Le lendemain, Sin me réveille légèrement. Sa douce voix fut un agréable réveil, bien loin du saut d’eau de la dernière fois.
La soirée de la vieille a été calme, sans apparition de l’Alpha au repas. Je me suis de nouveau assise entre les deux Bêtas mais n’ouvrit pas une seule fois ma bouche sauf pour manger.
Mon corps se sent mal, il se trame quelque chose et j’ai besoin de savoir. Maintenant que ma louve est de retour, je la sens encore plus nerveuse.
Me dirigeant seule vers le terrain d’entraînement, je n’y découvris personne. Et pas de garde collé à mes basques non plus. Alors autant dire que j’en profitais rapidement. Sortant mon téléphone en me dirigeant vers la zone d’entraînement extérieur que j’ai repéré.
J’ai deux personnes à appeler, appelant la plus joyeuse en premier, mon ancienne voisine qui garde mon chien. Au bout de deux sonneries celle-ci me répondit joyeusement en reconnaissant mon numéro.
« Bonjour la plus belle des louves Liaaaaa ! Cria-t-elle à mon combiné que j’écarte d’un coup.
- Juny, comment vas-tu ?
- Très bien ! Bon, mais à cause de ton chien je n’ai plus de vie intime, ni de poulet dans mon frigo. »
Sa voix est froide triste, tel une grande comédienne avant de redevenir joyeux.
« Sinon tout va bien, John est triste de plus avoir sa magnifique voisine…
- Mon cul oui, il a dû faire la fête de la joie à mon déménagement ! »
Je ris, ça faisait tellement du bien d’être éloigné des problèmes de ne plus sentir la meute qui observe le moindre de mes faits et gestes.
« Tu lui diras que les appels qu’il reçoit c’est moi, me rappelé-je de mon méfait avant de partir.
- Attend, elle s’arrêta un long moment, semblant être parti avant qu’une grosse voix soit dans le combiné. Tu voulais me parler ?
- Mon chéri ! M’écris-je en souriant un peu plus, pétillante comme jamais. Je suis heureuse de t’annoncer que je suis allée voir quelques voisines pour leur donner ton numéro. Tu comprends, tu allais tellement me manquer que je ne voulais pas que tu passes une nuit sans pensée à moi mon amour… »
Je pris une voix si triste alors que d’avance j’éloigne le téléphone de mon oreille avec un sourire triomphant en l’entendant m’insulter de tous les noms d’oiseaux possible.
« Pourquoi es-tu fâché ? Pleurniche-je. Tu ne trouves pas que c’est une belle preuve d’amour ?
- Bordel de merde, qui m’a foutu une voisine comme ça ! Sexy mais chiante ! Entendis-je la voix éloigné de mon voisin. Allo ? Lianna ? Tu n’as pas coupé ? C’est Juny. Je ne sais pas ce que tu as fait mais je ne l’ai jamais entendu si furieux, je crois qu’il a parlé de te pourchasser…
- T’inquiète, je dois te laisser, prend bien soin de Cerbère, et pas trop de poulet, ça lui donne d’horrible gaz… »
Après l’avoir salué chaudement, je ne pus m’empêcher de rire seule en regardant mon téléphone. Que la maison me manque, mon petit territoire était ce que j’affectionne le plus. Levant la tête pour fixer le jour se lever dans des vagues de douces couleurs entre le rose et l’orange.
- Tu as un compagnon ?
La voix me fit sursauter, me mettant en défense pour me tourner vers le nouvel arrivant dans mon dos qui a bien caché sa trace. Baissant mes mains en reconnaissant Black, je le fixe de haute en bas.
Il a adopté une tenue faite de noir, un jogging et un large haut qui cache bien trop ses pectoraux que j’affectionnais plus jeune. Son visage laisse quelques’gouttes de transpiration, me montrant qu’il vient de faire une activité sportive.
