44Le jour allait se lever. Carole Magnan marchait avec l’obsession de retrouver son domicile. Elle avançait sur une petite voie communale bordée d’herbes folles. Sa bouche était pâteuse et ses jambes douloureuses lui tiraient des grimaces à chaque pas. Elle décida alors de faire une pause en s’asseyant sur un talus sablonneux, qui séparait la route d’un champ de colza. Malgré la fatigue physique, Carole constata avec satisfaction que sa santé continuait à s’améliorer. Sa vision était désormais nette et les sons environnants lui parvenaient plus clairement. La période récente où elle s’était retrouvée aveugle, sourde et sans la moindre sensation lui paraissait déjà loin. L’air ambiant restait frais malgré le soleil qui venait de se lever. Le vent la fit frissonner. Après avoir frotté ses


