La marche funèbre Il est là, sur le quai, une main dans la poche, tenant une cigarette allumée dans l’autre, scrutant la descente des voyageurs pour repérer Marta. Elle hésite à descendre, se recule pour laisser passer quelques personnes. Il faut que les battements de son cœur reprennent un rythme normal : là, ils pulsent si fort qu’elle croit les entendre marteler dans sa poitrine. Cachée derrière la file de ceux qui descendent du train, elle l’observe : elle a quitté un adolescent, elle retrouve un homme de 27 ans. Grand, élancé, mais de stature robuste, il plisse ses yeux verts irrités par le vent glacial, la fumée et, peut-être les larmes. Il penche légèrement sa tête nue aux cheveux blonds, frisés, comme pour deviner entre deux silhouettes celle qu’il attend. Comme il est beau ! Le v


