De petites traces de sang marquent le bois du parquet. Je les suis à la trace. Il est très tard. La nuit recouvre les Hautes Terres. Je me demande qui sème ces petits cailloux rouges alors que le palais est silencieux. Je longe les arcades et me fige à l’angle d’un couloir. Je penche la tête et j’aperçois le Porteur de Mort, assis sur la première marche des escaliers. Seul, il déboutonne sa veste de cuir qu’il laisse choir à ses côtés et retire en grimaçant sa chemise. Un orbe de sang se dessine sur le haut de son bras et des lézardes rouges sinuent le long de sa peau jusqu’à goutter sur le sol. Il jette un bref coup d’œil sur sa blessure, puis regarde un instant l’allée qui s’ouvre vers le lac. Un rictus tire le coin de ses lèvres. « Je sais que vous êtes là », murmure-t-il soudain. Je


