Le son fluide du shamisen résonne dans le patio. Les fleurs des cerisiers tombent dans le jardin et recouvrent lentement les pontons de bois. Le vent secoue les branches et les pétales rosâtres s’envolent, tourbillonnent, emportés par le courant. Le ciel est d’un bleu limpide, sans trace de nuages, et la chaleur étouffe la maison sur pilotis. Je marche sous les arcades de bois noir, d’une sobriété élégante, et admire le lac d’une somptueuse couleur vert émeraude. Une île étroite s’allonge sur l’eau et j’entrevois le blanc majestueux des sumacs qui tapissent la terre et encercle la gloriette en bois construite au milieu. Mes pieds glissent sur le sol lustré. Sans bruit, j’avance le long du jardin, contemple la maison et les alentours. Je déteste être ici. La peur déchire mes entrailles.


