12Dix jours plus tôt.
La jeune femme était vêtue d’une robe de chambre crasseuse et ses cheveux étaient gras.
Elle était assise dans un des confortables fauteuils du salon de son pavillon et relisait péniblement un manuscrit posé sur ses genoux. Elle avait du mal à se concentrer pour corriger un texte encore largement inachevé sur le plan de la forme.
Son esprit était ailleurs.
Elle examina ses mains avec un regard songeur. Auparavant si soignées, elles étaient désormais desséchées. Ses doigts fins tremblaient sous l’effet de la nervosité. Ses ongles, rongés jusqu’au sang, s’obstinaient à conserver les traces d’un vernis écaillé.
D’un geste dépité, elle jeta le manuscrit sur le tapis de sol. Quelques feuilles de papier virevoltèrent un peu plus loin avant d’atterrir avec nonchalance.
La jeune femme saisit une bouteille de vin blanc posée à ses pieds. Elle savait qu’elle ne devait pas boire avec tous les médicaments qu’elle ingurgitait, mais elle ne pouvait pas s’en empêcher. Se saouler chez elle était le seul moyen qu’elle avait trouvé pour tenir le coup.
Demain, elle reprendrait son travail et chercherait obstinément une solution pour sauver sa mère de la maladie qui la détruisait.
À moins que, une fois de plus, elle ne rentre le soir à son domicile, bredouille et épuisée.