Chapitre6

1332 Mots
Dans la chambre, Maggie était assise sur le lit, un bras de Randy étendu sur son ventre plat. — Je ne veux juste pas te perdre, lâcha-t-elle. — Qui t'as dit que tu me perdras ? Aller, endors-toi. Il l'embrassa sur le front et se pencha pour embrasser la tête du petit, avant de s'allonger. Il appréhendait la journée de demain. Les petits ronflements de Maggie lui indiquèrent qu'elle dormait. Ses dures paroles lui revinrent, le faisant grogner de frustration. Il glissa un doigt sur le front de Randy pour relever le tas de boucles tombées sur son front. Ses longs cils retombaient sur ses joues rondes, qu'une teinte rosée colorait. La joue aplatie contre le lit l'empêchait de bien fermer la bouche, et un filet de bave s'en échappait. Beau sourit, mais la douleur là-dedans l'empêcha d’en profiter. *** Ce furent les pleurs du bébé qui réveilla Monica, comme chaque matin. Elle sauta du lit et courut vers le berceau, d'où Tommy criait à tue-tête. Elle le prit dans ses bras et le borda un moment en chantonnant. Bientôt, ses pleures donnèrent place à un bruit semblable à un rire. Elle rassembla tout le matériel nécessaire pour le bain, ajusta la température de l'eau afin qu'elle soit assez tiède. Ensuite elle retourna dans la chambre fermer les volets. Elle sourit en voyant Tommy s'agiter dans ses bras. C'est vrai que les premiers rayons de soleil étaient beaux ce matin-là. — Après t'être apprêté, tu iras faire un tour avec maman, chuchota-t-elle avant de l'embrasser. Elle l'allongea sur le matelas à langer et le déshabilla, enleva ensuite la couche et entreprit de l'essuyer en prenant son temps. Le petit était toujours calme dans ces moments-là et avait tendance à la regarder comme s'il la voyait pour la première fois. C'étaient ces moments-là qu'elle aimait le plus : Quand elle se réveillait et que sa première pensée était son fils, que la première personne qu'elle touchait, c'était lui, que la première personne à qui elle donnait les soins, c'était lui. C'était un moment intime, voilà pourquoi elle ne demandait jamais l'aide de qui que ce soit quand elle avait la possibilité de s’occuper de Tommy. Quand il fut bien nettoyé, elle lui chatouilla le ventre et il émit un babillement impressionnant, qui la fit rire. Ensuite elle passa au bain, au cours duquel il se débattait beaucoup et éclaboussait l’eau mousseuse sur sa robe de nuit. Une fois sa douche terminée, elle l'allongea sur une serviette qu'elle avait au préalable étalée sur la table à langer. Ce moment était vraiment critique, car Tommy ne restait jamais tranquille. C'était ce moment qu'il choisissait pour s'amuser, c'est-à -dire écraser son pied sur le nez de sa mère. Bien qu'il lui donne du fil à retordre, elle en riait toujours. Elle finit par l'habiller précautionneusement, d'un body bleu, d’une culotte blanche et de chaussettes. Dire qu'au début, elle manquait de pleurer parce qu'elle avait du mal à l'habiller. Mais avec l'aide d'une spécialiste qui l'avait aidé, sa mère, elle avait compris que c'était un jeu d'enfant. Elle enfila une robe de chambre longue avant de descendre appeler Alex. — Bonjour mademoiselle. Bien dormi ? — Très bien dormi, Alex. Et vous-même ? Comment allez-vous ? — Très bien. Le petit prince s'est réveillé, fit-elle remarquer en le prenant des bras de la jeune femme. — Depuis un moment ! Je lui ai déjà donné du lait. Elle embrassa le front du bébé avant de donner quelques consignes avant de rejoindre Ilona dans la salle à manger et s'attabla avant de prendre son portable. — Allô Patrick, avez-vous contacté Marlone ? — Oui mademoiselle. Il m'a spécifié qu'il sera à son hôtel. — Très bien, merci. Elle raccrocha et reporta son attention sur l'apéritif, constitué de pillage de crêpes, de petits pots de corn-flakes au kiwi et