L'eau coulant sur sa peau, Aila se figea, la respiration haletante, fixant les fuyards disparaître comme dans un mauvais rêve. Quand un homme s'approcha d'elle pour la remercier, sa main tendue, énonçant dans une langue inconnue quelques mots dont elle comprit le sens, elle tressaillit. Alors qu'elle réalisait que tous les yeux l'examinaient, la peur la tétanisa un instant, le désir de s'enfuir enflant dans son esprit. Après un léger hochement de tête à leur attention, elle siffla Souffle et s'élança vers lui. Dans la foulée, elle l'enfourcha et, après l'avoir talonné, partit sans se retourner. Elle ne parvint à ralentir son rythme que longtemps après, une fois la certitude acquise que personne ne l'avait suivie. Si la pluie avait cessé, les affaires d'Aila demeuraient trempées, mais elle


