VIII Le lendemain matin, Pierre se leva de bonne heure, saisit une hache, un marteau, une scie, et monta au grenier. C’était une vaste chambre, faiblement éclairée par les pâles rayons d’un soleil d’automne, qui traversait, non sans peine, un œil de bœuf couvert de poussière et de toiles d’araignée. Quel sujet de réflexions pour un moraliste ! Un grenier est la nécropole des vieilles modes, de ces frivolités éphémères qui jadis eurent tant de prix pour des hommes d’une génération évanouie. Tout cela passa dans le grenier comme il descendait dans la tombe. Avec les objets qu’on veut conserver, on y met ceux dont on veut se débarrasser. Pierre y vit des livres de commerce à moitié moisis, recouverts de parchemin, et sur les pages desquels des créanciers depuis longtemps morts et enterrés a


