La belle meunièreVoyager, c’est le plaisir du meunier Wilhelm Müller C’était un sac. Un banal sac en toile de jute. Brun, presque de la taille d’un homme, qu’une simple ficelle refermait. Son contenu n’avait nullement été entamé, car il arborait une panse rebondie, pareille à celle d’un ogre repu. Et il était couché là, devant mon entrée, au beau milieu du trottoir, contraignant les piétons à faire un large détour, soit pour enjamber le caniveau et descendre sur la chaussée, soit, à l’inverse, pour gravir la première des trois marches qui marquent le seuil de ma demeure. Il serait donc faux de prétendre qu’en sortant ce matin-là pour ma promenade quotidienne, je n’y prêtai nulle attention. Ce fut lui, au contraire, qui dicta l’expression de surprise que je sentis aussitôt se peindre sur