Son regard meurtrier semble fixer sur mon poignet sans que je comprenne la raison avant qu’à mon tour je regarde mon poignet et y observe mon téléphone sans comprendre.
- Qui est-il ? Gronde sa voix en s’approchant rapidement de moi.
- Houlà… De quoi tu parles ?
- Répond !
Sa voix est violente, puissante, demandant une réponse mais rien ne vient. Je ne comprends pas de quoi il parle.
Oh non.
Comprenant finalement, je lance aussi un regard à ma main avant de souffler, il a entendu ma discussion avec John, mon voisin. Que j’ai appelé chéri pour le faire chier comme à mon habitude.
- C’est John, répondis-je avant de sursauter en sentant sa colère se cogner contre ma louve. Stop ! Je ne suis pas avec lui, et heureusement ! C’est mon voisin dont je passe mon temps à me battre avec !
Il me fixe sans rien répondre, son regard me fait comprendre qu’il ne me croit pas. Ma tête levée pour le fixer, j’attrape ces joues pour laisser ma louve se glisser tandis que la douleur irradie ma cheville pour me forcer à arrêter.
Mais je dois raisonner son loup, il en a besoin. Mon regard laisse doucement un regard gris pâle que je ne laisse voir qu’à peu de monde. Ma louve émit des vibrations rassurantes à son mâle tandis qu’elle l’invite à se détendre.
La laissant faire, je laisse la douleur s’insinuer dans chacun de mes muscles, laissant doucement des angles anormaux se formaient suivi par d’autres qui n’était pas des miens. Alors que mon museau commence à prendre forme, un loup d’un magnifique noir immaculé se trouve déjà devant moi. Il me laisse le temps de me transformer, la sienne ayant toujours était plus rapide. Ma petite louve grise et blanche apparue enfin.
J’étais assez commune comme louve, un peu plus petite que la moyenne, je pouvais passer pour une oméga sans problème. Mais je ne suis pas petite car je suis faible, loin de là, un autre talent me tient les entrailles, et être petite est un avantage considérable.
Laissant ma place à mon côté loup, j’observe d’un œil reculé les événements, elle commence à tourner autour du loup ébène, lui lançant de temps en temps des coups de crocs dans le vide pour lui indiquer de venir jouer. Au début celui-ci resta de marbre, assis sur le sol, majestueux.
Mais à force de venir se rapprocher de plus en plus sans que celui-ci bouge, ma louve s’arrête d’un coup, le fixant avec défi avant de se retourner pour détaler plus vite.
Il ne fallut pas longtemps pour entendre qu’il nous suivait. Elle s’amuse alors à prendre des directions au hasard, changeant de voie d’un coup pour le forcer à aller plus vite. Et ça marche, puisqu’il se rapprochait plus le temps passait. Alors j’en profite pour aller plus loin dans les retranchements de ma louve qui s’amuse de plus en plus. Elle n’a jamais pu jouer avec son loup, et je veux lui laisser ce moment.
Celle-ci ne semble plus stressée comme ce matin, semblant répondre à la panique que subit son Alpha tout simplement. Savoir ce fait ne me rassure pas du tout. Ma louve reprend le lien perdu, et je ne compte pas rester toute ma vie avec Black. Après ce qu’il m’a fait, plus rien n’est possible entre nous.
Arrête-toi maintenant !
Une voix coupe court à mes pensées, essayant de reprendre le contrôle sur ma louve, celle-ci me chasser d’un revers pour continuer de s’enfoncer dans la forêt. Je sentis le loup derrière moi prendre une progression plus rapide ne faisant qu’aller plus vite de mon côté. La rapidité, voilà l’atout de ma si petite louve, et il ne peut pas l’arrêter en la pourchassant.
La frontière ! Si tu la dépasse, tu seras considéré comme bannie !
Il s’impose une nouvelle fois dans ma tête, mais je n’arrive malheureusement pas à reprendre le contrôle. C’était bien la première fois que je n’y arrive pas. Ma louve qui au début avait pour objectif de séduire son mâle semble happer vers une source inconnue.
« Aide-moi »
Osais-je transmettre avec le peu de force que j’ai à l’Alpha derrière moi. Il gronde pour réponse tandis que ma louve évite de justesse une branche, sautant toujours plus vite alors que j’essaye de la stopper. Aller contre son loup est douloureux mais j’essaye de la reprendre ou au moins de faiblir dans l’allure pour qu’il me rattrape. Profitant d’une brèche, je lui fis ralentir l’allure que j’espère assez.
Un lourd poids s’abat sur moi, m’écrasant au sol violemment me faisant mordre ma langue. Le goût de fer imprègne ma gueule mais celle-ci ne semble pas vouloir se laisser faire. Voulant rejoindre je ne sais quoi, elle laisse sortir une aura de domination qui ne dure qu’à peine une seconde quand l’objet à notre patte nous envoie une décharge électrique, nous faisant couiner.
Le pelage au dessus de nous se transforme rapidement en une peau douce tandis qu’il attrape ma gueule pour la tourner vers lui. Je sentis l’aura d’Alpha prendre part sur mon corps, cette pression si agréable mais si dur à la fois. Il impose une transformation sans aucune parole et je sentis enfin la libération du changement.
Il me faut plusieurs minutes pour reprendre complètement possession de mes moyens, soufflant un bon coup en posant ma tête au sol.
- Merci, soufflais-je en tentant de garder une respiration correcte. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, elle voulait absolument rejoindre un endroit comme si elle était hypnotisée…
Il lève le nez rapidement à la recherche de l’objet de mon obsession, mais son odorat ne semble pas lui donné convenance car il fronce les sourcils en levant le coin de sa lèvre pour montrer sa canine. Petit tic de frustration de sa part. Je l’ai tellement observé jeune qu’il n’a plus aucun secret pour moi, comme c’était étrange.
Je me mis à la recherche de l’odeur, me relevant, le nez relevé. Rapidement je sentis cette fragrance délicate, comme de la lavande et quelque’chose de plus. M’approchant de la frontière, nous finissions par nous stopper devant celle-ci, face à nous un pochon dont un pentagramme nous fixe. Me retournant vers l’Alpha en posant les mains sur les hanches, grand sourire.
- Tu avais raison oui, se sentit obligé de me dire Black.
- On peut le prendre pour enquêter dessus ? Demande-je en gardant mon si beau sourire de victoire.
Il hoche la tête, me faisant signe de ne pas bouger de la frontière. Il n’y avait aucune ligne au sol, rien qui définissait l’endroit. Mais pour nous loup, l’odeur nous indique où nous nous trouvons. En face, j’ai l’impression de sentir le savon et le pin, nos loups n’aiment pas du tout ce combo. Nous empêchant de fuir notre meute.
Black déplace son corps si massivement musclé. Je dois avouer que les clichés des Alpha musclé à souhait, voir même trop… Je les aime beaucoup, Black m’en régale tout autant. Tandis que je matte ouvertement son fessier, il avait déjà attrapé le pochon et je sentis rapidement son regard sur moi.
Il ne m’a pas loupé le matant, et il en profite pour se retourner et m’observe longuement avant de lever la tête pour sentir autour de lui. Le faisant froncer les sourcils.
- Je sens aussi un musc inconnu, mais il ne semble pas m’attirer…
- Je te jure que je ne cherchais pas à m’enfuir ! Je veux devenir-
- Je sais, me coupe-t-il en retournant son regard sur le mien avant de dériver sur mon corps nu.
Posant rapidement mes mains sur mon corps, un petit sourire en coin qu’il laisse transparaître me fit rougir comme une adolescente.
- Tu as vraiment changé…
Je détourne la tête en grommelant, je n’aime pas la tournure de sa phrase. Oui mon corps a changé mais je suis la même personne.
