D’une oreille distraite, il écouta sa sœur lui expliquer que, dans les journaux, l’opinion paraissait lui redevenir un peu plus favorable. Puis, sans transition, la regardant de ses yeux de dormeur éveillé : – Pourquoi refuses-tu de le voir ? Elle frémit, elle comprit bien qu’il lui parlait de Saccard. D’un signe de tête, elle dit non, encore non. Alors, il se décida, confus, à voix très basse. – Après ce qu’il a été pour toi, tu ne peux refuser, va le voir ! Mon Dieu ! il savait, elle fut envahie d’une ardente rougeur, elle se jeta dans ses bras pour cacher son visage ; et elle bégayait, demandait qui avait pu lui dire, comment il savait cette chose qu’elle croyait ignorée, ignorée de lui surtout. – Ma pauvre Caroline, il y a longtemps… Des lettres anonymes, de vilaines gens qui nous


