Ils ne mettent pas de temps pour arriver chez le commerçant, car Samira est littéralement en train de courir pour y aller. Une fois devant le vendeur, Samira ne tarde pas à passer sa commande. Elle a vraiment faim.
Samira (au commerçant) : « bonjour. Pourrais-je avoir une glace à la vanille s’il vous plaît ? »
Commerçant : « bien entendu madame. Donnez-moi deux minutes pour vous l’extraire de la machine. Au fait, pour combien en voulez-vous ? »
Samira : « euh…j’en veux pour 500, je prendrai également des beignets. Disons deux beignets »
Commerçant : « très bien madame »
Pendant que le commerçant est en train de servir Samira, celle-ci se préoccupe du fait que Curtis n’ait pas passé de commande. En effet, Curtis est légèrement en retrait. Tout ce qu’il attend de faire, c’est de payer la commande de Samira et rien d’autre. Cependant, son amie ne l’entend pas de cette oreille.
Samira (à Curtis) : « hey, monsieur »
Curtis : « quoi encore ? »
Samira : « quoi encore ? Quoi encore ? On dirait que je suis une corvée que tu as du mal à digérer »
Curtis : « pourquoi tu dis ce genre de choses ? »
Samira : « nous avons à peine échangé quelques mots, Curtis. Et j’essaie de rendre la conversation aussi vivante que possible, mais visiblement, tu n’en as rien à faire »
Curtis : « tu veux manger, on s’arrête pour manger et tu me sors ce genre d’histoire ? »
Samira : « pourquoi tu ne prends rien, toi-même ? »
Curtis : « il se trouve que je n’ai pas faim »
Samira : « quoi ? Non, je refuse de manger toute seule, alors tu vas me faire le plaisir de prendre quelque chose, sinon je me fâche »
Curtis : « je t’ai dit que je ne veux rien prendre. Tu veux manger, fais toi plaisir. Mais, s’il te plaît, ne m’oblige pas à acheter quelque chose pour moi, je n’ai pas envie »
Samira : « mais je n’en ai rien à faire, que tu aies faim. Ce que je veux, c’est que tu prennes quelque chose, je ne te demande pas de te goinfrer non plus »
Curtis (soupire) : « ah… les femmes… »
Samira (monte d’un ton) : « Curtis !!! »
Curtis : « oh, mais ça va ! C’est bon »
Samira (au vendeur) : « pour lui, ce sera un beignet s’il vous plaît »
Commerçant (sourit) : « vous formez un joli couple, vous deux. Votre dispute est amusante »
Samira rougit et sourit timidement. Quant à Curtis, il n’a pas l’air touché d’une quelconque façon par les propos du commerçant. Samira récupère sa commande, puis le commerçant donne un beignet à Curtis. Les deux amis poursuivent leur chemin après que Samira ait dit au revoir au commerçant.
Samira : « bonne journée à vous »
Commerçant : « merci mademoiselle. Au plaisir de vous revoir bientôt »
Alors qu’elle est en train de manger, Samira remarque que Curtis a déjà terminé.
Samira : « j’aurai dû en prendre deux pour toi »
Curtis : « quoi ? Non »
Samira : « si »
Curtis : « si tu comptes rebrousser chemin pour prendre une autre commande, je rentrerai directement chez moi »
Samira : « je disais juste que j’aurai dû en prendre deux. Ce n’est pas la mer à boire ! »
Après quelques secondes de silence, Samira, qui se rend compte que son ami est un peu tendu, décide de le faire sourire en mettant de l’emphase sur un sujet qu’elle a trouvé amusant.
Samira : « je repense à ce qu’a dit le commençant tout à l’heure. Il trouvait qu’on forme un couple, tu en penses quoi ? »
Curtis : « Il a vraiment de drôles d’yeux, ce type. Mais, il faut croire qu’à force d’être avec toi, et vu la façon dont on se comporte l’un envers l’autre, c’est possible qu’on nous prenne souvent pour un couple »
Samira : « je suis curieuse de connaitre ton genre de fille »
Curtis : « je pourrais dire la même chose de toi concernant les garçons »
Samira : « eh là ! Attends un peu, je suis très prisée par les mecs, ne me sous-estime pas »
Les deux amis marchent encore pendant quelques minutes. Puis, Curtis lève les yeux vers le ciel. Samira est en train de lui parler de quelque chose lorsqu’il s’arrête brusquement. Elle sursaute.
Samira : « hey ! Qu’est-ce qui ne va pas ? Tu as un problème ? »
Curtis (met la main sur son visage) : « je crois qu’il va pleuvoir »
Il s’essuie le front avec la main et montre sa paume de main à Samira. Elle est mouillée.
Curtis : « une gouttelette d’eau a atterri sur mon visage »
Samira (sourit) : « dans ce cas, il faut vite trouver un abri »
Curtis : « euh…non, nous ne sommes plus loin de mon appartement, alors on pourrait essayer de s’y rendre rapidement »
Samira : « d’accord, c’est encore mieux »
Curtis et Samira s’attèlent donc à rentrer le plus vite possible. Au moment où ils arrivent au pas de la porte d’entrée, la pluie commence à tomber.
Samira (regarde le ciel) : « heureusement qu’on a fait vite »
Curtis : « tu parles ! »
Curtis ouvre la porte et ils entrent tous les deux. Samira va prendre place sur un fauteuil tandis que Curtis referme ses rideaux. Ce faisant, il aperçoit un éclair à travers la fenêtre. Celui-ci est plus tard suivi d’un grondement de tonnerre assourdissant.
Samira : « le temps est en train de se gâter »
Si Samira trouve que le temps est passé de bon à mauvais, cet éclair a contribué à produire une idée en gestation dans la tête de Curtis. Il retourne s’asseoir devant son ordinateur et se remet au travail. Samira se lève et s’approche, poussée par de la curiosité.
Curtis (en manipulant son ordinateur) : « alors, si l’onde de choc est similaire à celle de l’éclair que je viens d’apercevoir, peut-être qu’il sera possible de réussir cette expérience inédite »
Samira : « tu as trouvé une solution pour créer finalement ce portail ? »
Curtis : « je viens juste d’avoir une idée pour améliorer mes chances de réussite. L’ouverture d’un tel portail demande une certaine quantité d’énergie et elle n’est pas donnée »
Samira : « si ce n’est par la nature »
Curtis : « oui, mais un problème se pose encore. C’est celui de connaître la mesure exacte de ce qu’il faut. Si jamais c’est plus qu’il n’en faut, on court droit à la catastrophe »
Samira : « hmm ! Intéressant. On peut tenter l’expérience si tu le souhaites »
Curtis : « il faut d’abord que j’arrange tout le matériel. Mais, je préfèrerai encore qu’on le fasse lors de la prochaine pluie »