fraise, et de pancake au flocon d'avoine et sans oublier son café noir et des fruits joliment dressés dans un plateau. Elle finissait la dernière goutte de café quand on lui annonça que sa mère était là. Si elle ne venait pas d'avaler la dernière goûte de son café, elle l'aurait certainement recraché. Elle se leva et s'essuya rapidement la bouche avant d’aller à la rencontre de sa mère. — Mon Dieu, maman. Qu'est-ce que tu fais ici de si beau matin ? — Eh bien, bonjour, Mo, comment vas-tu ? rétorqua Gwenn Darcie. Monica claqua quatre baisers sur les joues que sa mère lui tendait. — Désolée maman. Bonjour, je vais bien et toi-même ? Si tu n'es pas sortie de la maison sur la pointe des pieds, je me demande comment papa a pu te laisser sortir de si beau matin, enchaîna-t-elle en se dirigeant dans le salon, les talons de sa mère résonnant derrière elle, signe qu'elle la suivait de près. — Ton père quitte la maison très tôt lui aussi. Figure-toi que je tentais de savoir où il allait, et je l'ai perdu de vue. Je suis donc venu te voir. — Maman ! s'écria Monica en se couvrant la bouche des deux mains. Tu ne crois quand même pas… — Je regrette que ton père soit si beau. Même dans la vieillesse, il garde sa beauté de jeunesse et tu sais comment les jeunes filles aiment les vieux hommes de son calibre. Que je l'attrape avec l'une d'elles, il va sentir passé ses boutons de manchette. Monica passa une main par-dessus le bras de sa mère et l'entraîna dans le salon. — Pourquoi tu penses que papa te trompe ? Ce n'est pas parce qu'il sort tôt les matins qu'il a forcément une maîtresse, tu sais. Tu devrais en parler avec lui. — Le jour où il te présentera des frères et sœurs que je n’aurais pas enfantées, tu te souviendras de moi. — C'est pour ça que je travaille dur. Pour ne pas dépendre de l'héritage de papa et après me rendre compte que ma part sera partager en cinq. Sa mère darda sur elle un regard intense, indéchiffrable. — Je suis bien ta mère. — Maman... protesta Monica en s'asseyant. Je plaisante et tu le sais. Papa t'aime. Et je crois qu’il ne serait pas capable de te tromper. Elle était convaincue que son père ne trompait pas sa mère. Cette idée lui était impossible à concevoir, et elle se demandait comment sa mère en était arrivée à de telles conclusions. C'était absurde. L'amour que son père vouait à sa mère était l’un de ses rares sentiments qui tenait bon contre vents et marées. — Il peut m'aimer et me tromper, Monica. Les hommes sont comme ça. Monica frissonna. La discussion, sans qu'elle le voie venir, venait de tourner sur un terrain sensible. Avalant la boule qui entravait le passage de sa respiration, elle déclara : — S'il t'aime, il ne fera pas ça. — Pourtant, je sais que ton père m'aime. — Je crains de commencer par croire que cette histoire de maîtresse soit une plaisanterie maman, souffla Monica en se lissant les cheveux. — Je crois vraiment que ton père a une maîtresse. Je te promets que je n'ai pas senti sa veste, mais j'ai reniflé un parfum de femme dessus, affirma Gwenn avec conviction. — Tout ça ne veut rien dire. Tant que tu ne l’as pas surpris en flagrant délit... — Oh, ma chérie, je suis bête. Je n'aurais pas dû te parler de ça... Monica secoua vivement la tête pour chasser les images déroutantes qui l'assaillaient. — C'est... Si tu ne m’en parles pas, avec qui en discuteras-tu ? Je suis ton enfant unique et ta préférée. En dépit du fait qu'aucun de ses parents n'étaient d'accord avec elle sur son divorce avec Conny, sa mère la soutenait toujours, même si elle n'avait cessé de tenter de la pousser dans le bras de Conny à nouveau. Comme si ce serait facile ! Son père par contre lui en voulait énormément, et depuis cette histoire, ils étaient en froid.
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER