Quant à Giuseppe, dans la fleur de l’âge, mais déjà le dos voûté comme celui d’un vieil homme, il aimait cueillir patiemment les raisins mûrs de son clos, dont il redressait minutieusement les ceps les plus fragiles grâce à des échalas. Qui eût pu imaginer, en l’observant, qu’il aurait quitté le giron familial à l’âge de onze ans, en 1908, accompagné d’une dizaine d’autres bambins aussi inconscients que lui ? Dieu merci, ils furent encadrés par quatre jeunes adultes. Ces derniers avaient le projet insensé de s’enrichir dans les pays européens les plus proches en vendant des statuettes en plâtre. Ces jeunets, frêles comme des roseaux, ne savaient ni lire ni écrire. Ces jeunes hommes, sans aucun papier d’identité, nés et demeurant à Casabasciana, partirent avec quelques lires en poche. Mal


