Le soleil me cuisait le sommet du crâne. Mes ampoules aux pieds étaient un calvaire. Le vent fouettait mon visage couvert de sueur. J’avais les joues en feu. Ma houppelande en laine pendait piteusement sur mon épaule, et je l’aurais volontiers jetée aux loups pour m’en débarrasser si j’avais imaginé un instant ne pas en avoir besoin plus tard. La contrée de Sarroes pouvait être inondée sous un soleil torride le mercredi et noyée sous des torrents de pluie le jeudi. Mes bottes en Hedem s’enfonçaient dans une herbe grasse qui moutonnait sous un vent léger. Partout où je levais la tête, les rayons du soleil irisaient les pâturages à perte de vue. De petits bosquets chétifs s’accrochaient de-ci de-là aux pans des coteaux et semblaient avoir été oubliés là par mégarde. Sarroes semblait aussi v


