Dans les pages du roman où son nom apparaissait, le destin d’Héra Avery était tracé d’avance. On y décrivait une jeune fille anéantie par le deuil, broyée par la fatalité, promise à une existence de douleur. Puis venait l’illusion d’un amour rédempteur : celui d’Alexi. Il entrait dans sa vie comme un mirage, et elle s’y abandonnait sans résistance, certaine d’avoir enfin trouvé refuge dans ce monde cruel. Leur histoire, telle qu’écrite par la main paresseuse de l’auteur, n’avait rien d’extraordinaire : deux adolescents qui se croisent, s’éprennent, se perdent. Une passion juvénile sans profondeur, étouffée sous le poids des clichés. Alexi venait d’une famille modeste, étrangère à l’univers doré qu’Héra fréquentait sans même s’en rendre compte. Leur quotidien tournait autour des facture


