VIII Les arbres se paraient de jeune verdure, les myosotis et les pensées recouvraient la terre brune des plates-b****s, les premières roses naissaient sous la douce chaleur d’un soleil vivifiant, un délicieux soleil de mai qui répandait une pénétrante poésie dans le charmant jardin de Mme du Vernek. Sous un marronnier qui en tamisait les rayons, Fanny, la vieille servante, disposait la chaise longue d’Yvonne et sa petite table où une corbeille à ouvrage avoisinait les livres et les cahiers... Au détour d’une allée apparaissait une petite voiture poussée par Aymard. Sur les coussins s’appuyait Yvonne, souriante, respirant avec délices l’air tiède et parfumé. Ses mains frêles caressaient les longs poils blancs d’un petit chien blotti sur ses genoux, pendant qu’elle causait gaiement avec so


