— Et si je débarque demain dans ta réserve de Huns ? demandai-je. — Oh ! Cela ne risque pas d’arriver de si tôt. Tu dois avoir cent choses à faire. De quoi te distraire assurément, et peut-être même de quoi m’oublier. — Ne dites pas de sottises, docteur ! — Quant à la « réserve de Huns », tu t’exposes à bien des déceptions. À part quelques faces de citron comme la mienne, tu ne rencontreras que de braves paysans ou montagnards, tous suisses jusqu’au bout des ongles. J’avais du mal à la laisser partir. Je l’enlaçai une dernière fois, la serrai frénétiquement contre moi en lui murmurant à l’oreille : — Je crois que je suis amoureux de vous, docteur… — Nous verrons cela dans cinq ou six mois, cher monsieur… Il faut d’abord faire tomber la fièvre des premiers jours. Elle se retourna et