- Stupide Alpha qui ne regarde que le corps…
Mon murmure ne semble pas atterrir dans l’oreille d’un sourd car je me retrouve une fois de plus plaquer au sol mais avec un éphèbe au dessus de moi tout aussi nu alors qu’il attrape mes mains pour les plaquer au dessus de ma tête.
- Ce n’est pas ton physique que j’ai repoussé à l’époque, gronde sa voix en laissant son visage en colère s’approcher.
- Alors quoi ? Criais-je en me débattant, ne le supportant plus.
- Ta famille !
- Et elle a quoi ma famille ?
- Elle a tué ma mère !
Un blanc. Je n’ai jamais connu un blanc si long alors que mon regard semble chercher la vérité dans ses prunelles dorées. Ce n’était pas possible. Que vient-il de dire ?
- Non… ils ne pourraient pas…
- Ton père l’a fait, cracha-t-il avant de se radoucir en voyant mon expression. Tu ne savais pas… ?
Je ne répondis pas, essayant de le repousser, ma tentative fut veine tandis qu’il semble étudier ma réaction. Tournant mon regard dans le sien, je le dévisage ouvertement, il veut savoir si je suis au courant ? Eh bien non, même dans leur dossier, rien n’y apparait. Et je ne vois pas mes parents arriver à tuer une personne aussi connue que la mère de Black. Enfin, elle n’était pas sa mère biologique de ce que j’ai su bien après.
Celle-ci était une humaine liée à l’Alpha suprême de l’époque, et selon les rapports, pour donner suite à une guerre entre clan sa mère mourut assassinée, ne laissant qu’un mari détruit qui ne put tenir le coup de la perte de sa moitié.
Il avait tenté de rester en vie, mais il y a peu son esprit a été dévasté, trop d’années de souffrance.
- Tu ne le savais pas, redit-il mais cette fois-ci pour lui-même.
Il se relève finalement pour s’asseoir à mes côtés en passant une main dans ces cheveux. Il ne semble pas se remettre de cette nouvelle, mais la colère qui me prit fut plus grande.
- Tu m’as fait enfermer pour ça ?Grondais-je en le regardant férocement, plissant mes yeux pour qu’il comprenne que je lui en veux bien plus qu’il ne le pense. J’ai vécu dans une prison pour loup pendant 5 ans pour un crime que je n’ai pas commis et que je ne connaissais même pas !
J’exulte, me relevant d’un coup pour marcher les cent pas à côté de lui, essayant de reprendre un esprit clair mais les souvenirs de cette époque sont les pires pour moi. J’ai souffert autant psychologiquement que physiquement.
Mon corps se tourne vers le mâle qui m’est destiné, celui que j’ai pensé être mon homme pour la vie. Celui qui m’a détruit sans chercher ma vérité. Il a trouvé son bouc émissaire si facilement et la justice des loups a toujours été si injuste.
- Pourquoi tu m’as marqué avant de partir ? Pourquoi ?
Je veux une explication maintenant, que le puzzle de ma vie trouve une pièce à emboîter.
- Car je te voulais mienne et te forcer à te lier était aussi un moyen de me venger de toi…
- Que je ne puisse pas avoir un autre compagnon que toi pour que je finisse seule ?
Son manque de réponse m’apporte une vérité si dure. Ce n’est pas pour pouvoir partir, il m’a rejeté depuis le début. Mais simplement pour que je ne puisse jamais l’oublier, qu’il soit gravé en moi à jamais.
- Je te hais, Black. De tout mon être !
- Je suis désolé, Lianna.
Non, il n’a pas le droit aux excuses, à rien du tout même. Me retournant je suivis le sentier qui menait droit vers la meute. Nous n’étions pas très loin mais trop proche de la frontière.
Et j’ai une mission ici, alors sans plus tarder je me mis à courir, espérant rentrer assez vite pour éviter un regard au mauvais moment sur ma nudité.