Lettre XXXVIII

1405 Mots

Lettre XXXVIII CHARLES À ANATOLE. Paris, 1786 On ne raisonne pas avec les passions, je le sais, et moins avec celles de mon ami qu’avec toutes autres : aussi n’entreprendrai-je pas de t’affliger en te remettant de nouveau sous les yeux les vérités chagrinantes qui ont été le sujet de nos derniers entretiens ; mais dans tous les moments de la vie l’amitié doit ses conseils, même lorsqu’elle est certaine qu’ils ne seront pas suivis. Tâche, mon cher Anatole, d’ouvrir les yeux sur ta situation ; sors un moment de ton cœur, et vois sur quel torrent tu te hasardes. S’il est un vice loin de ton âme, c’est sans contredit l’égoïsme ; et cependant la passion qui t’égare te laisse en batte à ce reproche. Effectivement, Anatole, quel autre intérêt que le tien (je me trompe, que celui de ton amour,

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