Je pris une profonde inspiration et fis volte-face. Lorsque je pénétrai dans la cuisine, Naïs croisa mon regard, s’y enfonça si profondément que je crus qu’elle me rentrait dans la peau. Ma main se resserra sur la bandoulière de mon sac et je détournai rapidement les yeux. Tel-Chire réajustait son chapeau près de la porte d’entrée. Mon père et Fer l’entouraient. Les conversations s’interrompirent si tôt que j’apparus à l’angle du couloir et tous les regards se vissèrent sur moi. « Je suis prêt », dis-je, sans vraiment songer que ce put être le cas. Il était déjà trop tard pour reculer. Mon père délaissa aussitôt notre invité et s’approcha de moi, le visage sévère. Je finis par me demander quelle ânerie j’avais pu commettre en si peu de temps. Une fois devant moi, il me toisa d’un long


