Chapitre 85 — Les Fiançailles

855 Mots

CLÉMENCE Je n’avais jamais cru qu’un jour viendrait où l’Église nous ouvrirait ses bras. J’avais prié, oui. Supplié, parfois. Mais toujours avec ce sentiment d’oser trop, de tendre des mains avides vers un pain qui n’était pas pour moi. J’avais eu peur de m’égarer, de vouloir ce qui n’était pas permis. Et pourtant, ce soir, l’église est ouverte pour nous. Pas pour la foule. Pas pour le monde. Mais pour nous seuls. Les cierges brûlent dans le chœur, une lumière tremblante qui caresse les pierres anciennes. Leurs flammes oscillent doucement, comme des respirations. L’air sent la cire chaude et l’encens oublié. Les vitraux, obscurs dans la nuit, ne laissent passer qu’un reste d’éclats, rouges et bleus, semblables à des blessures apaisées, des plaies refermées. Je marche jusqu’au premier

Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER