XLVIII

536 Mots

XLVIIIIl ne mourut pas cette nuit-là, cependant. En bas, dans ce « mouroir », le médecin le ranima encore. Pendant plusieurs jours, il continua d’exister et de réfléchir, avec des alternatives d’espoir, ou d’effroi plus glacé devant la mort solitaire. Il prenait un soin obstiné de lui-même, dans la pensée de plus en plus dominante, unique, de durer assez pour revoir sa mère. Chaque jour, une pauvre lettre commencée pour elle traînait sur son lit, une lettre pour lui dire adieu, qu’il se mettait à écrire en hâte de fièvre, avec une effusion de toute son âme, – puis qu’il interrompait par fatigue épuisée, et qu’il déchirait après, dans un moment d’espoir revenu ou d’entêtement à ne pas mourir. Sa « boîte » de matelot – coffret de bois blanc comme ils en ont tous – demeurait à la tête de s

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