il eut terminé de l'habiller, ils retournèrent dans la salle de séjour. Beau déposa l'enfant par terre au milieu des coussins et s'assit par terre à son tour. — Je vais y aller, Mo, informa soudain Conny en se dirigeant vers l'enfant, elle sur ses talons. — Tu vas revenir ? Il se pencha vers son fils et le souleva en l'air. — Non. Du moins pas aujourd'hui. J'ai beaucoup de travail. Je passerai la veille de ton départ. Et toi, dit-il en s'adressant à Tommy, tu vas bien prendre soin de maman en attendant mon retour. Le petit babilla en réponse. — Tu es un vrai champion, pas vrai ? — Un vrai, approuva Monica en souriant. — J'ai été ravi de faire votre connaissance monsieur Roth. Beau se leva. — Moi de même monsieur. — Même si je n'ai pas passé plus de deux heures, je suis sûr que vous saurez prendre soin de Tommy. Il lui tendit main. — Merci monsieur. Monica le raccompagna à la sortie. Quand ils atteignirent sa voiture, il ouvrit sa portière mais n'y entra pas tout de suite. — Je dois t'avouer que tu n'as pas eu tort. Enfin, si on parle uniquement des compétences de ce type. On ne le connaît toujours pas. Et il m'avait l'air de cacher quelque chose. Il avait presque du mal à répondre aux petites questions que je lui aie posées. — Ça s'appelle de la timidité. Et comme je le dis depuis un moment, s'il prend bien soin de Tommy en notre absence, c'est l'essentiel. — Si, mais... — Mais, le coupa-t-elle, s'il cache quelque chose, c'est sûrement parce que chacun à sa vie privée et avec, ses petits secrets. Tu ne t'attends tout de même pas à ce qu'il nous déballe sa vie. — Très bien, très bien. Si tu le dis. Mais je te préviens, dès qu'il fait quelque chose de travers, tu me préviens, hein ? Elle s'approcha de lui en le regardant droit dans les yeux. Puis une fois assez proche, posa son index contre son torse. — À vos ordres patron, dit-elle en souriant en coin. — Mo, souffla-t-il en lui rendant son sourire. — Tu es trop perspicace, Conny. Arrête d'analyser les gens avec autant de pression. Tu finiras par perdre tous tes employés. Il eut une mine faussement choquée. — Tous ceux que j'ai renvoyés sont partis avec preuve à l'appui, se défendit-il. — Oui, mais pour des erreurs pas très graves. Il l'attira à lui par le menton, et se pencha vers son oreille : — Tu es beaucoup trop gentille avec tes employés. Elle frémit et recula avant de faire une bêtise. — Ce n'est pas la phrase qui court dans mon entreprise ! Il croisa les bras sur sa poitrine, et haussa un sourcil. Il affichait un sourire moqueur. — Et qu'elles phrasent cours exactement ? Elle rit et secoua la tête, avant de prendre une voix de sorcière : — "Si vous faites une seule erreur dans votre travail ou dans vos rendements, vous pouvez dire adieu à votre poste, car Mademoiselle Darcie ne pardonne pas ! " Il éclata de rire. — Ce n'est pas vrai. — Si ! Tu peux être fière de moi, dit-elle en relevant le menton. Il sourit et rapprocha son visage du sien. — Tu vois que j'avais raison quand je disais que tu étais une sorcière. Elle sourit timidement en fouillant dans son regard. Sa respiration s'entrecoupa de temps à autre, alors qu'elle sentait celui de l'homme en face d'elle devenir saccadé. Ses yeux descendirent sur ses lèvres fines, et elle humecta ses lèvres devenir subitement sèche. Il vint coller son front contre le tien, et prit une profonde inspiration en murmurant son prénom à plusieurs reprises. — Conny, tu... tu seras en retard. Elle le disait, mais plus que tout, elle désirait qu'il le fasse. Son front la brûlait, sa gorge devenait de plus en plus sèche, et son bas ventre le réclamait. Inconsciemment, elle se colla contre lui, et rompit l'espace qui les séparait. Un profond soupir sortit de leur bouche à tous les deux, alors qu’ils se dévoraient la bouche avec une passion déconcertante. Il glissa délicatement sa langue dans sa bouche, et bientôt, elle fut satisfaite. Sa gorge revivait, bien que les battements effrénés de son cœur l'empêchaient presque de respirer. Mais elle aurait pu rester là des heures et des heures. Elle enroula un bras autour de ses larges épaules, alors que l'autre glissait dans son dos. La puissance de ses muscles, la force de son corps... tout ça l'avait tellement manquée. Elle gémit contre sa bouche et il se sépara, à bout de souffle. Il colla son front contre le sien et ferma les yeux. Elle, elle le regardait. Elle regardait son beau visage ovale, ses paupières fermées d'où elle devinait un désir ardent, ses lèvres ourlées légèrement entrouvertes. Elle glissa une main dans ses cheveux châtains et les caressa un moment avec une infinie douceur. — Mona... gémit-il en s'humectant les lèvres. — Conny... — Je n'en peux plus, tu sais, souffla-t-il en glissant ses yeux dans les tiens. Son cœur battit à tout rompre. Oui, il en avait envie, et elle aussi. Mais elle préféra jouer. — Tu n'en peux plus de quoi ? Elle avait toujours les mains dans ses cheveux, et exerçait parfois quelques petites pressions. Il la lui prit et embrassa le dos de ses mains. — Tu sais bien. Il se pencha et passa sa langue contre sa lèvre inférieure, et alors qu'elle s'apprêtait à l’embrasser de nouveau, il esquiva vers son oreille. — Vendredi, Mo. On se verra vendredi, susurra-t-il avant de poser un b****r sur son front. Elle était frustrée, mais le laissa partir. Quand la voiture se retourna, elle croisa son regard dans le rétroviseur. Il avait un petit sourire au coin, et avant qu'il ne disparaisse, il étira ses lèvres dans un b****r. Elle rit et secoua la tête avant de retourner à l'intérieur, toute étourdie. Elle croisa Gavin à l'entrée, et se dirigea vers lui. — Mademoiselle ? — Le journaliste est toujours là. Faites-le partir. — Ne vous en faites pas, il n'aura plus les jambes pour revenir, je vous le promets. Elle rit. — Je ne vous demande pas de le frapper, enfin ! — Oh. Elle éclata de rire en entrant à l'intérieur. — Mademoiselle, le repas sera servi dans une minute. — Très bien Gloria, je monte et je redescends. N'oubliez pas de donner à manger à Beau. Il descendra aussi. — Euh... je mets deux couverts, c'est ça ? Demanda-t-elle embarrassée. — C'est un employé comme vous, alors il mange dans les règles. — Euh, oui, bien sûr mademoiselle. Elle retourna dans la cuisine en courant presque. Monica fronça les sourcils et la suivit. Dans la cuisine, les deux femmes, en la voyant, se mirent aussitôt en rang. — Dans quel monde vivez-vous, demoiselles ! S'exclama-t-elle en levant les mains au ciel. Allez, allez, reprenez le travail. Chacune récupéra son poste, et elle s'avança dans la pièce pour s'asseoir sur l'un des tabourets autour de l'îlot central. Un silence pesant régna dans la pièce, alors qu'elle pianotait l'îlot. Elle lança un regard à chacune d'elles. — Est-ce qu'il y aurait un problème ? — Non, mademoiselle, rien du tout ! Tout va à merveille ! s'exclama Alex en forçant un sourire. Monica roula des yeux et saisit une pomme qu'elle roula dans sa main. — Est-ce qu'il y a un problème mesdemoiselles ? Répéta-t-elle. Les filles arrêtèrent leur travail et levèrent les yeux sur elle. — Mademoiselle, ce n'est rien de grave vous savez, commença Gloria. — Moi je vais vous dire ce qu'il y a mademoiselle Darcie, intervint Ilona en lorgnant l'autre. Puis elle s'approcha de Monica de quelques pas. — C'est juste que nous ne savons pas trop comment nous y prendre avec le nouveau. C'est assez embarrassant. — C'est bien Ilona. Fidèle à vous-même, vous n'avez pas peur de dire ce que vous pensez. Écoutez... Elle se leva et se pencha sur l'îlot. — C'est normal que vous vous sentiez gênées. Je ne vous force pas à vous lier d'amitié, d'ailleurs je ne vous ai jamais forcé à quoi que ce soit, non ? — Non madame mademoiselle. — Et tout ce que je veux, c'est... — Une bonne entente, pas de dispute ni de relation personnelle avec les employés, complétèrent-elles ensemble. — Il ne s'est même pas encore installé que déjà vous craignez une cohabitation ? Faites au moins connaissance. Mettez-le à l'aise surtout, je peux compter sur vous ? — Oui mademoiselle.
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