XXXIV Le lieutenant Georges Pradel fut déçu dans son attente. De cinq à six heures, tout en fumant un des cazadorès dont il venait de faire emplette et en dégustant à petites gorgées une absinthe préparée selon toutes les règles – (et elles sont plus compliquées que ne le croit le commun des martyrs, les règles qui président à la confection d’une bonne absinthe), – il vit nombre d’officiers entrer au café du Helder, s’y installer et en sortir, mais il n’aperçut pas un visage ami ou seulement connu, pas un camarade de l’École militaire, pas un compagnon d’Afrique. – Point de chance ! – murmura-t-il avec mélancolie ; – il faudra dîner seul !… et que faire après dîner ? Il paya sa dépense et quitta son siège. Passecoul fit signe au garçon. – Qu’est-ce que je vous dois ? – lui demanda-t-


